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CONSEILS AUX VOYAGEURS

Les incontournables vaccins

On ne peut pas les éviter! Ils se font surtout sentir lors de la préparation d’un voyage dans les zones tropicales, mais parfois même dans des pays comme la Russie, où des cas de méningite ou de poliomyélite ont été recensés ces derniers temps.

Mieux vaut prévenir que guérir! Il est pourtant des cas où on s’interroge à juste titre sur le côté obligatoire de certains vaccins, le corps médical préférant ne prendre aucun risque. Des questions fusent parfois sur le sujet. Nous avons interrogé le docteur Alessandro Diana, médecin responsable à la clinique des Grangettes de Chêne-Bougeries. Notre interview.

Alessandro DianaJe pars: Lorsqu’on consulte les sites web des diverses représentations touristiques, il est souvent dit que les vaccinations ne sont pas obligatoires. D’autre part, les centres de vaccination vous donnent une liste impressionnante de vaccins. Qui faut-il croire? Y a-t-il des exagérations des deux côtés?

Dr Diana: En Suisse, comme dans plusieurs autres pays, les vaccins ne sont pas obligatoires, mais vivement recommandés parce qu’ils apportent un bénéfice à la sante individuelle et à la sante publique.
Par contre, certains pays, pour garantir le contrôle d’une maladie, rendent obligatoire la vaccination correspondante à toute personne qui va séjourner dans leur pays. Le vaccin de la fièvre jaune illustre typiquement ce cas de figure.

JEP: Certaines personnes craignent les injections. Est-il vrai que beaucoup de vaccins se prennent par voie buccale?

Dr D.: Malheureusement non! La grande majorité des vaccins s’administre en injection sous-cutanée ou intramusculaire! Et ceci est particulièrement pénible pour les petits enfants! Néanmoins, depuis quelques années, nous disposons de plus en plus de vaccins combinés qui permettent ainsi de réduire considérablement le nombre d’injections.

JEP: Est-il vrai que certains vaccins provoquent des réactions (p. ex. fièvre)? Cela dépend-il de la personne vaccinée?

Dr D.: Les vaccins peuvent provoquer de la fièvre. D’ailleurs, les vaccins sont des parties de microbes ou virus atténués qui stimulent le système immunitaire, comme le ferait l’agent de la maladie correspondante. La seule différence est que le vaccin contenant des germes non vivants ou atténués ne fait pas autant de dégâts que le ferait la maladie correspondante!

JEP: Que faire lorsqu’on doit partir en voyage à quelques jours d’intervalle et que la prise d’un vaccin demande un certain temps d’incubation?

Dr D.: Idéalement, les voyageurs devraient y penser 2-3 mois à l’avance, mais il n’est jamais trop tard pour entreprendre une vaccination, même à quelques jours du départ…

JEP: Est-il vrai que certaines maladies dont on se croyait débarrassé reviennent?
Si oui, dans quels endroits du globe?

Dr D.: Il suffit de penser à la dernière vague d’épidémie de rougeole qui a atteint plus de 2000 personnes en Suisse depuis novembre 2007. Le virus de rougeole circule encore en Suisse (vague d’épidémie tous les 4 ans environ), parce que la couverture vaccinale de la population se situe autour des 85%. Et cela n’est pas suffisant pour éradiquer le virus: il faudrait une couverture minimale de 93%!

JEP: Les virus s’accoutument-ils aux vaccins?

Dr D.: Non. Par contre, les vaccins – qui sont des virus atténués ou une partie des ces microorganismes – induisent la même protection immunitaire que les microorganismes vivants correspondants, mais sans les effets secondaires de la maladie qui, dans certains cas, peuvent être catastrophiques!

JEP: Des documentaires font état de l’artemisia annua, qui a été utilisée notamment par le docteur Ho dans le Yunnan en Chine depuis de nombreux siècles contre le paludisme. Comment, à votre avis, se fait-il que cette plante ne soit pas davantage développée en Europe?

Dr D.: N’étant pas expert en phytothérapie, je ne peux pas répondre. Sur le principe, je trouve très intéressant l’approche des autres disciplines. Moi-même, je fais souvent recours à la phytothérapie pour des bagatelles. En pratique, je dois avouer, être souvent déçu par le manque de rigueur scientifique dans certaines affirmations des médecines dites parallèles.

JEP: Ont dit que le paludisme, après la nivaquine, commence à résister au lariam.
Quel sera le médicament suivant?

Dr D.: Il s’agît d’un parasite, le plasmodium.
Les résistances sont un réel problème, comme pour les autres bactéries en général d’ailleurs.
Certes, il y a à disposition de nouvelles molécules, et pour combattre ce phénomène de résistance des bactéries, on conseille de prescrire les antibiotiques uniquement quand il y a une indication importante.

JEP: Quels sont les lieux à éviter pour ne pas contracter une maladie? Quels sont les règles d’hygiène élémentaires?

Dr D.: Il ne suffit pas d’une bonne hygiène pour être à l’abri d’une maladie que l’on pourrait prévenir avec une vaccination. Pensez à la grippe saisonnière: elle nous atteint en hiver alors que notre hygiène n’y est pas substantiellement différente des autres saisons.

Propos recueillis par Gérard Blanc


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La prophylaxie contre le paludisme et ses effets secondaires

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