Touristes, si vous saviez...
JE PARS À LA DÉCOUVERTE

La Corse en 10’000 virages

De quoi vous donner le tournis, cette Corse, surtout quand on la sillonne le long des côtes de l’ouest. Mais quelle merveille! L’authenticité de ses villages haut perchés et de ses paysages sauvages faits de montagnes et de côtes découpées et leurs petites criques aux plages intimistes: suivez le guide!

L’engouement de la Corse n’est pas un vain mot, et le nombre accru de liaisons aériennes entre Genève et la Corse pour l’été 2016 en est la preuve. Fort heureusement, les vacances estivales en Corse ne se limitent pas à la plage, et encore… Si la Corse compte de grandes plages sur la côte est, tous les connaisseurs de la Corse vous confirmeront que la côte sinueuse qu’est celle du Cap Corse et Plage de Nonza © Isabelle Blanccelle du parc de la Balagne ou encore celle qui va de Calvi à Ajaccio avec comme point d’orgue les Calanches de Piana sont des sites à expérimenter absolument, mais à condition de se faire à la conduite un peu «Fangio» des habitants de l’île, et à une quantité incalculable de virages qui donneraient le tournis à toute personne même aguerrie. Cette région de la Corse, peut-être plus que d’autres encore, est celle de la culture des châtaignes introduite par les Génois qui, avec leur farine, fit vivre des générations d’habitants et d’animaux domestiques, dont les fameux cochons noirs qui fournissent de quoi faire une succulente charcuterie.
La côte occidentale de la Corse n’a, d’ailleurs, pas été choisie pour rien comme lieu de villégiature par bon nombre de vedettes de la chanson française, parmi lesquelles on trouve Jacques Dutronc, Jacques Higelin ou encore Michel Fugain. Sur l’ensemble de la côte, les tours génoises sont omniprésentes, vestiges d’une défense contre les Barbares, mais aussi d’une méthode visant, dans le temps, à tromper les bateaux marchants pour les faire échouer et, ainsi, mieux les détrousser.

Le Cap
Le Cap Corse est une institution et nul ne peut prétendre avoir visité la Corse sans l’avoir parcouru. Il se visite de l’est à l’ouest avec un départ de Pietranera à potron-minet pour finir en douceur à Patrimonio en soirée, pour y admirer un coucher de soleil sur les montagnes avec, en prime, les vignobles qui font la réputation des crus de cette région.
Les deux versants (est et ouest) sont assez dissemblables. La côte occidentale est beaucoup plus découpée que la côte orientale. Côté est, l’espace qui va de la montagne à la mer est plus doux alors que sur le littoral occidental, la montagne tombe plus brutalement dans la mer.
En cours de route, l’enchantement sera les images d’Epinal, telles que les petites marinas typiques avec des maisons en pierre sèche ou, parfois, de petites bastides comme, par exemple, les ports de Lavanisa, Pietracorbara, Macinaggio avec un coup de cœur tout à fait subjectif pour la marina de Porticciolo.
Depuis Macinaggio, la route escalade la montagne à travers les pins, les châtaigniers, les oliviers et les chênes pour descendre en pente raide sur le charmant petit port de pêche de Centuri, un bonheur qui, loin des contraintes technologiques, transporte dans l’archétype des pêcheurs méditerranéens avec ses toits aux ardoises vertes, ses chalutiers multicolores, ses filets, ses casiers à crustacés et une bande de joyeux drilles qui s’interpellent d’un bout à l’autre du port.
Puis, ce sont à nouveau des virages qui se suivent à flanc d’une montagne abrupte qui plonge sur la grande bleue. C’est là, en contre-bas, la découverte, à l’issue d’une épingle à cheveux, de villages perchés sur des promontoires, tel que Pino et son couvent franciscain ou, plus spectaculaire, Nonza, perchée en haut d’une falaise haute de 100 mètres avec son étalage de toits de pierre, des ruelles en escalier et une grande tour génoise.

Le desert des Agriates

Des Agriates à la Balagne
La route sinueuse se poursuit vers le sud en surplombant le golfe de Saint-Florent à l’embouchure de l’Aliso, au creux duquel trône le village éponyme bien connu des amateurs de voile, et sa citadelle génoise. Si comparaison n’est pas raison, il demeure que, pour la suite du parcours, les virages ne sont pas prêts de s’adoucir. La route domine un paysage époustouflant qu’est le désert des Agriates, une étendue de pierrailles et de touffes d’herbes avec, en second plan, des éperons rocheux et la mer indigo en arrière-plan. Balagne Puis, au détour d’un virage, apparaissent au loin, majestueuses, les neiges du Monte Cinto. Nous entrons dans le parc naturel de la Balagne qui prendra fin à Calvi. Le fin du fin du parcours est de bifurquer à Lozari pour gravir celle qu’on appelle la «Route des artisans», de quoi ravir les amateurs d’authenticité rurale avec des inconditionnels villages de montagnes avec leurs maisons agglutinées autour de leur église. C’est d’abord celui de Belgodere, dont l’église de San Tumasgiu rappelle celles de la Sicile. La route traverse ensuite les villages de Felice entouré de vergers, et Muro avec sa grande église, pour sortir de la route principale et bifurquer vers San Antonino d’où le panorama à 360° permet, notamment, une vue simplement sublime sur le bassin d’Algajola et la marina de San Ambroggio. La route continue en direction de Calvi avec des plages dorées qui dorment au fond de petites criques.
Entre plage et forteresse : Parmi les nombreux bastions qui ont été pris d’assaut par la légion étrangère française (Bastia, Corte et Bonifacio), Calvi, capitale de la Balagne, offre un condensé de la Corse estivale typique avec, au pied la citadelle, un port où se croisent les bateaux de plaisance et les chalutiers. C’est aussi l’une des plus grandes plages de la côte ouest après, peut-être, celle de Porticcio. Le long des quais, les restaurants de poissons s’alignent avec un étalement de terrasses ombragées. Citadelle de Calvi En attaquant la longue pente qui mène du port à son entrée principale, on pénètre dans l’enceinte fortifiée pour se perdre dans le dédale des ruelles piétonnières pavées. La citadelle est sans conteste le clou de la visite de Calvi et, en particulier, la place Christophe Colomb où vécut Emmanuel Frémiet, auteur de La renommée, l’ancien palais génois et l’église Saint-Jean Baptiste, où, avec un peu de chance, on peut assister à un concert de musique polyphonique corse, ceci sans oublier, bien sûr, un regard plongeant sur le port.
Piana en apothéose : Le fin du fin d’un tel périple est de poursuivre cette route côtière qui offre encore des petites plages entourées de montagnes, comme celle d’Argentella ou, mieux, celle de Galeria réputée pour ses centres de plongée sous-marine ou encore le charmant port de pêche de Girolata avec ses maisons de pierre rouge. Mais, pour terminer ce parcours en beauté, rien ne vaut les Calanches de Piana. Calanques Piana Imposantes falaises de pierre rouge, elles plongent dans les eaux du golfe de Porto. C’est l’un des plus magnifiques paysages qui est offert au visiteur de l’Ile de Beauté. Nostalgiques, elles montrent leurs plus beaux atours à la fin du jour, lorsque le soleil se glisse dans les fissures de ses roches, burinées depuis la nuit des temps par le vent et la pluie. La mer dans laquelle elles trempent n’en est que plus belle et magique, et on se demande si un tel spectacle, somme toute assez proche, ne vaudrait pas ceux offerts par les canyons du Colorado.

Texte Erika Bodmer
Photos Gérard Blanc et Isabelle Blanc

Informations pratiques

Y aller

Cet été, l’aéroport de Genève est gâté en liaisons aériennes à destination de la Corse: Ajaccio six fois par semaine avec easyJet et deux fois par semaine avec Swiss; Bastia cinq fois par semaine avec easyJet; Calvi deux fois par semaine avec Swiss; Figari deux fois par semaine avec easyJet.

Agence spécialisée

Frantour-Railtour sur le site www.frantour.ch , en appelant le n° +41 58 455 45 55 ou dans les agences de voyages.

Hôtels

Le Pietracap à Pietra, nord de Bastia, au pied du Cap Corse, hôtel de charme idéal pour le départ d’un circuit du Cap Corse. Hôtel de l’Abbaye à Calvi, à deux pas du port et de la citadelle, style rétro-Art nouveau. Hôtel Suite Home à Porticcio, idéal pour les familles, face aux îles sanguinaires (superbes au coucher du soleil), cinq minutes à pied de la plage et de ses restaurants. Ces hôtels sont au programme de Frantour.

Restaurants

Bar-restaurant de la Tour à Nonza (excellent pour un encas de chacuterie et de fromage) ; Café de la Paix à Belgodere (cuisine rurale avec ambiance de jeux de cartes à la Pagnol) ; La Cabane du Pêcheur à Galeria (brunch copieux ou produits de la mer pêchés par le patron) ; Hôtel des Roches rouges aux Calanches de Piana (superbe vue panoramique depuis la salle) ; Le Bato Ivre à Calvi (grand choix de poissons et de fruits de mer).

 

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