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JE PARS À LA DÉCOUVERTE

Pure Malte, l’intimité d’une île parmi les plus européennes

Retourner dans les îles maltaises à quinze ans d’intervalle est instructif. On mesure ainsi l’évolution du pays et les changements intervenus depuis l’adhésion à l’Union européenne et à la zone euro.

Faisons un petit tour d’horizon sur les nouveaux acquis. Tout d’abord l’euro (depuis 2008). Il est si agréable de savoir que, lorsque vous avez acheté des devises à Malte, vous pourrez ensuite garder l’argent que vous n’aurez pas dépensé pour aller en France, en Italie ou en Espagne. Côté culturel, Malte a gagné le round de l’archéologie avec pas moins d’une demi-douzaine de sites archéologiques ouverts au public.

Enfin, l’augmentation du tourisme a généré l’implantation de vignes, le touriste aimant son verre de vin en mangeant. D’un  vignoble en 1995, ce sont maintenant cinq qui fournissent le pays avec une douzaine de cépages (même un blanc pétillant d’après la méthode champenoise) et sont organisées des tournées de caves avec dégustation. Avec ses trottoirs bien léchés, sa police très «british» que l’on ne croise que rarement, une population d’une amabilité exemplaire, même quand elle est envahie de touristes, Malte semble épargnée par les troubles en tous genres. Cette quiétude n’enlève rien à la personnalité bien ancrée du Maltais qui perpétue ses multiples traditions (principalement religieuses). Même si l‘anglais y est impeccable (on y fait des séjours linguistiques), Malte maintient contre vents et marées le «malti», langue faite de 60% d’arabe, 35% de sicilien et 5% de français. Agitez le tout et vous n’y comprendrez rien.

Marsaxlokk, pouls de la vie maltaise
Ce village de pêcheurs parmi les plus pittoresques de l’île a tout son attrait un jour de marché. Sur environ 5 kilomètres de quai s’étendent des étals parmi lesquels le visiteur sera séduit par des produits du terroir (miel d’eucalyptus, câpres, fromages), mais aussi toute une variété de pâtisseries, dont les fameux beignets à la pâte feuilletée et au fromage frais (pastitcha). En se glissant entre deux toiles de tente, on découvre le port de pêche avec ses fameux luzzus, ces barques traditionnelles abondamment colorées arborant le fameux œil d’Osiris sensé porter bonheur aux marins.

C’est un heureux mélange de genres entre les Maltais palabrant à l’étal du poissonnier, les pêcheurs déchargeant leurs chalutiers et, tout au long de la route côtière, les passants prenant le soleil sur les terrasses de bistrots.

La petite Suisse méditer-ranéenne
Comme la Suisse, Malte fait vivre son économie par ses banques, son industrie pharmaceutique, sa microinformatique et son tourisme. On estime à un chiffre approchant les 2 millions le nombre de visiteurs annuels attirés par quelques plages, mais surtout par le passé épique de l’ordre des Chevaliers de Saint-Jean.

Mdina l’ancienne
En plein centre de l’île, Mdina, l’ancienne capitale, est un refuge intramuros, où la pierre est reine. Elle domine des champs de vignes, de melons, d’orangers et d’oliviers, elle est coiffée d’un dôme rappelant ceux de Jérusalem. En se promenant dans ses ruelles étroites, assez rares sont les habitants que l’on croise, ce qui donne l’impression d’une ville-musée.

Mdina peut se vanter d’avoir eu une des histoires les plus mouvementées de la Méditerranée s’étirant sur quatre millénaires. Adoptée comme «ville silencieuse» depuis le déménagement de l’Università, l’administration de l’île. Ce sont les chevaliers de l’Ordre qui lui octroyèrent le rôle de capitale qui servit de replis stratégiques, notamment lors de la sanglante bataille du fort de Saint-Elme contre les troupes ottomanes. Par contre, Rabat, sa soeur siamoise, est davantage coulée dans le moule des villes méditerranéennes avec ses petits bistrots et échoppes.

Contrairement à Rabat, Mdina est un peu comme un grand musée où on circule agréablement à pied, la circulation automobile y étant sévèrement limitée. Parmi les nombreux monuments, on retiendra la porte principale portant le blason du grand maître Vilhena et la cathédrale, en témoignage des premiers chrétiens, qui offre comme principale curiosité une double horloge: un cadran pour les heures et un autre pour les jours et les mois.

Le second monument à voir absolument est la Loggia du Héraut, là où l’Università décrétait les lois et les édits, ainsi que les mandats d’arrêt contre les criminels et les déserteurs. En complément du Corte Capitanale, ancien tribunal et ses cachots et chambres de tortures du palais épiscopal, jadis habité par l’évêque et l’inquisiteur, et du palais Vilhena, ancien siège de l’Università, vous trouverez tout un chapelet de palais, de vieilles demeures, de tours, de couvents et d’églises.

A la Vauban
Comme un grand vaisseau de pierre prenant le large, la forteresse de La Valette, la capitale, s’avance dans la grande Bleue avec majesté. Les trois cités de Cospicua, Senglea et Vittoriosa, également fortifiées, lui font face sur son flanc oriental et remémorent l’époque de la grande bataille de Saint-Elme contre la flotte turque. Chacune de ces villes satellites a sa personnalité. Nous n’allons pas refaire l’historique des chevaliers de l’Ordre qui a été déjà décrit dans un autre numéro de Je pars… mais plutôt évoquer un visage moins connu qu’est celui des balcons en «bow windows» et leurs sculptures de bois en moucharabieh, qui confèrent aux petites rues tortueuses de ces villes une fraîcheur et un charme infinis. C’est dans ce genre de ruelles, à La Valette comme aux villes satellites, qu’on aime déambuler et admirer les devantures fleuries des auberges, où logeaient les chevaliers, chacun dans sa confréries, telles l’auberge de Castille, celle d’Auvergne ou encore celle de France. Autre détail pittoresque: certains autobus rutilants et bichonnés sont des Leyland de 50 ans, voire davantage.

La petite soeur
On peut voir l’essentiel de l’île de Gozo en une journée, en prenant l’un des premiers ferries depuis le port de Cirkewwa et revenir à l’île-mère en fin d’après-midi. J’ai une certaine affection pour Gozo, car elle se distingue de Malte par plus de nature, plus d’espace, moins de pierrailles et de forteresses. Le clou est sans conteste la fenêtre d’Azur, arche naturelle géante plantée dans les flots et témoignage géologique d’une côte découpée de falaises crayeuses, à l’instar de celles d’Etretat. La seconde attraction majeure est Vittoria et sa citadelle qui fut un lieu de repli de la population de l’île lors d’attaques de pirates. Parcourir ses remparts permet de bénéficier d’une vue panoramique circulaire sur l’ensemble de l’île.

Les ancêtres venus de la Sicile
C’est à Gozo qu’ont été découverts les premiers temples des premiers habitants qu’on dit venir de la proche Sicile. Il s’agit des temples «géants» ou «gantijas». Le style néolithique permet d’estimer à environ cinq millénaires de notre époque, l’ère de ces ancêtres maltais. D’autres sites datant de la même époque ont été découverts sur l’île principale, dont l’incontournable Hypogée de Hal-Saflieni, une incroyable nécropole à laquelle on accède par une petite porte en bois donnant sur une ruelle de la banlieue de La Valette. A plusieurs niveaux souterrains, on découvre d’ahurissantes salles de cérémonies ayant servi au culte des morts. C’est là que furent découvertes des statuettes aux formes opulentes dont on cherche encore la signification. D’autres sites mémorables datant de la même époque sont les temples de Tarxien avec cette énorme paroi rocheuse roulée sur des boules de pierre et dressée par une troupe d’hommes munis de leviers en bois.

Texte et photos Gérard Blanc



 

Infos pratiques

Informations

www.visitmalta.com/fr

Vol

Genève- Malte avec Air Malta

Baignades

De Pâques à fin octobre.

Shopping

Bijoux en or et en argent, céramique, dentelle, produits du terroir.




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