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L’Abbaye des Capucins à Montauban

Nous sommes à mi-chemin entre Toulouse et Cahors dans cette région française pleine de caractère qui porte le nom de Midi-Pyrénées au bord du Tarn connu par ses célèbres gorges. Montauban, lieu connu de la foi protestante, fut aussi celui des répressions sanglantes des troupes de Louis XIII et de Louis XIV, décidées à imposer par la force la religion catholique.

L’événement notoire de cette époque fut le siège de Montauban par les armées du roi et les «400 coups», quatre cents canons placés devant les remparts, dans le but de terrifier les défenseurs de la cité et leur faire lever le siège. Les assiégés laissèrent pleuvoir les boulets et tout en faisant bombance dans leurs caves. C’était raté! D’où l’expression qui est restée: «faire les 400 coups», à savoir faire la fête au nez et à la barbe des autorités. Cela valut par la suite une confiserie locale appelée les «Boulets de Montauban».

La reconquête religieuse de la ville de Montalban (de son nom occitan) se fit aussi, comme du temps de la révolte des Cathares, par la construction de monastères, d’abbayes et d’églises sur tout le territoire, avec pour mission d’inculquer la fois catholique par la force. C’est ainsi que naquit l’abbaye des Capucins, dont les premières pierres furent posées en 1631édifiant la chapelle et le vestibule. La première messe fut célébrée en présence du roi en 1632. Les Capucins restèrent jusqu’à la Révolution française en 1792, et l’édifice fut ensuite transformé en prison d’Etat. Parmi ses attributions à travers les âges, on citera en substance que l’abbaye fut transformé en hôpital de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale et servit de décor au tournage du film «Le vieux fusil» en 1975.

C’est en 2006 que l’édifice fut transformé en hôtel et restaurant gastronomique. Les quelques rappels des moments historiques et religieux se retrouvent dans les couloirs de l’hôtel, avec les entrées des chambres rappelant les alcôves de moines, la cour centrale abritant un restaurant en plein air avec une piscine et la chapelle servant à des banquets. Nous avons ici affaire à un établissement de classe (4 étoiles, restaurant une étoile Michelin), tel que les amateurs de bichonnage hôtelier aiment trouver. Nous avons aimé la décoration de sculptures modernes et de peintures dans les corridors du rez-de-chaussée et le côté cosy des salons et du bar. Nous avons bien apprécié le confort moderne des chambres, peut-être un peu trop moderne et en décalage avec le bâtiment historique.

Nous avons aimé la proximité du Tarn, mais regretté le manque de dégagement sur les quais du célèbre affluent de la Garonne et l’entrée de l’établissement un peu trop discrète depuis la rue, camouflée derrière de hauts murs, mais ce dernier détail doit être propre à tout monastère.

Nous avons été enchantés par la «Table des capucins» garnie par le chef Hervé Daumy et ses produits du terroir, l’incroyable variété de la carte des vins allant d’un muscadet à 32 euros à un Château d’Yquem à 600 euros, et apprécié qu’il y ait l’alternative du «Bistrot des Capucins» permettant aux pensionnaires de l’hôtel de choisir à leur gré une formule moins onéreuse (menu dès 18 euros), tant il est vrai qu’on ne peut pas manger gastronomique à chaque repas.

Enfin, un point essentiel et qui mérite d’être souligné, l’hôtel met un point d’honneur à bichonner les personnes handicapées. L’équipe d’accueil est sensibilisée à ce type de clientèle. Trois chambres ont été spécialement aménagées pour les personnes à mobilité réduite et un fauteuil roulant est mis à disposition en permanence. Pour aller encore plus à fond dans le détail, des télécommandes de postes de TV sont équipées de grosses touches.

Texte Gérard Blanc

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