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Belgrade: aux confluents d’influences

Si Belgrade évoquait hier encore la violence guerrière, la capitale de la Serbie se démarque  aujourd’hui par une joyeuse frénésie de vivre teintée de romantisme.

Le coeur est balkanique, mais les influences multiples. Et bat à un rythme trépidant que modère une certaine nonchalance… Pétillant cocktail slave aux saveurs occidentales et orientales, Belgrade affiche une identité complexe. Une personnalité forgée par un passé tumultueux qui l’a placée dans les girons romain, à Belgrade ©Sonya Mermoudbyzantin, autrichien et turc. Un tempérament marqué au fer rouge par les conflits qui s’y sont succédés. Bombardée durant la Première Guerre Mondiale, puis la Seconde, la capitale de l’ancienne République fédérale socialiste de Yougoslavie a, en 1999, été la cible de l’OTAN… Des frappes aériennes alors motivées par la présence des forces de Milosevic au Kosovo, qui devait en février 2008 proclamer son indépendance… Autant de pages d’une histoire mouvementée ayant contribué à façonner le visage de Belgrade comme le caractère bien trempé des Serbes. Qui, momentanément isolés de la communauté internationale, aspirent aujourd’hui à renouer avec une existence normale et à s’ouvrir au monde. «Dites aux Suisses que Belgrade est désormais une ville en paix, que les Serbes ne sont pas aussi «fous» qu’on le raconte, qu’ils ne sortent pas tous d’un film de Kusturica», lance d’un ton badin un représentant de la compagnie yougoslave d’aviation, la Jat, qui assure la liaison entre Zurich et Belgrade. Forte de 1,7 million d’habitants, l’ancienne capitale titiste mérite en effet le détour.

Touche romantique
Située aux confluents du Danube et la Save, qui lui donnent une touche toute roman- tique, la ville blanche (traduction de Beograd, en serbe) étonne par son mélange de styles, entre ses barres d’immeubles aux rigueurs communistes, ses édifices décrépis des 19e et 20e siècles aux généreuses fioritures, ses échoppes typiques ou encore ses marchés colorés… Des espaces contrastant encore avec les spacieuses rues piétonnes du cœur de la ville. Avenues bordées de boutiques chic, librairies et terrasses, où déambulent foule de promeneurs, dont de fringantes Belgradoises, habillées au dernier cri et le sourire parfois siliconé, la chirurgie esthétique connaissant un large essor. La capitale doit aussi son singulier cachet à la forteresse turque de Kalemegdan, à deux pas du centre. Belgrade depuis la SaveEntièrement rebâtie au 18e siècle sur des fondations datant du 14e siècle, l’enceinte avec ses tours, ses portes médiévales, ses églises, ses parcs, ses cafés, est aussi un lieu de flânerie très prisé, comme le quartier bohême de Skadarlija: un Montmartre miniature aux devantures joliment fleuries et aux pavés grossiers, balisé d’ateliers de peintures et de restaurants. Des enseignes figurant parmi les plus anciennes de Belgrade, qui rivalisent en inventivité pour offrir à leur clientèle le meilleur spectacle musical assorti de consistants mets du cru. Valorisant son passé, la capitale, en pleine transition économique et politique, n’en est pas moins résolument tournée vers l’avenir. En témoigne une multitude de chantiers lui donnant un petit air désordonné et laissant parfois planer le doute sur les schémas d’ensemble liés à sa frénétique croissance…

Paradis des noctambules
Flâner, socialiser, manger dehors, danser… le dynamisme de Belgrade s’exprime aussi dans le mode de vie de ses habitants, réputés pour leur convivialité et leur sens de la fête. On ne s’étonnera pas dès lors de l’extraordinaire éventail d’offres en la matière. Tout au long des berges des deux fleuves se succèdent restaurants, bars et discothèques. Version péniche ou en dur. Et pour tout public. Que l’on préfère les boîtes branchées, les clubs feutrés ou les tavernes aux ambiances traditionnelles et intimistes, à l’image du célèbre Reka, dans le quartier de Zemun. Dans ce chaleureux espace, les chants de la clientèle accompagnent souvent d’excellents orchestres du cru et la slivovitz, eau-de-vie locale, et une généreuse cuisine du terroir… Et si le besoin de se mettre au vert se fait le lendemain ressentir, les noctambules pourront toujours se ressourcer dans un des nombreux parcs de la capitale, visiter la cathédrale orthodoxe inachevée de Saint-Sava, la plus grande des Balkans, ou partir à la découverte de Novi Sad, la petite soeur de Belgrade, à une heure de route. Une ville multiethnique moins turbulente que son aînée, mais aux charmes multiples où il fait bon musarder ou se prélasser sur ses terrasses.

Texte et photos Sonya Mermoud

INFO PRATIQUE

Vols

Genève-Belgrade avec Air Serbia trois fois par semaine

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