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Antibes, perle de la côte d’Azur

Si Antibes possède un cachet que lui envient beaucoup d’autres villes de la Côte d’Azur, elle le doit en premier lieu à sa vieille cité intra-muros, la plus ancienne de Provence après Marseille.

Les personnalités ayant élu domicile ou passé quelques années de leur vie à Antibes sont légion et, d’ailleurs, certaines d’entre elles ont  droit à un musée à leur nom, comme, Picasso et Peynet, le dessinateur des fameux « amoureux ». Mais il faut aussi citer le jazzman Sydney Béchet qui, dans les années 50, trouva à Antibes un accueil chaleureux de la part des habitants pour les musiciens noirs de jazz, et il composa en son honneur le titre « Dans les rues d’Antibes ». Il faut aussi  mentionner le célèbre écrivain humoriste Alphonse Allais, le poète Jacques Audiberti, le réalisateur Christophe Ganz, l’écrivain Graham Greene, l’actrice britannique Lilian Harvey et, enfin Julien Lepers, ex-animateur de « Questions pour un champion ».

Intra-muros
Antibes a été fondée par les Grecs au 5ème siècle avant J.C., ce qui en fait la plus ancienne ville de la Côte d’Azur. Son nom d’origine était Antipolis signifiant « La ville d’en face ». On imagine que c’était en face de la Corse qui se trouvait sur la route des bateaux venant de la Grèce. Les Romains qui vinrent ensuite trouvèrent dans Antibes une position stratégique. Par la suite, la fidélité d’Antibes pour César, alors en conflit avec Pompée, lui valut bon nombre de faveurs comme, par exemple, de battre sa propre monnaie, et de lui construire une acropole, des aqueducs, etc. Rome érigea ensuite des remparts et ce fut l’abondance économique avec un port pour le commerce du vin, de la céramique et de l’huile, un port de pêche et des salines.

Antibes

Le prince de la Silhouette
Le sculpteur chinois Ho Lui, sorti des Beaux-Arts de Paris quitte parfois son atelier pour faire des petites sculptures dans les encoignures des portes des maisons d’Antibes où se trouvent des fissures, mais tout en trouvant que les fissures ont une âme et qu’il ne faut pas les couvrir complètement. D’autres cordes à son arc sont, par exemple, son art de découpage de silhouettes (qui lui valut le sobriquet de «holuiette ») à l’aide d’une immense paire de ciseaux, ainsi que cette peinture faite de milliers de signature représentant son propre visage, laquelle est parfois exposée au centre Pompidou à Paris.

Ho Lui

Le bastion Saint-André, un fort dû à Vauban, est le premier édifice qui s’impose au visiteur qui se dirige vers la vieille ville d’Antibes. A noter que ce bâtiment a été, depuis, aménagé en musée d’archéologie exposant, notamment, des épaves trouvées dans les fonds marins méditerranéens. Mais le plus particulier de la vieille ville est encore son statut de « Commune libre du Safranier » qui lui donne un petit côté fripon, hors du temps, sur les modèles de Montmartre à Paris ou d’Ouchy à Lausanne. Le nom peut venir du safra, terre qui se retrouve sur les murs, le safran présent dans la soupe de poissons, ou encore une partie du gouvernail des bateaux. La Commune du Safranier est empreinte de la poésie digne des villages de Provence avec ses bougainvilliers, ses rues piétonnières étroites, aux murs ocrés, la place ombragée baptisée « place des Fainéants » en raison des interminables matchs de pétanque qui s’y jouent à toute heure, un verre de pastis à la main, sans oublier la villa des artistes dite « villa Fontaine », offerte à loyer gratuit aux peintres de passage à la condition qu’ils peignent les rues d’Antibes. Protéger la ville des invasions des Barbares et des Sarazins  venant de la mer fut, au fil des siècles, la préoccupation permanente, d’où des remparts qui furent construits et renforcés jusqu’à l’œuvre de Vauban. Dominant les murs, la bien nommée « Tour sarazine » ne fait plus qu’une veille symbolique, mais brille de mille feux la nuit tombée.

La place Nationale
Dans le vieil Antibes, la place Nationale a aussi son histoire et sa poésie. Trois monuments en font un intérêt particulier. En son centre se dresse une colonne de marbre témoignant de la fidélité de la ville au roi  Louis XVIII. Au retour de l’île d’Elbe, après avoir débarqué à Golfe-Juan, Napoléon voulait entamer sa reconquête de la France par Antibes, où avait logé autrefois sa famille et dont son cousin était gouverneur. Mais les Antibois refusèrent de l’accueillir. Le roi Louis XVIII accorda à la cité en 1816 le statut de « Bonne ville » en autorisant l’inscription dans ses armoiries de la devise : « Fidei servanda exemplum 1815 ». A quelques mètres de là se trouve une sculpture des célèbres amoureux de Peynet, un enfant du pays. Au centre de la place, le kiosque à musique accueille la fête de la musique le 21 juin, mais aussi, tout l’été, de nombreuses animations musicales (fanfares, pop, rock, blues, etc.).
Là où se trouvaient les anciennes casemates, côté est, une porte s’ouvre vers le Vieux Port, donnant une vision pittoresque, avec quelques rares marchands de poissons au premier plan, les mâts des bateaux de pêche et de plaisance et, au fond, le quais des milliardaires où accostent les impressionnants yachts des grandes fortunes, lesquels naviguent peu, mais pour qui il importe de bien se montrer. Côte à côte se trouve le fort carré, un autre bastion dû aux œuvres de Vauban.

AntibesTous à la plage !
D’est en ouest, les plages et ports se succèdent  depuis le pied des remparts avec la petite plage des Ondes, jusqu’au cap d’Antibes. La majorité des plages sont publiques, mais d’autres sont privées, exploitées par des hôtels ou des restaurants. Le côté un peu snob des pages privées (payantes) avec cet affichage de ne pas se mélanger au « bon peuple » rendent les plages publiques telles que celle de la Salis, d’autant plus sympathiques, avec, en prime, le drapeau bleu dont elles sont dotées et qui garantissent la propreté de l’eau et du sable. La dernière est la plage Keller, qui bénéficie d’une décoration inattendue de statues d’hommes nus. Un bon plan est de poursuivre la visite du littoral à pied sur le sentier Tire-Poil qui contourne le Cap d’Antibes en bordure de domaines  somptueux dont  le château de la Croë, propriété du richissime milliardaire russo-israélite Roman Abramovich, inaccessible au commun des mortels et truffé de caméras de surveillance.

Le Musée Picasso
Construit sur les fondations d’une acropole de l’époque grecque, le château Grimaldi accueille le musée Picasso, autre évocation du grand maître, comme il en existe plusieurs dans la région, comme à Mougins et à Vallauris, où il aimait résider. Sur le mur d’entrée figure une photo de Michel Simar représentant Picasso avec une petite chouette, ayant les deux le même regard. On retrouvera dans le musée cette chouette représentée sous plusieurs formes. A noter le côté remarquable le fait que Pablo Picasso, ayant déploré n’avoir jamais de grandes surfaces à décorer, fut pris au mot par le conservateur du musée d’antan et put faire des murs et des pièces ce qu’il en voulait. De septembre à novembre 1946, en travaillant d’arrache-pied, surtout la nuit, Picasso produisit une quantité incroyable de tableaux, de sculptures et de fresques en demandant que les visiteurs voient se œuvres à l’endroit où il les avait produites. Faunes, guitares, oursins figurèrent parmi ses sujets favoris, l’un des plus prestigieux tableaux étant « La joie de vivre » en l’honneur de Françoise Gilot, sa jeune épouse de l’époque.

Texte Erika Blanc, photos Gérard Blanc

Infos pratiques

Y aller

En avion : Vol Genève-Nice avec Swiss et Easyjet ; en train, Suisse-Juan-les-Pins (compter 7 heures de trajet).

Renseignements

www.antibesjuanlespins.com, www.cotedazurfrance.fr

Logement

Hôtel Royal à Antibes (bord de mer, plage privée payante, parking privé) ; Beau-Site cap d’Antibes, Villa Fabulite.

Restaurants

Le Figuier Saint-Esprit (restaurant étoilé), le César (place Keller) ; le Café Royal (Royal Antibes).

Thalassothérapie

www.thalazur.fr/thalasso-antibes

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