{"id":19672,"date":"2022-08-25T16:52:28","date_gmt":"2022-08-25T15:52:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=19672"},"modified":"2022-08-30T09:23:02","modified_gmt":"2022-08-30T08:23:02","slug":"les-ulc-ces-petroliers-volants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/les-ulc-ces-petroliers-volants\/","title":{"rendered":"Les ULC ces p\u00e9troliers volants"},"content":{"rendered":"<p>Connaissez-vous les vols ULC ou \u00a0Ultra Long Courrier (Ultra Long Hawl en anglais).<\/p>\n<p>L\u2019objectif des avionneurs est de proposer aux compagnies a\u00e9riennes des appareils aptes \u00e0 couvrir la plus grande distance possible sans escale (p.ex. Londres-Sydney pour Qantas ou Singapour-New York pour Singapore Airlines). Le probl\u00e8me de ces avions est la consommation astronomique de carburant pour r\u00e9aliser ces parcours car en vol, un second r\u00e9servoir doit entrer en action pour assurer l\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est le progr\u00e8s, me diriez-vous, mais les avions qui r\u00e9alisent cette performance ont atteint le summum de la consommation de carburant comme, par exemple, l\u2019Airbus A340-500 qui, d\u00e8s son apparition, \u00e9tait derechef baptis\u00e9 le \u00abp\u00e9trolier volant\u00bb. Pour \u00eatre en mesure de voler d\u2019une traite entre deux escales tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es (p.ex. 15&#8217;000 km pour le vol Singapour-New-York), il doit disposer de deux r\u00e9servoirs gigantesques qui, de par leur simple pr\u00e9sence, augmentent consid\u00e9rablement le poids de l\u2019appareil et, par cons\u00e9quent, la consommation de carburant.\u00a0 Le A350-1000:\u00a0 L\u2019A340 a \u00e9t\u00e9 suivi de la s\u00e9rie des A350, dont le dernier mod\u00e8le, l\u2019Airbus A350-1000 transporte 125 tonnes de carburant. C\u2019est vrai, il y a du progr\u00e8s si on le compare \u00e0 l\u2019A350-900 qui lui, embarque 290 tonnes de k\u00e9ros\u00e8ne et vole \u00a0d\u2019ailleurs actuellement pour plusieurs compagnies de ligne. De son c\u00f4t\u00e9, le Boeing 777-300ER qui, au passage, consomme 132 litres \u00e0 la minute, n\u2019est pas non plus particuli\u00e8rement \u00e9conome en carburant. Le combat contre le CO2 et les gaz \u00e0 effet de serre et \u00e0 la mont\u00e9e des prix des \u00e9nergies fossiles seront-ils suffisamment persuasifs pour enrayer cette machine infernale?<\/p>\n<p>Afin de r\u00e9duire le poids de l\u2019avion, le constructeur Airbus a diminu\u00e9 la capacit\u00e9 de pr\u00e8s de 100 passagers (238 au lieu de 330, la configuration initialement pr\u00e9vue). Certes, c\u2019est une importante r\u00e9duction de poids de l\u2019appareil en passagers et en bagages, mais elle se r\u00e9percute obligatoirement sur la rentabilit\u00e9 du vol et ne r\u00e9sout pas non plus sa rentabilit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>Greenwashing\u00a0?\u00a0 Ne l\u2019oublions pas, une tonne de k\u00e9ros\u00e8ne g\u00e9n\u00e8re 3,16 tonnes de CO\u2082. Malgr\u00e9 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, Qantas a d\u00e9j\u00e0 affirm\u00e9 que ses vols ULC seraient neutres en carbone d\u00e8s le premier jour d\u2019exploitation. Lors de sa commande de A350-1000, Air France a aussi mis en avant que les vols seraient \u00ab\u00e9cologiques\u00bb, parce que utilisant un k\u00e9ros\u00e8ne \u00a0\u00abdurable\u00a0\u00bb. Nul doute que les ULC vont faire l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat qui risque de durer. Avec la flamb\u00e9e des prix du p\u00e9trole, nous sommes d\u00e9j\u00e0 au c\u0153ur du sujet. Lors des derni\u00e8res mont\u00e9es vertigineuses du prix du baril, les commandes d\u2019avions ULC ont imm\u00e9diatement perdu \u00a0leur attrait.<\/p>\n<p>Carburant durable ? : Nul n\u2019a pour l\u2019instant trouv\u00e9 la solution pour remplacer le k\u00e9ros\u00e8ne. Il y a bien l\u2019\u00e9thanol qui serait neutre en carbone, mais son proc\u00e9d\u00e9 de fabrication ne l\u2019est pas,\u00a0 car on utilise des combustibles fossiles durant tout le processus. Les tracteurs des agriculteurs roulent au di\u00e9sel, tout comme les camions qui transportent les charges d\u2019alimentation jusqu\u2019aux bioraffineries qui, elles aussi, fonctionnent parfois aux combustibles fossiles.<\/p>\n<p>La technique de production du carburant durable, sans devoir bouleverser le plan d\u2019affectation des sols, est complexe. La technique la plus r\u00e9pandue consiste \u00e0 r\u00e9colter des huiles usag\u00e9es de la restauration rapide et de les traiter \u00e0 l&#8217;hydrog\u00e8ne pour les rendre plus r\u00e9sistantes et pour qu\u2019elles puissent supporter les tr\u00e8s basses temp\u00e9ratures en haute altitude. Cette biomol\u00e9cule est m\u00e9lang\u00e9e ensuite \u00e0 du k\u00e9ros\u00e8ne pour donner un nouveau carburant, r\u00e9v\u00e8le Total Aviation, fournisseur d\u2019Air France. Le prix de cette op\u00e9ration est quatre fois plus \u00e9lev\u00e9 que le simple k\u00e9ros\u00e8ne (en attendant, bien s\u00fbr, que ce nouveau carburant soit produit \u00e0 large \u00e9chelle).<\/p>\n<p>Si la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie utilis\u00e9e pour fabriquer un combustible est sup\u00e9rieure \u00e0 celle que le combustible lui-m\u00eame fournira, le bilan \u00e9nerg\u00e9tique est donc n\u00e9gatif.\u00a0 On n\u2019a, pour l\u2019instant, pas encore trouv\u00e9 le carburant durable qui consomme peu d\u2019\u00e9nergie pour le produire.<\/p>\n<p>La formule des huiles usag\u00e9es qu\u2019Air France avance comme solution \u00e9cologique pourront-elles fournir la quantit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 une aviation qui revendique le plein essor ?<\/p>\n<p>Il faut enfin savoir que ce ne sont pas les huiles usag\u00e9es seules qui remplissent les r\u00e9servoirs, mais un m\u00e9lange qui, jusqu\u2019alors, a atteint le seuil des 16% lors d\u2019un vol Paris-Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, selon l\u2019IATA, les carburants alternatifs repr\u00e9sentent moins de 1 % de la consommation totale du secteur a\u00e9rien, un chiffre qui pourrait atteindre 2 % en 2025 et 5 % en 2030, et rares sont les a\u00e9roports qui distribuent r\u00e9guli\u00e8rement du biocarburant, car ils co\u00fbtent\u00a0 trois fois plus cher que le k\u00e9ros\u00e8ne, quoi qu\u2019en dise le PDG d\u2019Airbus qui promet des vols \u00e0 z\u00e9ro carbone en 2035.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est que le r\u00e9chauffement climatique ne peut pas attendre si longtemps.<\/p>\n<p>Et on fabrique \u00e0 tout va\u00a0: La flotte mondiale, tous constructeurs confondus, devrait atteindre approximativement 47 080 appareils en 2041, contre 25 900 en 2019, soit pas loin du double. On estime actuellement que si l\u2019expansion de l\u2019industrie a\u00e9ronautique continue \u00e0 ce rythme, la consommation de carburant atteindra environ 485 millions de tonnes en 2039. Cela \u00e9quivaut \u00e0 1\u2019530 millions de tonnes d\u2019\u00e9missions de CO2. On a le vertige\u2026<\/p>\n<p>Voyages d\u2019affaires : C\u2019est une \u00e9vidence : les vols ULC s\u2019adressent en premier lieu \u00e0 celles et ceux qui se d\u00e9placent pour leur travail (femmes et hommes d\u2019affaires, fonctionnaires internationaux, etc.). Le seul espoir serait que le d\u00e9veloppement des visioconf\u00e9rences lors de la crise Covid et les nouvelles technologies informatiques aient\u00a0 fait prendre conscience de la possibilit\u00e9 de r\u00e9duire les d\u00e9placements en avion. Les entreprises li\u00e9es \u00e0 des imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques ne s\u2019y sont pas tromp\u00e9es et c\u2019est de celles-ci que le frein aux vols ULC pourra agir. Loin ici de vouloir contester l\u2019utilit\u00e9 de l\u2019avion, mais c\u2019est son exc\u00e8s qui contribue \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9sastre climatique que nous vivons.<\/p>\n<p>Sur la bonne voie: Une \u00e9tude de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019analyses SAP Concur datant de juin 2022 confirme le changement de comportement des femmes et hommes d\u2019affaires en mati\u00e8re de voyages professionnels. Celle-ci constatait que des influences externes comme la guerre en Ukraine ou l\u2019inflation, n\u2019avaient aucune interf\u00e9rence particuli\u00e8re sur les d\u00e9placements, mais que, par contre, la d\u00e9cision qui l\u2019emportait \u00e9tait plut\u00f4t\u00a0 la r\u00e9duction de l\u2019empreinte carbone.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le que 39% des voyageurs d\u2019affaires ont l\u2019intention de privil\u00e9gier des alternatives aux voyages en avion, en voiture ou en train. Un tiers d\u2019entre eux\u00a0 veulent r\u00e9duire le nombre total de leurs voyages. La tendance est de grouper plusieurs petits voyages en un seul plus long , s\u2019ils sont proches les uns des autres sur le plan temporel et g\u00e9ographique<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G\u00e9rard Blanc<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sources: Cirium\/Le Point\/Air Journal\/Greenpeace\/About Travel<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> C\u2019est le progr\u00e8s, me diriez-vous, mais les avions qui r\u00e9alisent cette performance ont atteint le summum de la consommation de carburant comme, par exemple, l\u2019Airbus A340-500 qui, d\u00e8s son apparition, \u00e9tait derechef baptis\u00e9 le \u00abp\u00e9trolier volant\u00bb. Pour \u00eatre en mesure de voler d\u2019une traite entre deux escales tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es  (p.ex. 15&#8217;000 km pour le vol Singapour-New-York), il doit disposer de deux r\u00e9servoirs gigantesques qui, de par leur simple pr\u00e9sence, augmentent consid\u00e9rablement le poids de l\u2019appareil et, par cons\u00e9quent, la consommation de carburant.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[9031,6929,790,5680,9030,9057,7511,9036,9033],"class_list":["post-19672","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-breves","tag-a350","tag-airbus","tag-biocarburant","tag-boeing","tag-carburant","tag-greenwashing","tag-kerosene","tag-ulc","tag-ulh"],"wps_subtitle":"HUMEUR","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19672"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19672\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19673,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19672\/revisions\/19673"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19672"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}