{"id":22150,"date":"2026-05-04T21:09:52","date_gmt":"2026-05-04T20:09:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=22150"},"modified":"2026-05-04T22:14:49","modified_gmt":"2026-05-04T21:14:49","slug":"lascaux-au-perigord-noir-centre-de-la-prehistoire-de-la-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/lascaux-au-perigord-noir-centre-de-la-prehistoire-de-la-france\/","title":{"rendered":"Lascaux et le P\u00e9rigord noir, centre de la pr\u00e9histoire de la France"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil, fief de l\u2019Homo sapiens class\u00e9 patrimoine de l&#8217;UNESCO.<\/strong><br \/>\nLe P\u00e9rigord noir, et plus particuli\u00e8rement la vall\u00e9e de la V\u00e9z\u00e8re, abrite 147 sites pr\u00e9historiques, dont 25 grottes et gouffres d\u00e9cor\u00e9s de peintures et gravures pari\u00e9tales illustrant des animaux, tels des bisons, des aurochs, des bouquetins, des chevaux et des rennes ayant v\u00e9cu \u00e0 l\u2019\u00e8re de W\u00fcrm sous une temp\u00e9rature pouvant descendre jusqu\u2019\u00e0 moins 40\u00b0 Celsius.<\/p>\n<p>Deux sites remportent les suffrages des curieux de la pr\u00e9histoire que sont Lascaux et la grotte du Grand Roc. Voici un retour dans le pass\u00e9 de &nbsp;quelques 7000 g\u00e9n\u00e9rations ancestrales de l\u2019Homo sapiens.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9gion fut habit\u00e9e par l\u2019homme de Cro-Magnon nomm\u00e9 ainsi parce que ses ossements furent d\u00e9couverts dans un Cro (champ en occitan) appartenant \u00e0 un Monsieur Magnon. Ils et elles \u00e9taient entre 3&#8217;000 et 5&#8217;000 individus dans le P\u00e9rigord et trois millions dans le monde. On les a pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 tort comme \u00e9tant petits, poilus et un peu demeur\u00e9s. Ils \u00e9taient au contraire comme vous et moi, mesurant jusqu\u2019\u00e0 deux m\u00e8tres de haut, athl\u00e9tiques et intelligents. Ils venaient de l\u2019Afrique il y a environ 45&#8217;000 ans. Leur peau \u00e9tait noire, laquelle s\u2019est d\u00e9pigment\u00e9e au fil du temps. Ils choisissaient d\u2019habiter dans des cavernes orient\u00e9es vers le sud avec du soleil toute la journ\u00e9e. Le calcaire de la grotte emmagasinait la chaleur le jour pour la r\u00e9troc\u00e9der une bonne partie de la nuit, tel un radiateur naturel. Les Homo Sapiens utilisaient des panneaux de bois et des tentures en peaux de b\u00eate pour compl\u00e9ter leur confort. S\u2019il faisait moins vingt degr\u00e9s dehors, il en faisait 15 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-22222\" style=\"margin: 10px 0px 10px 0px;\" src=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0995-455x303.jpg\" alt=\"\" width=\"455\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0995-455x303.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0995-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0995-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0995.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/p>\n<p><strong>Grotte du Grand Roc<\/strong><br \/>\nEn longeant la vall\u00e9e de la V\u00e9z\u00e8re \u00e0 2 km de la commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, le regard se fixe automatiquement sur ce bijou g\u00e9ologique qu\u2019est cette pittoresque falaise bomb\u00e9e. Une halte s\u2019impose alors pour remonter environ 40&#8217;000 ans en arri\u00e8re et apprendre ce qu\u2019\u00e9tait la vie de notre lointain anc\u00eatre. Nous voil\u00e0 en pr\u00e9sence de cavernes qui se sont form\u00e9es au fil du temps sous l\u2019effet du gel faisant \u00e9clater la pierre.<br \/>\nQue trouve-t-on dans ces cavernes ? Une gigantesque grotte d\u00e9couverte en 1924 par un nomm\u00e9 Jean Maury, avec des stalactites et des stalagmites de toute beaut\u00e9, mais &nbsp;aussi un v\u00e9ritable filon de calcite, ce min\u00e9ral compos\u00e9 de carbonate de calcium avec des traces de certains m\u00e9taux de transition, qui fut utilis\u00e9 pour fabriquer des bijoux, non seulement aux temps pr\u00e9historiques, mais aujourd\u2019hui encore. A quelques m\u00e8tres de l\u00e0, il est passionnant de d\u00e9couvrir deux abris sous roche, dans lesquels vivaient les Homos &nbsp;sapiens. On y apprend qu\u2019ils &nbsp;savaient appr\u00e9cier le confort en faisant, par exemple chauffer des pierres sur de la braise, et de les tremper ensuite dans une baignoire naturelle pour prendre un bain chaud.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-22223\" style=\"margin: 10px 15px 0px 0px;\" src=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0999-455x682.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0999-455x682.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/MG_0999.jpg 683w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/>Ce qui vaut aussi le d\u00e9placement, est cette image de maisons r\u00e9sidentielles actuelles construites en troglodyte, avec une partie vers l\u2019ext\u00e9rieur et une partie dans la roche.<\/p>\n<p><strong>Lascaux IV<\/strong><br \/>\nAu m\u00eame titre que la Grotte du Grand Roc, celle de Lascaux \u00e9tait habit\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e8re glaciaire avec un sol&nbsp; gel\u00e9 en permanence. Aucun arbre ne pouvait y pousser, comme sur la toundra, sauf quelques buissons. On y trouvait beaucoup d\u2019animaux en troupeaux comme des rennes, des chevaux, des lions des cavernes et des aurochs.<br \/>\nSelon une version la plus probable, un nomm\u00e9 Michel Ravidat et son chien Robo poursuivaient un lapin, lequel vint se r\u00e9fugier dans une grotte par un trou d\u2019environ 20 cm de diam\u00e8tre. Le chasseur&nbsp; jeta des pierres par ce trou pour faire sortir le lapin et constata que la grotte communiquait avec une grande cavit\u00e9 que Michel Ravidat interpr\u00e9ta comme \u00e9tant un ancien passage sous-terrain communiquant avec le ch\u00e2teau de Lascaux voisin. Il revint deux jours plus tard pour \u00e9largir le trou&nbsp; avec du mat\u00e9riel de fortune, puis revint \u00e0 nouveaux sur les lieux avec du renfort. Quatre jeunes gens p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent dans la grotte et d\u00e9couvrirent les premi\u00e8res peintures. Les explorateurs en herbe avertirent leur instituteur, L\u00e9on Laval, qui, croyant d\u2019abord \u00e0 une blague, n\u2019en tint pas compte jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on lui montre un dessin. Il prit alors la chose au s\u00e9rieux. On fit appel \u00e0 un pr\u00e9historien, l\u2019abb\u00e9 Breuil, qui fut le premier sp\u00e9cialiste \u00e0 visiter la grotte en 1940. D\u2019autres prendront la suite. Une porte sera construite&nbsp; ainsi que des escaliers, et le site sera officiellement ouvert au public en 1948. Pendant les 15 premi\u00e8res ann\u00e9es, un million de visiteurs visit\u00e8rent Lascaux. Ce fut une catastrophe pour la grotte qui, sous l\u2019effet des respirations avait dangereusement augment\u00e9 le taux de co2 et d\u2019humidit\u00e9. Par voie de cons\u00e9quence, la \u00ab maladie verte \u00bb (mousses et algues microscopiques) et \u00ab la maladie blanche \u00bb (un voile de calcite) apparurent au point d\u2019alarmer Andr\u00e9&nbsp; Malraux, alors Ministre des affaires culturelles en 1963, lequel ordonna de fermer Lascaux au grand public.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-22225\" style=\"margin: 0px 0px 10px 0px;\" src=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1053-455x303.jpg\" alt=\"\" width=\"455\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1053-455x303.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1053-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1053-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1053.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><br \/>\nVingt ans plus tard, l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des peintures de Lascaux furent reproduites dans une grotte voisine, purs fac-simil\u00e9s des peintures originales sous l\u2019appellation de Lascaux II. Puis, en 2012, sous le nom de Lascaux III, une exposition itin\u00e9rante fit le tour du monde et en 2016, Lascaux IV fut ouvert et baptis\u00e9 \u00ab Centre international de l\u2019art pari\u00e9tal \u00bb (et non pas rupestre) pr\u00e9sentant lui, aussi, l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des \u0153uvres, rigoureusement fid\u00e8les \u00e0 celles de la grotte d\u2019origine, avec le respect de la distribution des salles : salle des taureaux, diverticule axial, passage, puits, abside et nef. En janvier 2016, l&#8217;Atelier des fac-simil\u00e9s du P\u00e9rigord, soit une \u00e9quipe de trente-six personnes (peintres, plasticiens, restaurateurs d&#8217;art, d\u00e9corateurs, sculpteurs, r\u00e9sineurs, serruriers, infographistes, etc.) entreprit un travail de reproduction qui dura deux ans et demi sur une surface de 900 m2. Le r\u00e9sultat est, aujourd\u2019hui, un gigantesque bestiaire comptant environ 600 repr\u00e9sentations. Le sujet dominant est le cheval, suivi, \u00e0 \u00e9galit\u00e9, par les cerfs et les aurochs et, enfin, les bouquetins et les bisons. Quelques rares ours et f\u00e9lins compl\u00e8tent le tableau.<br \/>\nC\u2019est une v\u00e9ritable splendeur et Lascaux n\u2019usurpe nullement le titre de \u00ab&nbsp;Chapelle Sixtine de la pr\u00e9histoire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Texte et photos <strong>\u00a9 G\u00e9rard Blanc<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><span style=\"color: #ff0000;\">Renseignements<\/span><\/h5>\n<p>www.lascaux-dordogne.com<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-22226\" style=\"margin: 0px 0px 10px 0px;\" src=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1056-455x303.jpg\" alt=\"\" width=\"455\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1056-455x303.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1056-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1056-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_1056.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" style=\"border: 0;\" src=\"https:\/\/www.google.com\/maps\/embed?pb=!1m18!1m12!1m3!1d368471.9311687479!2d0.7363946783066693!3d44.920277173193426!2m3!1f0!2f0!3f0!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!3m3!1m2!1s0x12ab4c345cbd0937%3A0x28fe9e5b739755dd!2sLes%20Eyzies-de-Tayac-Sireuil%2C%2024620%20Les%20Eyzies!5e0!3m2!1sfr!2sfr!4v1777925295160!5m2!1sfr!2sfr\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" width=\"455\" height=\"300\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ok<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":22224,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[7,58,12,6618],"tags":[9808,9535,9805,9804,9807,9803,9806,9802],"class_list":["post-22150","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-europe","category-france-europe","category-aladecouverte","category-patrimoine-mondial","tag-cromagnon","tag-france-europe","tag-grandroc","tag-grotte","tag-homosaoiens","tag-lascaux","tag-leseysies","tag-perigord-noi"],"wps_subtitle":"JE PARS \u00c0 LA D\u00c9COUVERTE","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22150","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22150"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22150\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22243,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22150\/revisions\/22243"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22224"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22150"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22150"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22150"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}