Touristes, si vous saviez...
JE PARS TRÈS LOIN

Le Vietnam au naturel

Du cinéma vérité grand écran. Il y a un point commun dans les ambiances des grandes métropoles vietnamiennes telles que Saigon et Hanoï et la campagne: les porte-bagages des motos et des scooters. La petite différence réside dans la densité de ces véhicules s’agglutinant à un même feu rouge en ville et, sur les routes de campagne, davantage de situations pittoresques, telles qu’un motocycliste transportant des cages à poules habitées ou un autel bouddhiste.

Les situations cocasses ne manquent pas où la modernité se mêle à la tradition, comme, par exemple, une femme h’mong en costume traditionnel portant son casque de motard et un téléphone portable collé à l’oreille…

Carnet de route: Partout, le riz et sa culture, la pêche en mer ou en eau douce et l’élevage sont rois. Si les régions montagneuses connaissent une récolte par an, le climat des plaines du nord en permet deux et, dans le delta du Mékong, au sud, elles peuvent aller jusqu’à trois récoltes annuelles.

Un paysan vietnamien ne se contente pas de la culture du riz. Une fois la moisson terminée, il se trouve des à-côtés pour arrondir les fins de mois, le métier de mototaxi étant le plus répandu. Des attroupements de motocyclistes le long des routes, aux arrêts des bus attendent le client pour le conduire à l’intérieur des terres, dans son village, loin des grands axes.

Départ sur la route nationale ou «route des bacs» (pas d’autoroutes similaires aux nôtres) reliant Hanoï à la baie de Halong, traversant à plusieurs reprises le fleuve Rouge, appelé ainsi pour son état boueux permanent. Le décor est fait de rizières jalonnées de maisons, de hangars et de fermes en tous genres. D’autres maisons typiques sont les maisons dites «maisons tubes», qui sont, pour des raisons fiscales en rapport avec les taxes sur les fenêtres et du prix des terrains, tout en hauteur et en profondeur, étroites, avec des ouvertures sur le devant et sans fenêtre sur les côtés. Résultat, seules les pièces de devant sont éclairées par la lumière du jour, les pièces du fond étant celles attribuées au sommeil et éclairées seulement à l’électricité. La tradition veut que ces maisons soient habitées par des familles composées des grands-parents, parents et enfants, les uns veillant sur les autres.

Les traversées des villages offrent des spectacles usuels de boutiques et d’échoppes en tous genres, allant de l’artisanat à la multitude de petits commerces que l’on retrouve assez fréquemment sur les places des marchés.

Karstisme sur mer

L’arrivée à Halong en fin de journée se fait dans la brume. Le lendemain matin, le brouillard est toujours présent, mais on nous affirme qu’il va se lever. Va-t-on trouver le grand ciel bleu? La chose est, semble-t-il, assez rare au Vietnam à cette période de l’année (septembre).

Halong

Le classement du site de la baie de Halong à deux reprises parmi les patrimoines mondiaux par l’UNESCO lui octroie un succès garanti. Nous arrivons à un embarcadère où se croisent des bateaux de toutes sortes et de toutes tailles, certains, comme dans les backwaters du Kérala (Inde), ont l’arrière consacré à l’habitat de l’équipage avec le linge pendu aux fils.

Basse saison aidant, nous ne sommes pas trop de clients à bord de notre bateau de mini-croisière aux gréements rappelant les jonques chinoises. Nous avons droit à un service VIP et un repas de midi gastronomique composé de fruits de mer.

Environ une demi-heure après avoir largué les amarres, le spectacle qui s’offre à nos yeux est saisissant. Nous sommes en présence de ces fameux chaos rocheux en forme de pains de sucre dressés sur la mer, couverts de végétation. C’est une configuration dite karstique, due à l’érosion de la roche calcaire par les éléments naturels pendant des millénaires. Des barques de pêcheurs et des petits villages flottants donnent la touche supplémentaire à un tableau poétique qu’on ne se lasse pas de contempler.

Haïphong

La route se poursuit en direction de l’ouest, avec un arrêt à Haïphong, troisième ville du Vietnam en population, et second port du pays, où les anciens bâtiments administratifs datant du temps de la colonie française sont encore debout. Les points d’attraction de cette ville sont le marché aux poissons et le marché aux fleurs. La caractéristique du premier est une profusion de poissons en tous genres, mais surtout de coquillages (huîtres, palourdes, clams, etc.) et de crustacés (cigales de mer, crevettes de toutes tailles, sans oublier les hippocampes séchés, dont la poudre est très recherchée en Asie du Sud-Est pour ses propriétés médicinales). Le marché aux fleurs est un tableau digne de ceux qui furent peints par Monet à Giverny avec, certes, des fleurs tropicales, telles les orchidées, les lotus ou les jacinthes d’eau, mais aussi un éventail de fleurs bien connues sous les latitudes européennes. A visiter tôt le matin.

Karstisme terrestre

Départ vers le sud-ouest en direction de Ninh Binh pour la région du Tam Toc, appelée aussi la «baie de Halong terrestre». Le must est d’abord un arrêt au site de Hoa Lu, qui fut l’ancienne capitale du Vietnam avant d’être transférée en 1070 à Hanoï. Entouré de montagnes, le site était une place forte bien gardé abritant la dynastie Dinh et, par la suite, le général Le Hoan. Outre les temples de Dinh Tiên Hoâng et celui de l’empereur Lê Dai Hanh, la situation panoramique au centre d’une campagne inondée en fait un lieu mythique.

Karstisme

Puis la route nous mène jusqu’à un embarcadère où nous prenons place à bord d’une sorte de petite barge métallique à moteur hors-bord, dirigée par un marinier qui nous entraîne au centre d’un environnement karstique, mais cette fois ci à l’intérieur des terres, à travers des espaces inondés, étangs, lacs, rivières et par leurs gardiens, des femmes lavant leur linge, etc. Le spectacle est permanent, infini, passionnant, bucolique.

La ligne de chemin de fer reliant Hanoï à Lao Caï, ville située à la frontière chinoise du Yunnan, nous transporte dans les régions montagneuses au nord du Vietnam. Cette région est l’épicentre de minorités ethniques (la majorité étant celle des Viets) qui, pour la plupart, ne connaissent pas de frontières et vivent aussi bien au Vietnam qu’en Chine ou au Myanmar. Un peu anarchiques et rebelles aux formules sociales dictées par la majorité viete de la plaine, elles sont courtisées par le gouvernement central pour accéder à une instruction qui, bien souvent, ne leur semble pas indispensable.

Les montagnards

Au temps de la colonisation, les régions montagneuses tempérées du nord étaient prisées pour échapper un temps au climat étouffant, chaud et humide de la plaine. C’est là où certaines familles aisées établissaient leurs résidences secondaires, créant une station de montagne comme celle de Sapa, en plein territoire des H’mongs noirs (nommés ainsi en raison de leurs costumes traditionnels dont, Cultures en terrassessurtout les femmes, ne se départissent pas encore aujourd’hui). Ce costume noir ou indigo orné de parements et de ceintures brodés de couleurs se retrouve à côté des costumes de leurs cousins, les Dao aux foulards rouges et à ceux des Zay aux bandeaux bariolés. Depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir ils se retrouvent sur la Grand-Place de Sapa transformée en un grand marché artisanal pour vendre leurs produits, tels que bijoux en argent, pochettes brodées, jupes plissées (costume traditionnel), couvertures, etc.

Mais les H’mongs noirs et leurs cousins ne viennent à Sapa que pour y écouler leurs marchandises. Il faut les voir dans leur élément naturel, dans leurs villages à flanc de colline au milieu des rizières en terrasses, au milieu des poules et des buffles avec, ici et là, des écoles gaiement décorées pour attirer les enfants qui se montreraient timides ou réfractaires.

Si la brève balade pour accéder à la cascade de Catcat est peut-être un peu trop jalonnée de boutiques de souvenirs, une randonnée plus conséquente au pied du mont Fan Si Pan permettra de s’imprégner davantage de la vie courante des H’mongs noirs et des Dao, faite de coupe, de battage et du ventage du riz, d’élevage des animaux de ferme (surtout des buffles pour la culture du riz), des enfants s’ébattant dans les rizières, des artisans au travail, le tout dans un milieu où l’eau vive est au centre du tableau. Les torrents se précipitent vers la vallée et tombent parfois en cascade, l’exemple le plus spectaculaire étant celui de la cascade d’Argent.

Femmes H'mong

Les H’mongs bariolés

Si le jour de marché est une fête pour tous, non seulement pour vendre ou acquérir des objets de première utilité ou du bétail, c’est aussi pour faire la fête, se retrouver en famille, entre amis, autour d’un repas servi dans la cantine au centre du marché, pour deviser entre amis, et aussi pour boire du chum (alcool de riz). À environ une centaine de kilomètres de Lao Caï, le village de Bac Ha est l’occasion d’un marché spectaculaire où se retrouve une autre branche des H’mongs, les «bariolés», appelés ainsi en raison des robes multicolores des femmes. Les tableaux éblouissants se succèdent, ici un groupe de femmes papotant en tenant en laisse un cochon noir au marché aux bestiaux, là, sous une immense tente, des gargotes proposant des repas composés de soupes aux nouilles de riz, de tripes ou de saucisses locales. La marchande de glaces fait tinter sa cloche. Dans leur quartier, les coiffeurs en plein air ne chôment pas au milieu d’un tapis de cheveux coupés.

Texte Erika Bodmer et Gérard Blanc,
photos Gérard Blanc


Infos pratiques

Ce reportage a pu être réalisé grâce au voyagiste l’Atelier du voyage et aux compagnies aériennes Air France, Vietnam Airlines et Qatar Airways.

Vols

Selon l’évolution de la situation du trafic aérien dû à la covid-19.

Genève-Paris-Ho Chi Minh-Ville avec Air France; Genève-Doha-Hanoï avec Qatar Airways; Genève-Paris-Hanoï avec Vietnam Airlines et Air France; Genève-Zurich-Séoul-Hanoï avec Korean Airlines.

Agence spécialisée

L’Atelier du voyage, 021 312 34 22, www.atelierduvoyage.ch.

Transports locaux

Ligne aérienne régulière entre Ho Chi Minh-Ville et Hanoï avec Vietnam Airlines. Liaison ferroviaire entre Hanoï et Lao Caï avec la compagnie Victoria (compartiments-lits confortables, certains trains avec voiture restaurant). Il existe aussi des liaisons par autocars-couchettes.

Hôtels

Le Victoria Hotel à Sapa; le Legend Hotel à Ninh Binh, le Novotel à Halong.

Décalage horaire

Le Vietnam vit avec 6 heures d’avance sur l’Europe de l’Ouest continentale de novembre à mars et 5 heures d’avril en octobre.

Formalités

Vérifier les conditions de passage de frontière dues à la covid. Passeport valable au moins 6 mois après la date du retour + visa.

Saisons

Compte tenu des périodes de mousson, la période de visite la plus agréable est entre octobre et fin avril.

Santé

Vaccins recommandés, mais non obligatoires contre le tétanos, la poliomyélite et l’hépatite B. Traitement contre le paludisme.

Conseils

Bien que la population vietnamienne soit particulièrement aimable et souriante, les pickpockets existent au Vietnam comme partout ailleurs, et il est utile d’être vigilant.

Trafic

Traverser une rue ou une route est un art auquel il est utile de se rôder. Les passages pour piétons ne sont jamais respectés et la circulation est dense. La technique est de traverser résolument, mais tranquillement, sans courir. On vous verra et on vous évitera.

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