Touristes, si vous saviez...
EDITO

Secours hors frontière, qui a raison ?

Le DFAE (Département fédéral des affaires étrangères) diffuse volontiers, par le biais de la branche professionnelle des voyages, des mises en garde aux visiteurs s’approchant d’un peu trop près des pays ou des régions en proie à des troubles politiques et du développement de la délinquance, ou encore des catastrophes naturelles (séismes, inondations, glissements de terrain, épidémies et d’autres encore).

Pour certains hôteliers ou autres professionnels de l’accueil qui sont impliqués, on se doute que la chose n’est pas du tout à leur convenance et peuvent avoir pour eux des conséquences désastreuses pour la marche de leurs commerces. Il s’installe alors, par l’intermédiaire des réseaux sociaux et des sites Web traitant des voyages, une polémique sans fin, les intéressés clamant que dans leur région tout était calme et que la vie est belle.

Cela justifierait-il qu’on passe l’information sous silence ? D’un autre côté, les sphères officielles auraient-elles tendance à surprotéger les voyageurs ?

Il n’est pas faux de penser que les gouvernements auraient aussi parfois tendance à donner des informations qui pourraient être interprétées comme alarmistes, mais il faut aussi se rendre à l’évidence : ils souhaitent aussi mettre une limite aux risques parfois encourus par les voyageurs et limiter les dépenses qui les obligeraient à intervenir trop souvent auprès des voyageurs imprudents. Ah, l’argent, toujours l’argent !
Les agressions et prises d’otages se sont pas mal développées ces dernières années et le message devient de plus en plus clair de la part des bureaux des affaires étrangères européens : «  A vous de prendre vos responsabilités, nous ne pouvons pas vous sortir de tous les pépins qui pourraient vous arriver en voyage. »

Je pencherais pour l’analyse suivante : Tout voyage comporte une part de risque. Oui, mais voilà, on voudrait à la fois vivre des voyages hors-piste, aventureux et tout et tout, histoire de revenir avec des souvenirs plein la tête, mais que son ambassade vienne à son secours en cas de pépin.

Ne nous voilons pas la face. Parmi les créneaux inlassablement cherchés par certains voyagistes, à savoir celui du voyage aventureux s’est considérablement développé et pourrait inciter une tranche de voyageurs à précisément choisir les endroits où la sagesse serait de s’abstenir. A chacun de peser le risque encouru et de s’informer en permanence sur la situation sur place, quitte à faire demi-tour quand les choses se gâtent. Mais les aventureux auraient-ils le courage de le faire, surtout quand le voyage a coûté cher ?
En parlant de délinquance, je me souviendrai toujours de Frédéri Astoux, un ami journaliste de télévision qui m’a raconté que, pris en otage et presque mort de peur lors d’un reportage sur le groupe terroriste péruvien « Sentiers lumineux », se sentait soulagé de rentrer en France, et s’était fait agresser et détrousser devant son domicile. Décidément, les risques ne sont pas toujours là où on pense !

Gérard Blanc

 

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