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JE PARS À LA DÉCOUVERTE

Bretagne : les Côtes-d’Armor en toute authenticité

Histoire, embruns, marine à voile et paysages mémorables
Pour celles et ceux qui ne seraient pas déjà familiarisés avec la Bretagne, cette région particulièrement typée comporte quatre départements, à défaut d’inclure l’actuelle Loire atlantique bien qu’elle en fit historiquement partie. Ainsi, le Finistère, le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine et les Côtes-d’Armor composent la région Bretagne actuelle. C’est dans ce dernier département que je vous entraîne et où je vous propose de découvrir trois de mes sites favoris, à savoir, la ville médiévale de Dinan, le Cap Fréhel, et l’archipel de Bréhat.

Dinan, ville historique
Le connétable Bertrand du Guesclin n’est pas  précisément né à Dinan, mais dans le château voisin de la Motte-Broons. Il y est néanmoins considéré comme un enfant du pays, ce qui lui vaut une statue équestre portant son nom sur le parking extérieur du centre-ville. En substance, ce personnage, vilain canard en proie à des bisbilles incessantes avec sa famille, a su se forger une glorieuse carrière militaire qui dura vingt ans. Considéré comme un héros par les uns et un traître par les autres pour avoir délaissé la guerre de Succession de Bretagne et s’être mis au service du roi Charles V pour combattre les Anglais lors de la guerre de Cent Ans. Quel rapport avec Dinan, diriez-vous ? Eh bien, après son décès, non pas en combattant mais suite à une violente dysenterie en Lozère, ses funérailles furent dignes de celles d’un roi. Les diverses parties de son corps furent réparties dans quatre sépultures, et seul son cœur parvint à Dinan malgré son souhait testamentaire. Il se trouve aujourd’hui dans la basilique Saint-Sauveur.
Mais l’intérêt pour la visite de Dinan ne s’arrête pas là. La ville a gardé tout son cachet médiéval avec son enceinte de plus de deux kilomètres de remparts construits au 13ème siècle. Leur parcours débute à la Tour ducale ou Tour de la duchesse Anne, et encercle toujours une grande partie de la ville, dont celle offrant un panorama pittoresque sur la vallée de la Rance en contrebas. À cet endroit, la muraille est plus mince qu’ailleurs car, située en haut d’une falaise, elle ne craint ni les tirs de catapultes, ni les flèches des archers qui pouvaient inquiéter les défenseurs de la ville. Mais ce qui fait encore la spécificité médiévale, ce sont des maisons à pans de bois et à colombages. La rue la plus pittoresque est sans conteste celle du Jerzual. Myriam, guide locale patentée, n’a pas son pareil pour vous décrire d’une manière imagée des expressions nées au Moyen-Âge. Comme, par exemple, « trié sur le volet » ou « avoir pignon sur rue »  qui ont perdu leur signification originale. Pavée et en pente raide, cette rue est bordée de boutiques jadis tenues par des tisserands, des souffleurs de verre, ou des savetiers. Elle donnait alors accès au port de la Rance. À savoir que jadis, on y exposait les marchandises et on laissait entrer le client dans la boutique.

© Isabelle Blanc

Grand vent sur le Cap Fréhel
Le Cap Fréhel est à lui seul l’un des plus exposés au vent de la région. On notera la bravoure de certains musiciens de bagad (formation de binious et bombardes bretons), qui viennent défier les éléments pour jouer des airs traditionnels. Cette majestueuse avancée de grès rouge s’élevant à 70 mètre au-dessus de la mer tumultueuse est un trésor à la fois pour sa géologie, sa flore et sa faune. On peut y observer des cormorans huppés ou des guillemots, mais, si vous avez les faveurs du gardien du phare, vous pouvez aussi savoir où se trouve une colonie de pingouins.
L’attraction majeure du cap est surtout celle du Fort de la Latte, alias le Château de la Roche Goyon. Construit au 14ème siècle par  le Seigneur de Matignon, il a été considéré comme imprenable, tant pour ses deux ponts-levis que pour ses remparts prolongeant dans la mer.  Au fil des siècles, il a servi de défense contre les navires de guerre ennemis, plus particulièrement ceux venant d’Angleterre pendant la guerre de Cent Ans. Classé monument historique, son état de conservation en a fait le décor favori de films tel que Les Vikings Richard Fleischer (avec Kirk Douglas et Tony Curtis), Chouans ! de Philippe de Broca  (avec Lambert Wilson et Sophie Marceau) ou encore, plus récemment,  deux volets des Trois mousquetaires de Martin Bourboulon que furent D’Artagnan et Milady (avec Eva Green, François Civil et Vincent Cassel). On y trouve à l’intérieur tout l’attirail militaire d’un château fort dont, insolite, le four à chauffer les boulets afin de « tirer à boulets rouges » sur les bateaux agresseurs (méthode rarement efficace compte tenu du temps qu’il fallait pour cette opération).

© Isabelle Blanc

L’archipel de Bréhat, un havre de paix
Surnommée à juste titre « l’Ile aux fleurs », l’archipel de Bréhat est sans voiture, hormis quelques tracteurs et véhicules essentiels. Son surnom fait référence à l’abondante flore, dont des mimosas, des eucalyptus, des agaves, qui prospèrent grâce à l’influence du Gulf Stream. On ne peut y accéder qu’en empruntant la navette maritime au départ de la pointe de l’Arscouet, qui ne prend guère que dix minutes de traversée. On arrive donc sur l’île principale qui fait 3,5 km de long sur 1,5 km de large. Elle est en fait  composée de deux îles reliées entre elles par le pont-chaussée Vauban. Au sud se trouve le port, la plage de Guerzido et le bourg dans lequel on peut visiter la maison des corsaires. Au nord, c’est la lande sauvage et ses murs de pierre rappelant l’ouest de l’Irlande. Sur le littoral, ce sont des chaos rocheux noircis par le varech et une grande coque de bateau abandonnée de longue date, qui donne une touche insolite au tableau. Tout autour, c’est un chapelet d’îlots magiques aux tons cuivrés avec, par endroits, une petite maison isolée au milieu des flots. Mais au-delà de tout, on apprécie hors vacances scolaires le silence, que seuls les chants des oiseaux et le clapotis des vagues viennent rompre.
Vous vous en doutez, ce décor a inspiré bien des artistes de renom, dont Buffet, Matisse, Fujita ou Chagal.
À voir encore, le Moulin à marée du Birlot qui a produit de la farine jusqu’en 1920, ou, enfin, le phare du Faon au nord de l’ile.

Ohè moussaillon !
En apothéose, plongeons-nous un instant dans l’ambiance de la marine à voile d’autrefois à bord de l’homardier Enez Koalen, un vieux sloop restauré au port voisin de Loguivy-de-la-Mer. Rassurez-vous, il ne sera pas nécessaire de remonter des casiers à homards, et vous pourrez bénéficier d’un magnifique coucher de soleil en sillonnant entre les îlots de l’archipel de Bréhat. Des paysages poétiques complèteront ceux que vous aurez admiré dans l’île et que bien des artistes peintres et photographes vous envieront. Si l’esprit s’envole un instant, sachez qu’il faut aussi revenir à la réalité. Ne comptez pas bayer aux corneilles trop longtemps en sirotant votre apéro. Il vous faudra mettre la main à la pâte et border la grand-voile, choquer le clinfoc, virer de bord, et attention aux mouvements inattendus de la bôme ! Ho, hisse et ho !

Texte et photos © Gérard Blanc

Infos pratiques

© Isabelle Blanc

Renseignements

Comité départemental au tourisme des Côtes d’Armor :
www.cotesdarmor.com

Logements

Maisons d’hôtes : Maison des îles à la pointe d’Arcouest face à Bréhat, Kerléon proche du Cap Fréhel et Manoir du Bourg proche de Dinan
Hôtels à Dinan : Logis de Jezual, Arvor,  Maison Pavie

Restaurants

À Plenevon (Cap Fréhel) : Crêperie du petit galet
À Bréhat : le 22
Au port de Paimpol : La Criée
À Dinan : Hamonika, Le colibri, Le poisson ivre

 

 

 

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