{"id":2037,"date":"2023-10-17T09:00:04","date_gmt":"2023-10-17T08:00:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/wordpress\/?p=2037"},"modified":"2024-01-01T10:49:38","modified_gmt":"2024-01-01T09:49:38","slug":"minas-gerais-une-mine-d%e2%80%99or-a-creuser","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/minas-gerais-une-mine-d%e2%80%99or-a-creuser\/","title":{"rendered":"Minas Gerais, une mine d\u2019or \u00e0 creuser"},"content":{"rendered":"<p><strong>Quand on parle du Br\u00e9sil, on imagine avant tout les grandes stations du littoral et on ignore de v\u00e9ritables tr\u00e9sors tels que les villes de la Route royale de l\u2019Etat de Minas Gerais, dont vous n\u2019avez peut-\u00eatre jamais entendu parler.<\/strong><\/p>\n<p>Se rendre \u00e0 Belo Horizonte offre occasion inestimable de d\u00e9couvrir cet Etat du Br\u00e9sil (grand comme la France) et ses villes coloniales, qu\u2019on dirait sorties du 17e si\u00e8cle, le long de cette Estrada Real qui partait de Diamantina jusqu\u2019aux ports de Paraty et de Rio de Janeiro. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que s\u2019install\u00e8rent les riches colons portugais venus exploiter les richesses de la r\u00e9gion. Ajoutons \u00e0 cela l\u2019apostolat de la confr\u00e9rie franciscaine d\u2019\u00e9vang\u00e9liser les populations locales et la pi\u00e9t\u00e9 parfois obsessionnelle des familles de colons, et nous avons un environnement architectural baroque o\u00f9 se trouvent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te des maisons de ma\u00eetres et des \u00e9difices religieux.<\/p>\n<p><strong>La ville riche<\/strong><br \/>\nPlus encore que d\u2019autres villes coloniales du Minas Gerais, Ouro Preto (l\u2019or noir), l\u2019ancienne capitale, est \u00e0 contempler d\u2019abord d\u2019en haut. Enfonc\u00e9e dans un cirque de montagnes, elle se distingue par ses collines, chacune surmont\u00e9e de son \u00e9glise franciscaine.<br \/>\nElle se distingue par ses rues pav\u00e9es en pente, sa place centrale avec sa grande fontaine o\u00f9 des grappes de jeunes se r\u00e9unissent les jours de cong\u00e9 et o\u00f9, la nuit tombante, un petit orchestre improvis\u00e9 entra\u00eene des hommes, mais surtout de tr\u00e8s jeunes gar\u00e7ons d\u2019une incroyable agilit\u00e9, \u00e0 exhiber leur talents dans des \u00abcapoeiras\u00bb acrobatiques simulant la bagarre, une danse originaire de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les esclaves n\u2019avaient pas le droit \u00e0 la rixe.<br \/>\nAu fond de la vall\u00e9e, la vieille gare est encore en activit\u00e9, et on peut y voir la locomotive \u00e0 vapeur du \u00abtrain de la vall\u00e9e\u00bb tracterses wagons datant du 19e si\u00e8cle vers la passe de Mariana avec, pour paysages, des for\u00eats, des villages et des cascades, avec force vapeur et sifflets.<br \/>\nSi Ouro Preto a aussi pour nom la \u00abville riche\u00bb, c\u2019est bien entendu pour ses mines d\u2019or que de nombreux aventuriers et colons sont venus d\u00e9couvrir et exploiter. Mais aujourd\u2019hui, la vraie richesse est dans ses multiples \u00e9glises dont les dorures proviennent du dur labeur des esclaves. Elles datent toutes du 18e si\u00e8cle, leurs sculptures \u00e9tant dues, pour la plupart, \u00e0 Aleijandinho, fils d\u2019un architecte portugais, dont la cocasserie \u00e9tait de repr\u00e9senter Saint Louis avec un look du 18e si\u00e8cle. La plus belle r\u00e9alisation est sans conteste la basilique de Saint-Fran\u00e7ois-d\u2019Assise avec ses remarquables bas-reliefs, oeuvre de son ami Manuel Da Costa Ataide.<br \/>\nUne autre \u00e9glise valant le d\u00e9tour est celle de Santa Efigenia dos Pretos, dont la particularit\u00e9 est d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 construite par Chico Rey, un Africain roi de tribu, jadis arrach\u00e9 de son pays avec sa famille pour \u00eatre livr\u00e9 \u00e0 l\u2019esclavage.<\/p>\n<p><strong>Chemin de croix<\/strong><br \/>\nCongonhas est la ville coloniale la plus remarquable apr\u00e8s Ouro Preto. Hormis ses rues pav\u00e9es, cette ville d\u00e9tient l\u2019un des plus grands tr\u00e9sors d\u2019art religieux de l\u2019Am\u00e9rique latine: le sanctuaire Bom Jesus do Matozinhos. Le long d\u2019une esplanade pav\u00e9e menant \u00e0 une superbe basilique datant de 1790, sept chapelles s\u2019alignent de chaque c\u00f4t\u00e9 avec une particularit\u00e9 surprenante. A l\u2019int\u00e9rieur de chacune d\u2019entre elles est expos\u00e9e une sc\u00e8ne illustrant l\u2019une des \u00e9tapes du chemin de croix du Christ.<br \/>\nC\u2019est un v\u00e9ritable chef-d\u2019oeuvre d\u00fb, lui aussi, au sculpteur Aleijandinho. Les personnages de ces sc\u00e8nes sont criants de v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\nAu bas de cette esplanade en pente douce, d\u2019o\u00f9 on b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une vue panoramique sur la vieille ville. Il faut jeter un coup d\u2019oeil \u00e0 l\u2019ancien h\u00f4pital de Romaria, qui a \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 la d\u00e9molition pour \u00eatre transform\u00e9 en h\u00f4tel.<br \/>\n<strong><br \/>\nLa ville coup de coeur<\/strong><br \/>\nBien d\u2019autres villes coloniales de la r\u00e9gion ne manquent pas de pittoresque et d\u2019originalit\u00e9, mais celle qui les d\u00e9tr\u00f4ne toutes est encore Tiradentes (du nom d\u2019un dentiste, h\u00e9ros de la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance).<br \/>\nCertes, l\u2019\u00e9l\u00e9ment incontournable est la cath\u00e9drale Saint-Antoine (une fois encore l\u2019oeuvre d\u2019Aleijadinho) et les nombreux autels des autres \u00e9glises en bois recouverts d\u2019or. Mais le coup de coeur qu\u2019on peut avoir de cette bourgade est sans conteste pour son c\u00f4t\u00e9 purement bucolique, avec les ruelles o\u00f9 on entend encore les sabots des chevaux frapper les pav\u00e9s, le petit pont sur la rivi\u00e8re, la place arboris\u00e9e, les ateliers d\u2019artisans, les figurines en bois sculpt\u00e9 (Bugigangas) repr\u00e9sentant des esclaves noires regardant par la fen\u00eatre et la fontaine baroque de Sao Jos\u00e9 et ses trois sources.<\/p>\n<p><strong>La capitale des capitales<\/strong><br \/>\nOn pourrait encore citer Mariana, la premi\u00e8re capitale de l\u2019Etat, Diamantina, d\u00e9clar\u00e9e comme capitale musicale, S\u00e3o Jo\u00e3o del Rei et son mus\u00e9e des trains \u00e0 vapeur, mais la vraie capitale actuelle si\u00e8ge \u00e0 Belo Horizonte. C\u2019est un peu la synth\u00e8se moderne de toute cette r\u00e9gion. C\u2019est dans cette cit\u00e9 \u00e0 la circulation dense que se retrouve l\u2019atmosph\u00e8re citadine typiquement br\u00e9silienne. Elle est aussi appel\u00e9e capitale des \u00abbotecos\u00bb, ces petits bars familiers o\u00f9 on d\u00e9guste des saucisses enrob\u00e9es de pain au fromage avec une bi\u00e8re ou, \u00e0 l\u2019heure de l\u2019ap\u00e9ritif, une \u00abcapirihna\u00bb (sorte de punch au rhum et au citron vert).<br \/>\nCertes, Belo Horizonte se visite particuli\u00e8rement pour les alentours du lac de Pampulha et son \u00e9glise contemporaine due \u00e0 l\u2019architecte Niemeyer, avec un clin d\u2019oeil aux azulejos portugais, et une apparente inspiration du Corbusier.<br \/>\nA 60 km de l\u00e0, il faut aller visiter le mus\u00e9e contemporain Inhotim dans un parc arbo-rescent dans lequel sont expos\u00e9es des oeuvres d\u2019artistes br\u00e9siliens (H\u00e9lio Oiticica) et \u00e9trangers, tels Pipilotti Rist, Janet Cardiff ou encore Larry Clark.<\/p>\n<p><strong>Texte et photos: G\u00e9rard Blanc<br \/>\n<\/strong><\/p>\nngg_shortcode_0_placeholder\n<p><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<h3><span style=\"color: #ff0000\"><strong>Infos pratiques<br \/>\n<\/strong><\/span><\/h3>\n<h5><span style=\"color: #ff0000\"><strong>Vols<\/strong><\/span><\/h5>\n<p>Gen\u00e8ve-Lisbonne-Belo Horizonte avec TAP Portugal.<\/p>\n<h5><span style=\"color: #ff0000\"><strong>H\u00e9bergements<\/strong><\/span><\/h5>\n<p>Les plus authentiques des h\u00e9bergements dans l\u2019Etat de Minas Gerais sont sans conteste les \u00abpousadas\u00bb,mais attention, beaucoup d\u2019\u00e9tablissements s\u2019octroient cette appellation qui n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec celle des pousadas du Portugal. Malgr\u00e9 tout, on trouve de superbes \u00e9tablissements historiques, comme la Pequena, la M\u00e3e D\u2019Agua ou le Solar da Ponte (Tiradentes), le Solar Rosario, la pousada do Mondego ou la Pousada de Arcanjo (Ouro Preto), le Beco do Bispo (S\u00e3o Jo\u00e3o del Rei).<\/p>\n<h5><span style=\"color: #ff0000\"><strong>Restaurants<\/strong><\/span><\/h5>\n<p>La plupart des pousadas offrent une cuisine traditionnelle et raffin\u00e9e. Sinon, il existe encore certains restaurants servant de la cuisine du terroir, comme La Casa do Ouvidor \u00e0 Ouro Preto (on y voit encore les lieux o\u00f9 les esclaves \u00e9taient encha\u00een\u00e9s) ou encore, \u00e0 Belo Horizonte m\u00eame, le Xapuri.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OK<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":20297,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[26,64,40],"tags":[9540,1108,1109,1104,1107,1110,1106],"class_list":["post-2037","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-amerique-du-sud","category-bresil","category-je-pars-tres-loin","tag-bresil","tag-congonhas","tag-diamantes","tag-minas-gerais","tag-ouro-preto","tag-tiradentes","tag-villes-coloniales-au-bresil"],"wps_subtitle":"JE PARS TR\u00c8S LOIN","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2037","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2037"}],"version-history":[{"count":28,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2037\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20372,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2037\/revisions\/20372"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2037"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2037"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2037"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}