Touristes, si vous saviez...
JE PARS À LA RENCONTRE

Sur les traces des nomades marocains

Située aux portes du désert, au sud du Maroc, la commune de M’hamid El Ghizlane ouvre aux voyageurs de vastes mers de sable et de pierres. Incursion nomade.

Un bout du monde ou presque… C’est l’émotion ressentie en arrivant à M’hamid El Ghizlane, dernière localité atteignable par route goudronnée, avant les immensités du Sahara. Sise dans la commune de Zagora, cette commune rurale de quelques milliers d’âmes, ancienne étape du commerce transsaharien, sert souvent de point de départ à des excursions dans le désert. Une expérience unique relatant, en filigrane, la vie nomade. Mode d’existence qui relève aujourd’hui davantage de l’imagerie populaire que de la réalité même si l’on continue à le promouvoir, via l’offre touristique et un Festival annuel des nomades. Course de dromadaires, concerts, danses, conférences ou encore hockey sur sable avec un singulier puck en poils de chèvre et des cannes artisanales… l’événement ne manque pas d’attrait. «Il vise à préserver culture et traditions du passé», précise Noureddine Bougrab, directeur du festival. Et d’évoquer, de la lumière dans les yeux, les coutumes et valeurs des peuples du désert dont la plupart se sont actuellement sédentarisés ou semi-sédentarisés en raison des frontières, des sécheresses successives et de la nécessité de scolariser les enfants. Pas de quoi écorner leur romantique représentation. «Les nomades connaissent et respectent la nature, se déplacent avec les étoiles, exploitent les pâturages modérément, se montrent solidaires. Ils ont leurs propres coutumes et rituels dont la fabrication du pain du désert (mella) cuit dans le sable, ou celui du thé à la menthe, qui se consomme toujours par trois.» Pans de vie que peuvent expérimenter les visiteurs…

De sable et de pierres
Bercé par le roulis des dromadaires, le groupe de voyageurs suit, sous la conduite de chameliers, un circuit invisible. Caravane silencieuse faisant corps avec l’erg, hérissé d’élégantes dunes aux arêtes fuselées. Un excellent moyen de transport pour prendre le pouls du désert et goûter à sa quiétude avant de poursuivre la découverte en 4×4, histoire de voir davantage du pays. Patinant tantôt dans la masse meuble puis hoquetant sur les pierres, le véhicule traverse une large diversité de paysages. Des soyeux horizons de sable à des étendues vallonnées et rocailleuses, craquelées de sillons, en passant par une palmeraie. Plus évoquée que tracée, la piste déroule ses lignes droites et contours au milieu de rares acacias, tamaris, buissons au vert argenté, arbustes décharnés tendant leurs squelettiques branches comme autant de bras implorant le ciel ou de concrétions rocheuses naturelles, pareilles à des sanctuaires. Le regard pourra également se laisser tromper par les mirages du lac salé séché du Drâa. Alors que l’eau sera bien réelle à l’Oasis sacrée. Une excursion durant laquelle on croisera aussi quelques tentes et une mère et son enfant allant au-devant des visiteurs. «Une famille semi-no made, installée à quelques kilomètres d’un village», précise le chauffeur. Echange de sourires intrigués… La rencontre témoigne d’un mode de vie toujours existant bien qu’en voie de disparition. Variété de temps forts suscitant toute une gamme d’émotions encore enrichies par une nuit en campement.

A vivre…
Tentes attribuées, le bivouac à Chegaga débute par l’escalade de dunes afin de jouir du meilleur point de vue pour assister au coucher du soleil. Si la montée se révèle un rien pénible, le tableau sublime qui s’offre alors récompense largement l’effort. Symphonie de rose orangé embrasant le ciel sur l’impassible et poétique mer de sable, caressée par le vent… Sentiment d’humilité. Invite à une méditative rêverie… Un goûteux repas du cru – un tajine de viande et de légumes – suivi d’une soirée musicale traditionnelle contribuent à la construction de souvenirs. Tout comme le feu de camp dans lequel on fera cuire le pain du désert et surtout le ciel, troué de milliers d’étoiles. Autant d’ambiances propres à débrider l’imaginaire réveillant les fantômes des anciens seigneurs de ces territoires… Mais comme le relevait l’humaniste et éminent spécialiste du Sahara Théodore Monod (1902-2000) «le désert ne se raconte pas, il se vit».
Sonya Mermoud

Infos pratiques

Informations générales

Office national marocain du tourisme, Zurich, +41 44 252 77 52, www.visitmorocco.com

Renseignements sur le Festival des nomades

www.nomadsfestival.org

Vol

Genève-Casablanca-Ouarzazate avec Royal Air Maroc; Genève-Marrakech avec easyJet.
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