Touristes, si vous saviez...
ILS/ELLES FONT LE TOURISME

Eric Gauthier ou la passion de la crémaillère

Eric Gauthier est un homme heureux. Être conducteur du train à crémaillère du Rigi le satisfait pleinement et, chaque matin il vient au travail en sifflotant.

Binational franco-suisse, sa mère est native de Vitznau et son père est parisien. En passant ses vacances chez ses grands-parents à Vitznau, il est, déjà tout petit, en admiration pour les trains et rêve déjà de les conduire, ou, à la rigueur, d’être le capitaine du bateau à aubes Stadt Luzern sur le lac des Quatre-Cantons. À 19 ans, après avoir obtenu son bac à Paris et fait des études de langues à  Nanterre, il quitte Paris pour Vitznau et postule pour son rêve d’enfance, à savoir un emploi à la Rigi Bahn.

IMG_8034«Au début, j’étais contrôleur de billets, raconte Eric Gauthier. Au bout d’environ trois mois, j’ai suivi la formation de conducteur de trains avec plusieurs permis différents à passer, y compris le permis poids lourds. J’ai ensuite gravi les échelons et me voilà aujourd’hui à la fois formateur, chauffeur de locomotive à vapeur, conducteur de chasse-neige sur rail, et bien d’autres métiers encore. Mon travail est loin d’être monotone. Avant-hier, je pelletais le charbon dans une locomotive à vapeur, aujourd’hui, c’est la Rigi-Bahn classique, demain ça sera le tour des wagons de marchandises. Tenez : à la station de Steffel, avant le sommet du Kulm, nous allons accrocher un wagon de marchandises sur lequel sera chargé du charbon de Sibérie, qui servira à alimenter notre locomotive à vapeur. Et puis il faut réaliser que, si sur la plupart du parcours, il n’y a qu’une seule voie, certaines portions en ont deux pour le croisement de trains. Quand cela se produit, il faut être bien concentré, car il arrive qu’il y ait jusqu’à trois trains qui se suivent et il ne faut pas se trouver nez-à-nez avec un train qui descend. »

Eric Gauthier a un autre talent : celui de servir de guide pour le dépôt de la gare de Vitznau où il sait avec art présenter tout le matériel exposé allant de la première locomotive, la LOK toujours en service depuis 1863, au dernier modèle de motrice électrique, en passant par les wagons « Belle époque » et le chasse-neige, sans oublier une chaise à porteurs datant d’avant la voie ferrée.

Erika Bodmer

Share

Laisser un commentaire


+ sept = quatorze

Inscrivez-vous ici pour recevoir notre newsletter