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Asie du Sud-Est : une seconde vague du covid-19 est à craindre

Certains pays sont mal préparés

La Chine affiche depuis le 18 mars aucun nouveau cas d’infection au covid-19 venant de l’intérieur du pays, mais elle subirait maintenant sa seconde vague de contamination avec les premiers cas provenant de l’extérieur, à savoir de l’Europe, mais aussi de la part de ses voisins, négligents ou manquant de moyens mais aussi, comme au Myanmar, au Laos ou en Corée du Nord,  affichant un déni inquiétant.

Bonne nouvelle, diriez-vous, la Chine sort de sa crise sanitaire. Navré de vous décevoir, mais une seconde vague n’est pas à exclure comme le décrit clairement le scientifique spécialiste du climat Aurélien Barreau. Selon le gouvernement chinois, les nouveaux cas détectés proviennent de personnes venant des pays étrangers.  L’Europe est la première incriminée, mais elle n’est pas la seule, et les pays voisins auraient aussi leur part de responsabilité.

Le parce que religieux : Dans beaucoup de pays asiatiques, la ferveur religieuse éclipse les précautions élémentaires. Plusieurs administrations y vont de leur déclarations comme,  par exemple, le  Ministre de la santé de l’Indonésie, qui  affirme que le virus était combattu grâce aux prières et qu’en joignant les mains pour se saluer plutôt que de se serrer la main ou de se faire la bise, on écartait tout risque de contamination.  Aujourd’hui, plus de 107’000 personnes sont atteintes.

Alors que 16 cas (avoués) ont été recensés en Malaisie, la priorité, cette année, était  de participer à la fête hindouiste de Thaipusam qui a battu tous les records de participation.  Les  Malais sont, paraît-il, bien au courant du danger de la maladie, mais non, on se bouscule pour aller vénérer Shiva. La Croix-Rouge locale est désespérée.  L’Indonésie ne semble pas non plus avoir mesuré le danger. Le 19 mars, sur l’île de Florès, près de 1 500 chrétiens ont fêté l’arrivée de son nouvel évêque. Pire encore, le mouvement musulman Tablighi Jamaat avait  maintenu l’organisation d’un nouveau rassemblement dans l’île de Sulawesi (Célèbes), avec la participation de 8’000 fidèles venus de toute l’Asie.  Les fidèles arrivaient en masse quand, in extremis, les organisateurs décidèrent d’annuler l’événement la veille de sa célébration.

Le parce que politique : Pour beaucoup de pays asiatiques, admettre qu’il y a des failles dans son service de santé peut équivaloir à perdre la face.  Et puis, il y a le commerce et  surtout le tourisme qui influent les décisions et les annonces publiques.  Dans certains pays, annoncer des cas par twitter ou facebook peuvent vous envoyer en prison. Certes, les fake news  peuvent être nuisibles, mais cette position a aussi pour but de cacher la vérité et empêche de communiquer les précautions indispensables.

Certains gouvernements sont restés catégoriques indiquant une absence totale de cas répertoriés ou des chiffres ridiculement bas. Le Myanmar, par exemple,  est longtemps resté dans le déni alors qu’il a une frontière poreuse de 1253 kilomètres avec la Chine. Il aura fallu attendre le 24 mars pour que le pays déclare ses deux premiers cas, venus, comme par hasard, de l’étranger.  Le gouvernement avait jusqu’alors déclaré que le mode de vie des Birmans faisait barrage au coronavirus.   A préciser que, selon le New York Times, seules 200 personnes sur 53 millions d’habitants auraient été conviées à  des tests de dépistage. Des experts médicaux et des groupes de défense des droits de l’homme ont exhorté la Birmanie à faire davantage pour arrêter la progression de la pandémie.

Au Laos, les infrastructures de santé sont très précaires. De plus, le pays est actuellement en situation économique catastrophique dû à la dégringolade des échanges commerciaux avec le reste du monde. Comme au Myanmar, le gouvernement vient d’enregistrer officiellement ses deux premiers cas ayant, lui aussi, affirmé l’absence de cas jusqu’au 24 mars.

Il n’y a guère de surprise en apprenant qu’aucun cas n’ait été détectés en Corée du Nord, dont le gouvernement affirme que la seule solution pour éviter toute contamination était de fermer totalement les frontières aux étrangers quels qu’ils soient.  Mais, d’après Le Temps,  la réalité du terrain indique que l’épidémie a déjà débuté et que 7’000 cas suspects auraient été mis sous surveillance, mais chut !!!

Sa voisine du sud n’a pas niée l’existence de l’épidémie mais, par contre, semble avoir terminé avec la première vague. Le site Pourquoi docteur affirme que ce pays est parvenu à contenir l’épidémie alors qu’il était le plus touché après la Chine. Pour faire face à l’épidémie grandissante dans le pays, les autorités ont utilisé tous les moyens technologiques à leur disposition pour repérer les gens au stade précoce de la maladie. Plus de 250 000 tests ont été réalisés sur toutes les personnes qui présentaient  des symptômes. Chaque cas testé positif a été soumis à un traçage très précis de sa vie précédant la contamination, ce qui a permis aux services de santé d’identifier les personnes avec lesquelles il a été en contact. Dans plusieurs endroits, des thermomètres thermiques ont été installés. Ce civisme rigoureux a empêché le confinement de la population.  Plus que toute déclaration visant à renier toute contamination donne, on s’en doute, une vision plus pragmatique et plus crédible de la situation.

Pauvreté et assurance maladie : On ne peut pas uniquement taxer d’insouciance le fait de ne pas prendre au sérieux les consignes de l’OMS. Pour cela, il faudrait que les populations aient en face d’elles une action égale en cohérence.  En Inde, si le gouvernement donne des directives précises, on a pu constater  avec dépit sur les chaînes de télévision que les autorités détruisaient des petits commerces insalubres au  bulldozer, devant des foules  de badauds massées pour regarder. Une autre incohérence est  ce même gouvernement qui a instauré un couvre-feu « à titre expérimental » ou encore qui coupe volontairement tous les accès à Internet  en raison du conflit du Cachemire avec  le Pakistan.

A leur défense, plusieurs sont encore les pays de l’Asie du Sud-Est qui ne disposent pas d’un équipement médical  suffisant, inconvénient auquel il faut ajouter souvent un système de couverture sociale de santé parfois inexistant, ce qui n’encourage pas, on s’en doute, les classes défavorisées à se soigner et à se prémunir contre la maladie.

 

Gérard Blanc

 

Sources : Pourquoi docteur/Arte/Le Monde/Le Parisien/Le Temps/Arte/Gavroche-Thaïlande/Libération/Le Courrier

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