Pan Am s’apprête à renaitre
La 6ème tentative serait-elle la bonne ?
Incroyable mais vrai, Amadeus, entreprise informatique de proue, spécialiste de l’aviation et de tourisme et fournisseur de logiciels aux compagnies aériennes, aéroports, agences de voyages, hôtels, loueurs de voitures etc. dans 190 pays du monde vient d’annoncer la signature d’un contrat de partenariat avec Pan American World Airways, alias Pan Am.
L’objectif d’Amadeus est d’organiser le retour de la compagnie de Juan Tripe et Charles Lindbergh afin qu’elle soit en mesure d’assurer le bon fonctionnement des opérations grâce au support de ses services informatiques actuels sans lesquels Pan Am n’aurait aucune chance d’assurer cette reprise.
Pour débuter officiellement ses opérations, Pan Am devra préalablement obtenir toutes les certifications et autorisations de la FAA (Federal Aviation Administration) et du DOT (Department of Transportation) américains. Le rôle d’Amadeus sera de prendre en charge tous les aspects de la gestion des réservations et des inventaires au service des passagers.
De son côté, Pan Am a aussi choisi Amadeus comme partenaire de distribution pour maximiser sa visibilité et sa portée sur les circuits de ventes internationaux.
Les échecs : Depuis sa faillite de 1991, cinq tentatives ont visé sa renaissance. La première appelée Pan Am II a démarré le 26 septembre 1996 avec pour investisseur Charles Cobb, ancien ambassadeur américain avec des opérations lowcost entre les USA et les Caraïbes. Avec le partenariat de Carnival Airlines et une flotte de 27 avions, Pan Am connut une expansion trop rapide des coûts d’exploitation trop élevés. Face à une concurrence féroce, et des problèmes d’intégration avec Carnival les liquidités manquèrent et elle fit faillite 17 mois après avoir commencé.
Pan Am III fut lancée le 29 juin 1998 par Guilford Transportation Industries, une société ferroviaire du New Hamps. Les premières opérations débutèrent en octobre 1999 avec sept Boeings 727-200, pour relier les USA aux Caraïbes et desservir la côte est des Etats-Unis.
Pan Am, alias Pan Am Clipper Connection et sa centrale à Boston vivota avec une flotte de Boeings 727-200, des BAe Jetstream 31 et des CASA C-212 sous une forme hybride dont le but était de maintenir la marque jusqu’à l’extinction pour une cessation définitive de ses activités en février 2008.
Entre 2012 et 2014, deux autres tentatives (les 4ème et 5ème) ont échoué.
La 6ème : Voici donc la nouvelle version que propose Ed Wegel, ex-PDG d’Eastern Airlines en 1985 et directeur des opérations de Pan Am en 1990 et 1991. Si les précédents avortements pourraient permettre aux mauvaises langues de faire planer un doute sur la réussite de ce projet, il faut argumenter que certaines étapes ont été franchies cette fois-ci qui pourraient plutôt faire pencher vers un certain optimisme.
Jusqu’alors, seule l’image idyllique et nostalgique de Pan Am était l’élément moteur.
Cette fois, la mise en place d’infrastructures propres à une compagnie aérienne moderne, performante et dirigée par un homme de métier semble acquise.
Il faut ajouter parallèlement la mise en service du système de réservation et de distribution d’Amadeus qui est un autre atout majeur. On ne parle pas encore de la flotte qui représentera un investissement de taille. Alors, bon vent à la « New Pan Am »!
Gérard Blanc





