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JE PARS À LA DÉCOUVERTE

Sites religieux en Jordanie

Désert de Wadirum

En quinze ans, le tourisme de la Jordanie a pris un essor spectaculaire et, en particulier, les sites de Petra, Jerash et Madaba. A Petra, les hôtels sont au moins dix fois plus nombreux pour répondre à un afflux toujours grandissant de visiteurs, Jerash a mis en valeur son arène pour y donner des animations pédagogiques sur le thème des légions romaines, et l’urbanisme de Madaba s’est incroyablement développé.

Une bonne formule pour redécouvrir des sites déjà visités de la Jordanie est de les découvrir sous un jour nouveau et de choisir un thème. S’il en est un qui vient immédiatement à l’esprit, c’est bien entendu celui de la foi, qu’il s’agisse des références aux écritures de la Bible, des croisades ou des tribulations de Lawrence d’Arabie. J’ai eu la chance de pouvoir revisiter la Jordanie en compagnie d’un guide jordanien chrétien érudit, du nom d’Antoine Elias, qui m’a fait, par exemple, découvrir bien des récits méconnus de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Du jardin d’Eden au Christ
La Jordanie est riche en références aux épîtres de la Bible (beaucoup à l’Ancien Testament), mais nous n’allons pas les énumérer tous. On en retiendra les principales qui, dans certains cas, s’appliquent à des sites archéologiques classés, et, dans d’autres cas, peuvent être un simple cours d’eau ou une montagne comme une autre.

Petra, l’éternelle
La belle cité nabatéenne se visite et se revisite en toutes circonstances, et nul n’est besoin de prétexte pour aller admirer sa multitude de temples et de tombeaux creusés à même la roche. Petra ne déroge pas aux références bibliques avec, sur l’un de ses sommets, le Jabal Harun, une église byzantine érigée à la mémoire d’Aaron, le premier grand prêtre de la Bible. Mais le plus étonnant est encore d’apprendre cette version qui indiquerait que c’est de Petra que vinrent les fameux rois mages qui apportèrent au nouveau-né Jésus l’or, l’encens et la myrrhe. On trouve enfin dans l’épitre aux Corinthiens la mention du roi Arétas qui était, lui aussi, un Nabatéen.

Ne vous attendez donc pas toujours à quelque chose de spectaculaire, comme, par exemple, le lieu où Jacob combattit l’ange de Dieu et qui est un bord de rivière tout à fait banal en soi. Votre imagination fera le reste, le plus important étant de recréer dans votre esprit l’environnement qui fut le théâtre de textes parfois connus, parfois ignorés. Cela vous fera peut-être découvrir certains textes auxquels votre érudition aurait échappé.

L’Ancien et le Nouveau: J’ai, par exemple, découvert que l’origine même du début de la Genèse, à savoir le jardin d’Eden où Eve offrit la pomme à Adam, se trouverait à Beth Chéane, sur la rive nord-ouest du Jourdain. Quand vous verrez ce fameux Jourdain, votre imagination travaillera en vous remémorant le lieu qui se situe «à l’est d’Eden», là où Cain tua Abel.

En route vers Aqaba, entre Wadi Musa et Ras an-Naqab, nous avons traversé les plaines de Moab, là où fut créé le peuple moabite d’une façon, ma foi, assez surprenante (voir l’Ancien Testament). Vous pourrez aussi imaginer la marche du peuple d’Israël mené par Moïse, fuyant l’Egypte pour la Terre Sainte, avec le fameux passage de la mer Rouge, du côté d’Aqaba.

Il est un site bien connu des chrétiens, fervents ou non, qui est celui de Béthanie (situé précisément proche de la mer Morte). En fait, son nom d’origine est Tall Mar Elias ou encore le mont Saint Elie, là où Jésus fut baptisé, mais aussi là où Jésus recruta ses premiers disciples. Mais pour aller dans du concret, je soulignerai les lieux qui, aujourd’hui, sont particulièrement «étiquetés», ayant reçu l’aval des archéologues.

Les musts: En quittant Amman pour le nord-ouest, l’une des plus grandes références bibliques à visiter est le mont
Nebo, surplombant la vallée du Jourdain. C’est sur cette montagne que Moïse, venu des plaines de Moab, vit au loin la Terre Sainte de Canaan et se rendit à l’évidence qu’il n’y parviendrait jamais. C’est là qu’il aurait perdu la vie après avoir confié la suite de sa mission à Josué. On y trouve une église érigée pour la commémoration de la mort de Moïse, ainsi qu’une croix de fer surmontée d’un serpent de cuivre qui servait de bannière au peuple d’Israël et d’annonciation prophétique de la crucifixion de Jésus.

Aurence le brave
Hormis la référence à Lawrence d’Arabie (El Aurence), sa conquête d’Aqaba tenue par les Turcs lors de la Première Guerre mondiale et ses pourparlers avec les tribus nomades dans le désert de Wadi Rum, il faut avouer que ce sont les références à l’époque romaine qui suscitent l’intérêt majeur. Le meilleur exemple est, bien entendu, le site archéologique romain de Jerash, l’un des mieux révélés à ce jour. Cette ville conquise par l’empereur Pompée en l’an 63 avant J.C. est une splendeur par sa restauration pierre par pierre par des archéologues venus du monde entier. Outre l’arc d’Hadrien et l’hippodrome qui est aujourd’hui le théâtre de reconstitutions des us des légions romaines, on retiendra la place ovale, les théâtres et surtout une superbe enfilade de colonnades à perte de vue.

A dix minutes en voiture vers le sud se trouve la ville de Madaba, citée de nombreuses fois dans l’Ancien Testament à propos de l’exode de Moïse. Outre une ville animée avec de pittoresques ruelles et échoppes, elle détient le clou de toute visite de la Jordanie à but religieux avec l’église orthodoxe de Saint-Georges et son chef-d’œuvre qu’est une carte de Jérusalem et de la Terre Sainte en mosaïque datant du VIème siècle. L’église héberge une variété d’icônes, dont celle de Saint-Georges terrassant le dragon. Madaba possède également un parc archéologique aménagé sur les ruines de la forteresse d’Hérode, et dans lequel on peut admirer plusieurs mosaïques, dont la plus ancienne de Jordanie (1er siècle avant J.C.). Le site romain de Jerash figure lui aussi en bonne place dans l’épître de Marc sous le nom de «Pays des Gadamériens».

Au temps des châteaux
L’architecture militaire arabe est légendaire. En Jordanie, elle se concentre au nord. L’explication est simple. Elle se justifie par l’avancée des Mamelouks en provenance de Syrie, lesquels établirent leurs places fortes pour résister aux envahisseurs mongols.

Ajlun (du nom de Qal’at Ar-Rabad), juché sur un éperon rocheux, en est l’un des meilleurs exemples et celui qui garde encore aujourd’hui son authenticité architecturale, ce qui n’a d’ailleurs pas échappé à Lawrence d’Arabie qui en a fait son camp retranché lors de sa lutte contre l’armée turque au cours de la Seconde Guerre mondiale, notamment pour la transmission des messages vers le Caire.

On relèvera aussi l’importance du fort Qasr al- Azraq, un bâtiment jadis utilisé par les Omeyyades et les Byzantins et qui fut utilisé comme garnison par l’armée ottomane.

Mais de tous les châteaux qui se trouvent au nord de la Jordanie, le plus spectaculaire reste encore le Qasr al-Kharraneh, parce qu’il émerge comme par miracle du milieu du désert. Hors toute considération guerrière, ses fresques révèlent davantage un lieu de vie débridée des chefs de guerre syriens lors de délibérations politiques qu’un véritable bastion militaire, ne serait-ce qu’en raison de l’inefficacité de ses meurtrières ou de ses tours défensives.

Textes et photos Gérard Blanc

Infos pratiques

Renseignements

Office national du tourisme jordanien, 00431/405 10 25, ww.visitjordan.com.

Y aller

Vol sans escale Genève-Amman avec Royal Jordanian Airlines.

 

Tolérance religieuse

Il est important de souligner que la Jordanie figure parmi l’un des pays les plus tolérants en matière de religion et, précisément, envers la religion chrétienne, non seulement avec les diverses églises chrétiennes érigées sur les principaux sites bibliques, mais aussi au centre d’Amman avec plusieurs églises et leurs clochers.

 

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