{"id":3518,"date":"2022-04-22T14:26:07","date_gmt":"2022-04-22T13:26:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/wordpress\/?p=3518"},"modified":"2022-05-10T10:06:30","modified_gmt":"2022-05-10T09:06:30","slug":"la-guyane-un-tourisme-atypique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/la-guyane-un-tourisme-atypique\/","title":{"rendered":"La Guyane, un tourisme atypique"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=3518\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-9982\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane8.jpg-455x303.jpg\" alt=\"H\u00f4pital du bagne de l\u2019\u00efle Royale, Guyane\" width=\"455\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane8.jpg-455x303.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane8.jpg-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane8.jpg.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Vous allez peut-\u00eatre vous demander ce qu\u2019on peut bien aller faire en Guyane fran\u00e7aise. De la plage? Des vestiges anciens, des grandes m\u00e9tropoles? Eh bien non. Le tourisme en Guyane, c\u2019est tout autre chose. Ce coin de France dans la jungle\u00a0 amazonienne poss\u00e8de une saveur m\u00e9connue et \u00e9pic\u00e9e pour qui est curieux de d\u00e9couvrir un autre tourisme, plus intimiste et aux facettes multicolores.<br \/>\n<\/strong><br \/>\nApr\u00e8s avoir vu des films tels que \u00abLa mort en ce jardin\u00bb de Luis Bu\u00f1uel, \u00abMission\u00bb ou \u00abL\u2019homme de Rio\u00bb, vous pouvez imaginer le paysage que l\u2019on d\u00e9couvre en visitant la for\u00eat de la Guyane fran\u00e7aise, plus particuli\u00e8rement le long des fleuves amazoniens tels que le Maroni, l\u2019Approuague ou l\u2019Oyapock. Ces fleuves et rivi\u00e8res sillonnent, comme dans les pays voisins, tels que le Surinam ou le Br\u00e9sil, une jungle o\u00f9 des chasseurs d\u00e9busquent tapirs, agoutis, p\u00e9caris et autres esp\u00e8ces insolites qui, parfois, atterrissent dans votre assiette dans certains restaurants.<br \/>\nLa Guyane, c\u2019est aussi l\u2019extraordinaire m\u00e9tissage de sa population compos\u00e9e de Fran\u00e7ais de la m\u00e9tropole, de Cr\u00e9oles, de descendants de bagnards affranchis ayant choisi de rester sur place, de Chinois, que l\u2019on retrouve dans un peu tous les commerces, mais surtout dans les \u00e9piceries, de \u00abMarrons\u00bb, descendant d\u2019esclaves \u00e9vad\u00e9s, d\u2019Am\u00e9rindiens, de Br\u00e9siliens, clandestins pour la plupart, de Hmongs, immigr\u00e9s venus du Triangle d\u2019or (Tha\u00eflande-Myanmar-Laos) et appr\u00e9ci\u00e9s pour leur talent de mara\u00eechers et leur aptitude \u00e0 s\u2019acclimater au climat de la Guyane pendant la p\u00e9riode des pluies, et bien d\u2019autres ethnies encore.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9990\" style=\"margin: 8px 22px 10px 0px;\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/DS060111132145-455x515.jpg\" alt=\"Eglise, Guyane\" width=\"225\" height=\"255\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/DS060111132145-455x515.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/DS060111132145.jpg 904w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/>La Guyane, c\u2019est enfin l\u2019intimit\u00e9 des petits villages, chacun avec son \u00e9glise, comme, par exemple, celle d\u2019Iracoubo, d\u00e9cor\u00e9e par un bagnard, \u00e0 la sortie de laquelle, apr\u00e8s la messe ou le culte, on va boire une bi\u00e8re chez le \u00abChinois\u00bb, dont l\u2019\u00e9picerie, faute de bistrot, sert de rendez-vous social.<br \/>\nMais, en Guyane plus qu\u2019ailleurs, le point de mire est l\u2019\u00e9cotourisme qui prend toute sa valeur gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9quipe de guides patent\u00e9s et passionn\u00e9s qui, cerise sur le g\u00e2teau, vous emm\u00e8neront une nuit assister discr\u00e8tement \u00e0 la ponte des tortues luth sur la plage ou, au petit matin, \u00e0 l\u2019\u00e9closion des oeufs. Non, la Guyane fran\u00e7aise n\u2019est plus un enfer. Les bagnes sont abolis depuis belle lurette et ne servent plus qu\u2019\u00e0 \u00e9voquer une triste histoire r\u00e9volue.<br \/>\n<strong><br \/>\nLe grand corridor vert<\/strong><br \/>\nLa nature guyanaise servirait assez bien des st\u00e9r\u00e9otypes, mais point tels que de vous faire manger par un ca\u00efman ou \u00e9touffer par un anaconda. Si les animaux sauvages n\u2019ont pas encore disparus (bien des esp\u00e8ces sont maintenant prot\u00e9g\u00e9es), ils auraient plut\u00f4t tendance \u00e0 fuir d\u00e8s votre arriv\u00e9e, surtout lorsque vrombit le moteur hors-bord de la pirogue qui vous fait remonter le fleuve jusqu\u2019\u00e0 votre premi\u00e8re \u00e9tape. Pour les approcher, une seule m\u00e9thode possible: s\u2019en remettre \u00e0 un sp\u00e9cialiste de l\u2019observation animale et v\u00e9g\u00e9tale et suivre ses instructions \u00e0 la lettre.<\/p>\n<blockquote><p><strong>La capitale:<\/strong> C\u2019est \u00e0 Poncet de Br\u00e9tigny que l\u2019on doit les premi\u00e8res pierres de Cayenne en 1643.<br \/>\nA d\u00e9faut de pouvoir vraiment en tirer des richesses agricoles en raison de la rudesse du climat, la Guyane fut finalement choisie pour y organiser la d\u00e9portation politique de 1794 \u00e0 1805 en relation avec la R\u00e9volution fran\u00e7aise de 1789. Elle connut ensuite la p\u00e9riode de la ru\u00e9e vers l\u2019or et, enfin, le bagne des prisonniers politiques et de droit commun. Toute d\u00e9couverte de Cayenne commence \u00e0 la place des Palmiers, plant\u00e9e d\u2019arbres g\u00e9ants venant des bords du fleuve Approuague. Th\u00e9\u00e2tre habituel des grandes manifestations telles que le 14 juillet, cette place est domin\u00e9e par un vieil h\u00f4pital qui, m\u00eame un peu d\u00e9labr\u00e9, a conserv\u00e9 tout son aspect colonial.<br \/>\nL\u2019avenue du G\u00e9n\u00e9ral-de-Gaulle donne une bonne id\u00e9e de ce que pouvait \u00eatre Cayenne au temps des colonies, avec plusieurs maisons anciennes sur le mod\u00e8le de celles qu\u2019on trouve dans les centres des villes de Saint-Laurent-du-Maroni ou de Kourou, parfois coinc\u00e9es entre des boutiques et des grands magasins. Ici et l\u00e0, des places pittoresques et ombrag\u00e9es font leur apparition comme la place des Amandiers face \u00e0 la mer, prolong\u00e9e par la pointe Buzar\u00e9 d\u2019o\u00f9 on b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une vue sur des palmiers et une plage de sable, image insolite quand on sait que les Guyanais ne se baignent en g\u00e9n\u00e9ral pas dans la mer, l\u2019eau \u00e9tant boueuse. Sur les hauteurs, le fort C\u00e9r\u00e9pau domine la baie de Cayenne. Son site fut jadis habit\u00e9 par les Am\u00e9ridiens, puis par les colons fran\u00e7ais. Enfin, les march\u00e9s de Cayenne (aux fruits et aux poissons) repr\u00e9sentent un \u00e9v\u00e9nement essentiel pour les habitants et sont hauts en couleurs.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019un des meilleurs exemples de cette aventure douce est au rendez-vous au fil de l\u2019Approuague, un fleuve de 270 km de long, o\u00f9 les touristes ne se bousculent pas encore. La remont\u00e9e du fleuve peut prendre deux heures de navigation depuis le village de Regina, au coeur de l\u2019infiniment vert.<br \/>\nAu premier plan s\u2019\u00e9l\u00e8vent deux immenses parois de v\u00e9g\u00e9tation luxuriante et haute d\u2019une vingtaine de m\u00e8tres. A grandes embard\u00e9es de moteur hors-bord, la pirogue se faufile entre les \u00e9cueils rocheux jusqu\u2019\u00e0 racler le fond lorsque le niveau de l\u2019eau est bas.<\/p>\n<p>Parfois, le piroguier coupe le moteur et laisse l\u2019embarcation filer en silence, un moment b\u00e9ni que les passagers respectent avec recueillement. Chacun est aux aguets du cri triomphal d\u2019un perroquet vert qui se perche au sommet d\u2019un arbre, d\u2019un singe qui observe son monde et dispara\u00eet en glissant sur les branches ou du plongeon d\u2019un quelconque rongeur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-9992 alignnone\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane10-455x504.jpg\" alt=\"Grenouille jaune et noire\" width=\"198\" height=\"219\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane10-455x504.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane10.jpg 745w\" sizes=\"auto, (max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/p>\n<p>Le but est avant tout de communier avec la nature gr\u00e2ce aux commentaires du guide qui, noblesse oblige, conna\u00eet la jungle comme sa poche et, en pirogue comme sur terre, est apte \u00e0 commenter les moeurs des insectes aussi bien que celles des plantes ou des animaux sauvages et, pardessus tout, vous expliquer la biodiversit\u00e9 et l\u2019importance de chacun des composants de la nature. Il peut, enfin aussi, vous mettre en garde contre certains animaux ou plantes que, par ignorance, vous jugerez inoffensif alors que le simple fait de les toucher peu vous intoxiquer, telle, par exemple, la fameuse grenouille dandrobat, dont la s\u00e9cr\u00e9tion de la peau est un vrai poison. On ne touche que du regard!<br \/>\nApr\u00e8s une navigation d\u2019un \u00absaut\u00bb (petite cascade) \u00e0 l\u2019autre, on arrive en vue d\u2019un campement \u00e0 la Robinson Cruso\u00eb.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9999\" style=\"margin: 10px 22px 0px 0px;\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane9.jpg-455x594.jpg\" alt=\"Orpailleur, Guyane\" width=\"225\" height=\"294\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane9.jpg-455x594.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane9.jpg.jpg 784w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/> L\u2019embarcad\u00e8re improvis\u00e9 est reli\u00e9 \u00e0 une clairi\u00e8re o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli un campement de carbets (cabanes en bois surmont\u00e9 d\u2019un toit conique en chaume) dans lesquels le sommeil est pr\u00e9vu en hamac. Ces campements sont souvent tenus par d\u2019authentiques aventuriers qui s\u2019entourent occasionnellement d\u2019orpailleurs amateurs d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 continuer de tenter leur chance.<br \/>\nDe telles exp\u00e9ditions de quatre jours comprennent en g\u00e9n\u00e9ral des baignades dans de petites criques sauvages, la rel\u00e8ve des filets tendus en travers du courant et de longues randonn\u00e9es p\u00e9destres dans les sous-bois pouvant parfois durer jusqu\u2019\u00e0 cinq heures \u00e0 travers for\u00eats et mar\u00e9cages menant, par exemple, aux sauts du Grand Machicou ou du Grand Canori, le plus grand rapide de Guyane, et sa cascade haute de 19 m\u00e8tres.<br \/>\nDes images inoubliables, comme celle, enfin, d\u2019un bivouac au coin du feu avec un verre de \u00abti-punch\u00bb \u00e0 la main. De quoi perdre la notion du temps de la vie tr\u00e9pidante.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les rocs du bagne<\/strong><\/p>\n<p>Enfer ou paradis? C\u2019est la question qu\u2019on se pose apr\u00e8s avoir visit\u00e9 les \u00eeles du Salut en Guyane fran\u00e7aise. C\u2019est en paradis terrestre que se sont m\u00e9tamorphos\u00e9es ces \u00eeles inhabit\u00e9es depuis le rapatriement des derniers bagnards en 1954. Une v\u00e9g\u00e9tation tropicale s\u2019y est abondamment d\u00e9velopp\u00e9e. Cela donne aux trois \u00eeles du Salut l\u2019apparence de jardins botaniques avec cocotiers, hibiscus et bougainvilliers. Mais ces lieux deviennent un enfer\u00a0 quand on imagine la vie qui y r\u00e9gnait entre 1852 et 1954. Il n\u2019y avait alors de v\u00e9g\u00e9tation que dans les jardins du personnel d\u2019encadrement, les prisonniers \u00e9tant expos\u00e9s aux ardeurs du soleil et aux pluies diluviennes. La chaleur y \u00e9tait suffocante.<br \/>\nAujourd\u2019hui, des animaux (aras, agoutis et singes capucins) s\u2019\u00e9battent entre les ruines des b\u00e2timents carc\u00e9raux en cours de restauration pour rem\u00e9morer l\u2019une des pires institutions du r\u00e9gime carc\u00e9ral fran\u00e7ais.<br \/>\nCertes, tous les d\u00e9tenus qui s\u00e9journ\u00e8rent dans les bagnes de Guyane et, en particulier des \u00eeles du Salut, n\u2019\u00e9taient pas des saints.<br \/>\nMais elles h\u00e9bergeaient aussi des prisonniers c\u00e9l\u00e8bres, tels que Dreyfuss ou S\u00e9znec, dont la culpabilit\u00e9 ne fut pas \u00e9tablie. En visitant l\u2019\u00eele Royale et son mus\u00e9e du bagne on frissonne en imaginant les traitements inhumains que subissaient des hommes dont la culpabilit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas toujours prouv\u00e9e. On a froid dans le dos quand on visite les cellules sans fen\u00eatre, o\u00f9 les d\u00e9tenus punis avaient les pieds aux fers et ne pouvaient que dormir sur le dos ou s\u2019asseoir sur leur lit dans une obscurit\u00e9 totale pendant six mois ou plus. Parmi les autres b\u00e2timents rappelant l\u2019\u00e8re du bagne, il faut citer l\u2019\u00e9glise, dont les murs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9s par un bagnard dou\u00e9 aussi bien pour les fresques religieuses que pour fabriquer des faux dollars. Enfin, on pourra bient\u00f4t visiter l\u2019h\u00f4pital r\u00e9serv\u00e9 aux civils, un b\u00e2timent imposant dont la restauration sera achev\u00e9e sous peu.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-10001\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane1-455x304.jpg\" alt=\"Guyane\" width=\"455\" height=\"304\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane1-455x304.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane1-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane1.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/p>\n<p><strong>Promenade<\/strong><br \/>\nOutre sa for\u00eat tropicale et ses iguanes verts, le sentier c\u00f4tier de l\u2019\u00eele Royale permet de d\u00e9couvrir des b\u00e2timents dignes d\u2019int\u00e9r\u00eats, comme la tour du haut de laquelle on surveillait les \u00e9ventuels \u00e9vadeurs de Dreyfuss.<br \/>\nJuste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 se trouve l\u2019ancrage transbordeur, d\u2019o\u00f9 un cable reliait l\u2019\u00eele du Diable. On v\u00e9hiculait par ce moyen une cabine dans laquelle \u00e9taient transport\u00e9s des prisonniers soumis \u00e0 la punition de \u00abforteresse\u00bb, ainsi que des vivres pour nourrir les bagnards et leurs ge\u00f4liers. Des frissons viennent enfin en visitant la boucherie, o\u00f9 les abats de viande \u00e9taient jet\u00e9s \u00e0 la mer, non sans avoir sonn\u00e9 la cloche pour avertir les requins qu\u2019un festin allait \u00eatre servi, histoire de d\u00e9courager les \u00e9ventuels fugitifs \u00e0 la nage.<\/p>\n<p><strong>Les autres \u00eelots<\/strong><br \/>\nLes trois \u00eelots s\u2019appelaient jadis les \u00eeles du Diable, nom donn\u00e9 par les navigateurs \u00e0 voile, qui, en raison des forts courants, ne parvenaient pas \u00e0 les approcher. Ensuite, les premiers colons qui vinrent s\u2019y installer les baptis\u00e8rent \u00eeles du Salut, parce que b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un climat plus salubre que celui du continent et sans ca\u00efmans ni serpent. Si l\u2019\u00eele Saint-Joseph est aujourd\u2019hui occup\u00e9e par la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re, celle du Diable ne re\u00e7oit gu\u00e8re de visites. Depuis l\u2019\u00eele Royale, on aper\u00e7oit une autre maison sp\u00e9cialement construite pour Dreyfuss lorsqu\u2019il fut mis \u00e0 l\u2019isolement.<br \/>\nUne autre d\u00e9couverte \u00e9mouvante est celle du \u00abcentre de tri\u00bb des bagnards \u00e0 Saint-Laurent-du-Maroni.<\/p>\n<p><span style=\"color: #888888;\"><strong><em>En route pour l\u2019infini<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><em><span style=\"color: #888888;\">Si certaines personnes ne peuvent gu\u00e8re situer avec pr\u00e9cision la Guyane fran\u00e7aise et Cayenne sur une carte g\u00e9ographique, plus nombreux, par contre, sont celles qui ont entendu parler du Centre spatial guyanais de Kourou. C\u2019est l\u2019attraction premi\u00e8re des <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-9985 alignleft\" style=\"margin: 12px 15px 5px 0px;\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane7-455x682.jpg\" alt=\"Fusee Ariane, Base spatiale de Kourou, Guyane\" width=\"164\" height=\"245\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane7-455x682.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/JEP5Guyane7.jpg 683w\" sizes=\"auto, (max-width: 164px) 100vw, 164px\" \/>visiteurs qui transitent par Cayenne, un peu comme le visiteur d\u2019Orlando (Floride) qui ne manque pas le d\u00e9tour par le Cap Canaveral. A environ 60km de Cayenne, le centre est sp\u00e9cialis\u00e9 dans le lancement de satellites \u00e0 missions commerciales et scientifiques. Des foules de curieux s\u2019int\u00e9ressent chaque jour davantage aux centres op\u00e9rationnels, aux rampes et aux tables de lancement g\u00e9antes et aux nombreuses autres installations techniques comme, par exemple, le spectaculaire syst\u00e8me de refroidissement par arrosage, reli\u00e9 \u00e0 un ch\u00e2teau d\u2019eau. L\u2019id\u00e9al, bien entendu, serait de pouvoir assister au lancement d\u2019une fus\u00e9e, mais, au m\u00eame titre que l\u2019\u00e9ruption d\u2019un volcan, il ne peut pas toujours \u00eatre pr\u00e9vu avec pr\u00e9cision et doit \u00eatre parfois repouss\u00e9 de plusieurs mois pour des imp\u00e9ratifs techniques ou m\u00e9t\u00e9orologiques. Mais que le visiteur ne se d\u00e9courage pas, les chances sont nombreuses, les lancements pouvant d\u00e9passer la dizaine par ann\u00e9e. Pour compl\u00e9ter la visite du site, un mus\u00e9e de l\u2019espace a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u hors de l\u2019enceinte du centre spatial \u00e0 proprement parler.<\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>G\u00e9rard et Erika Blanc<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<h3><span style=\"color: #ff0000;\">Infos pratiques<\/span><\/h3>\n<h5><strong><span style=\"color: #ff0000;\">Formalit\u00e9s<\/span><\/strong><\/h5>\n<p>Passeport valable.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<h5><strong><span style=\"color: #ff0000;\">Sant\u00e9<\/span><\/strong><\/h5>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #000000;\">Cr\u00e8me solaire, produit antimoustiques, vaccin contre la fi\u00e8vre jaune.<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<h5><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Se renseigner<\/strong><\/span><\/h5>\n<p>Office f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<iframe src=\"https:\/\/www.google.com\/maps\/embed?pb=!1m18!1m12!1m3!1d2552756.177992834!2d-54.65515940174439!3d3.9796385268655374!2m3!1f0!2f0!3f0!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!3m3!1m2!1s0x8d12155785f7d753%3A0xde27f7e90f0af446!2sGuyane%20fran%C3%A7aise!5e0!3m2!1sfr!2sfr!4v1652175100473!5m2!1sfr!2sfr\" width=\"455\" height=\"300\" style=\"border:0;\" allowfullscreen=\"\" loading=\"lazy\" referrerpolicy=\"no-referrer-when-downgrade\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OK<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[26,28,58,66,40],"tags":[3254,3264,3250,3269,3262,3266,3261,3267,3274,3263,9640,2332,3270,3272,3271,3256,3273,3249,3251,3252,3255,3258,3259,3265,3260,3268,3253,3257],"class_list":["post-3518","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-amerique-du-sud","category-caraibes","category-france-europe","category-guyane-francaise","category-je-pars-tres-loin","tag-agoutis","tag-amerindiens","tag-apporouague","tag-bagne","tag-buzare","tag-carbets","tag-cayenne","tag-dreyfuss","tag-esa","tag-fort-ceerepau","tag-guyane","tag-hmongs","tag-ile-du-diable","tag-ile-royale","tag-iles-du-salut","tag-iracoubo","tag-kourou","tag-maroni","tag-marrons","tag-oyapock","tag-pecaris","tag-pirogue","tag-poncet-de-bretigny","tag-regina","tag-saint-laurent-du-maroni","tag-seznec","tag-tapirs","tag-tortues-luth"],"wps_subtitle":"JE PARS TR\u00c8S LOIN","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3518","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3518"}],"version-history":[{"count":37,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3518\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19622,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3518\/revisions\/19622"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3518"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3518"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3518"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}