PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCOFontainebleau, splendeur des rois de France
Des monarques bâtisseurs, décorateurs, embellisseurs et jardiniers
À environ 60 km de Paris, le château de Fontainebleau, entouré d’un écrin de verdure, est le second château de France le plus visité. La richesse de son architecture tant pour les intérieurs que des extérieurs témoigne d’un souci permanent des souverains qui y ont logé, de toujours l’étendre, l’améliorer, le décorer et d’en faire un lieu de faste et de prestige.
Évidence même, le monument historique de Fontainebleau figure au patrimoine mondial de l’UNESCO avec la mention de « valeur universelle exceptionnelle ». Comparaison avec Versailles n’est pas raison, mais il faut remarquer que Fontainebleau a été habité par une longue lignée de monarques, de Saint-Louis à Louis-Philippe, ce qui lui donne une grande richesse historique.
C’est à Louis IX (Saint-Louis) qu’on doit les premiers agrandissements notoires d’un rendez-vous de chasse des rois capétiens. Il reste de cette époque un donjon de forme carrée, que certains Bellifontains appellent la Tour Saint-Louis. Passons les épisodes de Philippe VI de Valois, de Jean Le Bon ou autres, ainsi que l’abandon du château pendant la guerre de Cent Ans, pour entrer dans le vif du sujet avec le règne de François 1er.

La glorieuse Renaissance
Elle inspira profondément François 1er au point d’avoir comme ami intime Léonard de Vinci. La transformation du château fut spectaculaire, d’un pied-à-terre féodal à un splendide palais après avoir tout fait raser, à l’exception de la fameuse tour carrée. L’ambition de François 1er était d’en faire le foyer français de l’art de la Renaissance. Il fit pour cela appel aux plus grands maîtres italiens de l’époque et fit venir par exemple, la Joconde et la Vierge au rocher de Léonard de Vinci ou encore la Sainte-Famille, Saint-Michel, et la Belle Jardinière de Raphaël. Les travaux terminés, tout fut prêt pour faire venir les personnalités de marque et leur en mettre plein la vue, en particulier à Charles Quint, qu’il invita pour le narguer.
Une descendance entrepreneuse
Si François 1er a été indéniablement l’instigateur de la Renaissance à Fontainebleau, c’est à son fils Henri II qu’on doit une grande partie du château tel qu’on le connait aujourd’hui et, en particulier, la salle de bal, l’étang des carpes ou encore la majestueuse galerie François 1er, pourlaquelle il fit appel à Philibert Delorme.
Après un manifeste désintérêt pour Fontainebleau par les trois rois suivants (François II, Charles IX et Henri III), c’est à Henri IV qu’on doit l’agrandissement de plusieurs ailes et le réaménagement de la Cour Ovale, permettant d’accueillir désormais plus d’un millier de personnes. On lui doit le grand canal long d’1,200 km sur lequel se tenaient des fêtes, ainnsi que l’aménagement d’une salle consacrée au jeu de paume (ancêtre du tennis).
À la mort d’Henri IV, Louis XIII reprend le flambeau et fait achever les travaux entamés par son père dont il respecte les directives initiales.
Les trois Louis
Si Louis XIV passait la plupart de son temps à Versailles, il ne négligeait pas Fontainebleau. On lui doit quand même la délégation de Le Nôtre pour la création de jardins dont celui des Cascades et le Grand Parterre.
C’est aussi au Roi Soleil qu’on doit la création d’un théâtre dans lequel se donnaient des pièces de Molière mises en musique par Lully.
Après une présence sporadique de Louis XV et les courts séjours de Louis XVI, la première Révolution laissa le château dans un état de délabrement.
Empreinte impériale
Il fallut attendre 1804 pour que Napoléon Bonaparte redonne tout le faste à Fontainebleau. Il le fit meubler de neuf et fit aménager 40 appartements de maître pour en faire sa résidence principale de même que le lieu de la plupart de ses décisions politiques. Cette période connut aussi la construction du manège équestre de Sénarmont dans celui qu’on appelle je jardin anglais, proche de l’étang des Carpes.
Puis Napoléon 1er passa les derniers jours de son règne dans le château pour abdiquer le 4 avril 1814. C’est le 20 avril, qu’il prononce son célèbre discours à sa garde devant l’escalier en fer à cheval, dans la cour d’honneur qui portera ad-aeternam le nom de Cour des adieux.

Les grands appartements en bref
Ils occupent tout le premier étage et furent habités par la majorité des souverains, de la Renaissance au 18ème siècle, et ouverts la plupart du temps en grand apparat. Sans citer toutes les pièces faisant partie de la visite classique, on retiendra la chambre du roi dans laquelle Napoléon 1er installa la salle du trône ; les salles Saint-Louis (les plus anciennes) ; la chambre de l’Impératrice Joséphine, laquelle fut précédemment occupée par Marie de Médicis et Marie-Antoinette, la chambre de Napoléon 1er où fut notamment signée son abdication, et l’appartement où le Pape Pie VII fut séquestré jusqu’à la signature d’un concordat dont le but premier fut le sacre de Napoléon et de Joséphine de Beauharnais.
Les trésors petits plus
Les petits appartements privés, à savoir celui de Madame de Maintenon et celui de Napoléon 1er, offrent une vision plus intimiste et anecdotique. Une autre visite insolite est celle du théâtre aménagé pour Napoléon III et l’Impératrice Eugénie.
Les extérieurs
II faut profiter d’une visite des extérieurs, qu’il s’agisse des jardins ou des cours et portes. Voyons d’abord le Grand Parterre (jardin à la française), une création conjointe de Le Nôtre et de Le Vau ; puis le jardin des Cascades dit jardin anglais; l’étang des Carpes et son pavillon où l’Aiglon (fils de Napoléon 1er) se rendait en barque. L’ombragé jardin de Diane et sa fontaine sera une occasion de prendre le frais.
Parmi les extérieurs enfin, il faudra admirer la première porte que fut la porte dorée du balcon de laquelle les épouses regardaient leur maris rentrant de la chasse et, bien entendu, la cour d’honneur qu’on doit à Louis XIII et son légendaire escalier en fer à cheval.

Texte Gérard Blanc
Photos intérieurs © Les Coflocs / Office du tourisme de Seine et Marne
Photos extérieurs © Gérard Blanc




