Wizz Air et les vols transatlantiques
C’est toujours le rêve bien souvent irréalisable des transporteurs aériens que de traverser l’Atlantique. Beaucoup s’y sont cassé les dents, à commencer par l’éphémère SWA (Swiss World Airlines) qui n’a, sauf erreur, effectué guère plus +que trois vols avant de déclarer faillite, laissant sur le carreau plusieurs employés n’ayant pas pu récupérer des arriérés de salaires.
Bien sûr, on pourrait dire que cette fois-ci, il s’agit de Wizz Air, une compagnie lowcost. Hongroise bien en place depuis plusieurs années. Je rappellerai alors à votre bon souvenir les années 70 et 80 avec, elles aussi les lowcost, Laker Airways et People Express qui ne sont pas arrivées à rentabiliser leurs opérations.
Wizz Air veut donc lancer des lignes entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis paraît-i, pour remplacer la fermeture de leur base à Abu Dhabi.
Hormis les coûts pharaoniques qui accompagnent des opérations transatlantiques et la concurrence acharnée sur le secteur, obligeant les transporteurs à pratiquer des tarifs hautement concurrentiels, le moment est plutôt mal choisi. On se dirigeait plutôt vers un durcissement de l’entrée aux USA avec, entre autres, l’exigence pour les ressortissants de nombreux pays de fournir les codes d’accès aux réseaux sociaux et un historique de toutes les données pour les cinq années écoulées. Beaucoup de passagers potentiels renoncent déjà à se rendre aux USA, et l’application de ces mesures diminuera encore davantage tout un potentiel de passagers, à commencer par les voyageurs d’affaires.
Il semblerait que depuis sa première annonce de lignes régulières, Wizz Air prévoirait, par prudence, une revue partielle de sa copie en prévoyant d’abord d’opérer des vols ad hoc avec la coupe du monde de football, mais là encore, les nouvelles réglementations américaines ont déjà découragé bien des supporters et même des équipes nationales de participer en ajoutant une légitime appréhension sur la manière manu-militari de l’équipe actuelle d’immigration.
Mais ne soyons pas trop pessimistes. On a connu bien des revirements dans les décisions de l’administration américaine actuelle.
Gérard Blanc





