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ILS/ELLES FONT LE TOURISME

Le marquis de la Casa Rocca Picola

Au 11ème siècle, l’aventurier normand Roger de Hauteville s’empara de la Sicile musulmane, puis de Malte, qu’il intégra au Royaume de Sicile. La couronne de Palerme distribua aux membres de sa cour des terres de l’archipel maltais en récompense de services rendus, et 32 familles en devinrent  bénéficiaires. En 1530, les Chevaliers de Saint-Jean officialisèrent le statut des anciennes familles de la noblesse maltaise et plusieurs palais sortirent de terre, dont la Casa Rocca Picola, sur l’initiative de Don Pietro de La Rocca, amiral de Saint-Jean de la langue d’Italie (la confrérie italienne des chevaliers de Malte)- Après avoir été louée  successivement à des Chevaliers de l’Ordre, elle fut, deux siècles plus tard, vendue au marquis de Piro.

 
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Aujourd’hui, cette demeure, l’un des derniers palais de La Valette, se visite comme chef-d’œuvre du temps des comtes et marquis de Malte. On y découvre tous les souvenirs de la famille De Piro, qui y vécut pendant  quatre siècles. De la sala grande aux abris anti-aériens, en passant par  la chapelle familiale, les salles à manger d’été et d’hiver, la bibliothèque, le jardin ou encore la chambre au lit à baldaquin, c’est une foison de tableaux, de bijoux, de sculptures et de porcelaines.

 
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Mais le clou de la visite est la rencontre avec le marquis Nicholas de Piro en personne. Mieux qu’une visite guidée classique, j’ai eu, ainsi qu’un petit groupe d’amis, le privilège de découvrir les moindres recoins de la demeure, grâce au marquis qui nous a fait cet honneur. Il est le dernier descendant de la lignée, qui, s’il endosse la fonction de guide occasionnel, choisit à bien plaire ses visiteurs, laissant les autres entre les mains des guides officiels.

« Cette maison n’est pas un musée, mais une relique, déclare le marquis.  Tout y est absolument authentique et je l’ai jalousement conservé ainsi. Mais permettez-moi de vous présenter ma famille. »

Il nous entraîne alors dans les multiples pièces en commençant par un arbre généalogique affiché au mur.

« Suivez-moi dans le dressing, nous invite le marquis, et  venez admirer la robe que portait ma mère à l’occasion du couronnement de la reine Elisabeth II. Ma mère était une dame très humble, mais un couronnement est un couronnement et il fallait une robe somptueuse. Vous voyez le valet qui se trouve à côté ? Le costume qui y est accroché est celui que mon père portait à cette occasion. Vous êtes Suisses ? Savez-vous que mon père a fait ses études au collège Champittet de Pully ? »

 
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Et ainsi, d’une salle à l’autre, il raconte les banquets fastueux avec la vaisselle en argent disposés sur la grande table de la salle à manger, le meuble dont il ouvre les portes pour faire apparaître un retable miniature, la chaise à porteur de ses ancêtres, et pour finir sur un buste de sa mère, et tout cela commenté avec fierté, humour, humilité et un brin de nostalgie.
 
Texte et photos Gérard Blanc

 

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