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Indonésie : Les Balinais de l’Ouest

Course d'attelage à Bali

Dans une Indonésie meurtrie par la détresse de Banda Aceh, on imagine mal, depuis la Suisse, les kilomètres carrés heureusement épargnés par le Tsunami, tant au sud de Sumatra qu’à Java, Irian Jaya, Bornéo, les Moluques ou les Célèbes. Joyaux parmi toutes les îles de l’archipel, Bali ne démérite pas de sa réputation enchanteresse, mais mieux encore est de sortir des grandes agglomérations pour découvrir une région aux coutumes locales épargnées.

Grandeur nature
Nul ne contestera que l’île entière de Bali soit un véritable jardin d’Eden, ainsi que le revendique, d’ailleurs, la plupart des habitants. Mais c’est dans la baie de Menjangan que se situe le parc de Bali Narat, à la pointe extrême du nord ouest, l’un des plus riche fonds sous-marins de l’Indonésie pour sa variété d’espèces sous-marines tropicales et qui, bien entendu, rassemble les suffrages des amateurs de plongée. C’est en ces lieux qu’aux premières lueurs du jour, que l’amateur d’ornithologie accompagné obligatoirement d’un guide patenté pourra observer l’étourneau de Bali, espèce en voie de disparition, et dont le plumage immaculé et le tour de l’oeil bleu roi lui donnent un port royal. En prime, le parc de Manjangan permet d’observer des daims gambadant le long de la plage et de loin des singes noirs particulièrement sauvages qui se balancent aux branches avec agilité, en quête incessante de nourriture.

Dommage pour les uns, tant mieux pour les autres, la concentration de vacanciers se situe dans la région de Kuta, proche de la capitale Denpasar et de l’aéroport inter-national, avec son lot de centres de shopping, source heureuse de revenus pour l’économie balinaise. Quelques rares curieux décou-vriront un autre monde au coeur de la province de Jembrana, plus authentique et plus chaleureux s’il n’est pas galvaudé un jour: la Bali rurale, celle des rizières, des villages de pêcheurs et des traditions, située entre le temple de Tanaloth et le parc naturel de Pulau Menjangan.

Pêcheurs balinaisTableaux champêtres
Banalisé peut-être, mais d’une beauté infinie, est le coucher de soleil en bordure de mer, glorifié par les pêcheurs partant faire leur inlassable devoir qui durera la nuit entière, ou des porteurs de sacs de riz se détachant comme des ombres chinoises.
Comme dans la plupart des pays asiatiques, cette nourriture de base ne se cultive pas sans peine. Une promenade dans les champs est en tous points édifiante pour prendre conscience de cette activité rurale éprouvante, fort heureusement complétée par bien d’autres productions qui ne peuvent avoir lieu que dans ce climat tropical humide: les clous de girofle, les papayes, les pastèques, les haricots longs, bref, tout ce qui se retrouve dans votre assiette quelques instants plus tard. En dégustant ces produits du terroir, on revoit comme dans un rêve les paysans coiffés de leurs chapeaux coniques dirigeant une charrue tirée par un couple de buffles, les longues files de femmes enturbannées le long des routes portant une lourde brassée de bois ou un sac de riz sur leur tête avec, pour arrière-plan, des rizières d’un vert profond. On imagine ces femmes et ces hommes qui, au plus fort de la chaleur du jour, battent les épis pour en faire échapper les grains de riz qui seront portés au camion de la coopérative à dos d’homme, et tout cela, pour un salaire dérisoire.

Les Ben-Hur des rizières
C’est en septembre que se déroule l’une des plus spectaculaires manifestations populaires de Bali qu’est la course de buffles. Aucun panneau indicateur ne montre le chemin, et pour y accéder, il faut être obligatoirement accompagné d’un Balinais qui, de bouche à oreille, aura appris le lieu et l’heure d’un tel événement qui occupe une place importante dans la vie paysanne de l’ouest balinais. C’est alors qu’au bout d’un chemin de terre chaotique votre véhicule malmené débouche sur une rizière asséchée sur laquelle ont pris place une enfilade interminable d’attelages de paires de buffles richement décorés.

Combat de coqsErgots meurtriers
Davantage encore que les courses de buffles, les lieux où se déroulent les combats de coq sont presque tenus secrets. Pour les connaître, il faut être en bons termes avec un Balinais du coin, car ces lieux de divertissement sont, en général, cachés du grand public: personnes sensibles s’abstenir. Comme si l’argent des paris des coqs n’étaient pas d’un enjeu suffisant, une sorte de salle de jeux à ciel ouvert est improvisée dans un coin de l’enclos, dédiée à la rencontre avec une roulette et un black-jack de campagne. A côté, on prépare les coqs. On les stimule, on les harangue, on les encourage à ses provoquer en les menant face à face, bec contre bec. Une lame acérée est ensuite fixée à l’ergot de chacun d’entre eux, les paris fusent «ringhit! ringhit! ringhit!» crient les parieurs en brandissant des billets de banque. Les jeux sont faits. On lâche les gallinacés. C’est une folle envolée de plumes. Le combat est rapide et l’issue est fatale… et au suivant! Le coq perdant ne sera pas perdu pour tous. Il finira dans la marmite de son propriétaire.

Les cornes des bovidés arborent des cocardes aux motifs locaux bariolés. Le long des chemins qui traversent la rizière asséchée, une foule paysanne s’étire avec, ça et là, des marchands ambulants qui vendent des soupes, des oeufs durs, des satais, des pâtisseries etc. Le long du chemin principal, c’est l’effervescence. Deux par deux, des attelages d’une paire de buffles s’élancent dans une course effrénée, fouettés par leurs cochers, tels des Ben-Hur d’antan, juchés sur leurs chars multicolores. Garez-vous!
Les conducteurs se préoccupent peu des badauds, tant ils sont concentrés sur la course. La foule s’époumonne. Les paris vont bon train. Les propriétaires des meilleurs attelages recevront, en plus d’une distinction officielle, un attelage gratuit, lequel est estimé à plusieurs années de salaire.

Images d’Epinal
Il suffit de parcourir les travées du marché populaire de Negara pour se persuader de l’importance du poisson dans la vie balinaise.

Bateaux à Bali

Il faut aussi se rendre dans un village de pêcheurs au coucher du soleil pour assister au départ des pêcheurs, qui, après avoir passé la barre, s’éloignent tels de grosses nèpes sur le soleil couchant. Un autre tableau est celui de l’aube avec le retour des bateaux vers la plage. Puis, une fois les poissons triés, le dénouage et la réparation des filets, une affaire de famille avec les enfants qui se poursuivent entre les barques colorées avec de grands éclats de rire. Mais qui aime les beaux spectacles se régalera en découvrant la baie et le port de Celukan Bawang, où se concentrent les barques multicolores des Bugis, cette peuplade essentiellement musulmane de marins un peu pirates et un peu contrebandiers qui, en provenance des Célèbes, vinrent s’installer au 17e siècle à Bali pour y développer leur commerce. Leurs embarcations supérieures en taille aux décorations chargées en peintures multicolores, ont pour signe distinctif une espèce de hune perchée au bout d’un mât, laquelle, paraît-il, n’est jamais utilisée autrement que pour chasser les mauvais esprits.

Gérard Blanc

Pratique

Ce reportage a pu être réalisé grâce à Malaysia Airlines et l’hôtel Puri Dajuma.

Vols

Air France, KLM + Garuda, Qatar Airways, Lufthansa, Qantas, Singapore Airlines, Emirates + Malaysia Airlines.

Agences spécialisées

Ad Gentes, Fantasia, Fert, La Perle noire, Let’s Travel, Neos.


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