{"id":19367,"date":"2021-12-12T20:51:24","date_gmt":"2021-12-12T19:51:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=19367"},"modified":"2021-12-12T23:11:17","modified_gmt":"2021-12-12T22:11:17","slug":"le-clos-des-sens-a-annecy-le-vieux-proximite-inventivite-bienveillance-et-ecologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/le-clos-des-sens-a-annecy-le-vieux-proximite-inventivite-bienveillance-et-ecologie\/","title":{"rendered":"Le Clos des Sens \u00e0 Annecy-le-Vieux : Proximit\u00e9, inventivit\u00e9, bienveillance et \u00e9cologie"},"content":{"rendered":"<p>Ce qui ressort de cet \u00e9tablissement triplement \u00e9toil\u00e9, perch\u00e9 sur la colline dominant Annecy, est sans d\u00e9tour ses d\u00e9terminations d\u00e9clar\u00e9es par son chef Laurent Petit, \u00a0\u00e0 savoir la libre cr\u00e9ation permanente, le recours exclusif aux produits locaux et l\u2019esprit affich\u00e9 de bienveillance envers sa brigade tant \u00e0 la cuisine qu\u2019au service.<\/p>\n<p><strong>L\u2019alpha et l\u2019omega<\/strong><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8626.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-19372\" style=\"margin: 5px 5px -15px 0px;\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8626-455x455.jpg\" alt=\"_MG_8626 \u00a9 Gerard Blanc\" width=\"210\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8626-455x455.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8626.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/a>Laurent Petit a grandi dans l\u2019ambiance des m\u00e9tiers de bouche, avec un p\u00e8re charcutier. Sa chambre \u00e9tait au-dessus du laboratoire et, du matin au soir, il entendait son p\u00e8re tailler, hacher et mettre des p\u00e2t\u00e9s en croute dans le four. \u00a0Il fut donc pr\u00e9destin\u00e9 \u00e0 un m\u00e9tier \u00e9quivalent, \u00e0 savoir un commerce dans les m\u00e9tiers de bouche. A 21 ans, Laurent Petit r\u00eavait d\u00e9j\u00e0 d\u2019avoir son propre restaurant avec une \u00e9toile Michelin. Apr\u00e8s quelques brefs \u00a0stages chez des grands cuisiniers de renom (15\u00a0 jours chez Michel Gu\u00e9rard) et 8 jours chez Roger Verg\u00e9), il s\u2019associe \u00e0 un ami pour monter un restaurant. En saison \u00e0 Serre-Chevalier, il rencontre Martine, celle qui allait devenir son \u00e9pouse. Elle avait fait ses \u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9cole h\u00f4teli\u00e8re de Bourges et tenait un restaurant de cr\u00eapes et de sp\u00e9cialit\u00e9s savoyardes. De \u00a0cette union naquirent de grandes ambitions qui men\u00e8rent au Clos des Sens. Ayant pr\u00e9alablement travaill\u00e9 \u00e0 Annecy, Martine\u00a0 parvint \u00e0 convaincre\u00a0 Laurent \u00e0 ouvrir un restaurant dans la r\u00e9gion aux meilleures conditions possibles en 1992.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9cole est finie<\/strong><br \/>\nIls reprirent l\u2019exploitation d\u2019un restaurant contigu \u00e0 une \u00e9cole, laquelle a d\u00fb fermer pour manque d\u2019\u00e9coliers. Ce fut\u00a0 alors l\u2019occasion d\u2019un \u00a0grand d\u00e9part. Avec l\u2019aide d\u2019amis architectes, le couple Petit put ainsi reconstruire l\u2019ensemble du nouveau b\u00e2timent \u00e0 leur fa\u00e7on. Aujourd\u2019hui, par exemple, la salle de banquet est \u00e0 l\u2019ancien emplacement de la cour d\u2019\u00e9cole et des chambres ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9es \u00e0 l\u2019emplacement du grenier.<\/p>\n<p><strong>Orientation culinaire<\/strong><br \/>\nLe fait d\u2019avoir mang\u00e9 de la viande, matin, midi et soir dans son enfance et l\u2019influence d\u2019une fille v\u00e9g\u00e9tarienne ont, probablement, \u00e9t\u00e9 \u00a0les premi\u00e8res motivations qui ont dirig\u00e9 Laurent Petit dans ses choix de menus dans un esprit qu\u2019il labellise \u00ab locavore \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, des produits exclusivement de la r\u00e9gion. En arrivant \u00e0 Annecy, il s\u2019est constitu\u00e9 une \u00e9quipe de fournisseurs dont il s\u2019est fait des amis, notamment parmi les p\u00eacheurs des lacs d\u2019Annecy, du Bourget et\u00a0 du L\u00e9man, ainsi que les mara\u00eechers en ville d\u2019Annecy et environs. En 2014, le grand chamboulement soci\u00e9tal en faveur de l\u2019environnement guida Laurent dans un choix de cuisine qui, rapidement, fut celui de suivre la tendance g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 manger moins, plus sainement, et, en tous cas, sans viande. Son premier d\u00e9fi fut d\u2019\u00e9tonner ses clients en leur montrant qu\u2019avec de l\u2019inventivit\u00e9,\u00a0 il \u00e9tait possible, par exemple, de sublimer les saveurs du poisson de lac et des l\u00e9gumes. Le second d\u00e9fi \u00e0 atteindre \u00a0fut aussi de prouver qu\u2019il \u00e9tait possible de ne pas avoir recours \u00e0 des produits ayant n\u00e9cessit\u00e9 des acheminements lointains. Le tout fut accompli dans une d\u00e9marche affich\u00e9e citoyenne et humaniste. Aujourd\u2019hui, Laurent Petit a jet\u00e9 aux orties tous les anciens symboles de la gastronomie ; pas de foie gras, pas de homard, pas de langoustine, pas de caviar, etc. Toutefois, le constat alarmant\u00a0 d\u2019une p\u00e9nurie grandissante dans les lacs avoisinant fait n\u00e9anmoins r\u00e9fl\u00e9chir Laurent Petit qui envisagerait, peut-\u00eatre, de\u00a0 compl\u00e9ter son menu par des poissons de rivi\u00e8re ou de \u00a0la volaille.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8645-.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-19373\" style=\"margin: 5px 0px -15px 0px;\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8645--455x478.jpg\" alt=\"_MG_8645+ \u00a9 Gerard Blanc\" width=\"455\" height=\"478\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8645--455x478.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8645--973x1024.jpg 973w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/MG_8645-.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Bas les cartes<\/strong><br \/>\nDepuis 2014, Laurent Petit a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner la carte pour un menu de saison pouvant changer chaque jour. Celle ou celui qui\u00a0 envisage de r\u00e9server une table au Clos des Sens doit s\u2019en faire une raison: pas moyen de choisir son menu \u00e0 la carte. Il\u00a0 ou elle \u00a0devra se remettre enti\u00e8rement entre les mains des cuisiniers de la brigade qui auront fait leurs pr\u00e9parations au\u00a0 gr\u00e8s de la p\u00eache du jour, des r\u00e9coltes du jardin ou de celle des mara\u00eechers. \u00ab On vient chez moi comme quand on va au concert o\u00f9 le public ne peut pas demander \u00a0\u00e0 l\u2019orchestre de jouer ses morceaux pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. \u00abSi un convive a aim\u00e9 un plat un jour, il lui est impossible de le commander \u00e0 nouveau. Son seul droit est de signaler ses intol\u00e9rances alimentaires.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Oui chef<\/strong><br \/>\nHormis dans ses brefs stages Laurent Petit n\u2019a jamais connu de chef dans sa carri\u00e8re, ce qui le place automatiquement dans une autre position que bien d\u2019autres de ses coll\u00e8gues qui ont souffert de l\u2019autorit\u00e9 de certains chefs avant de le devenir \u00e0 leur tour.\u00a0 Il se d\u00e9clare \u00e9lectron libre. Peut-\u00eatre est-ce pour cela qu\u2019il consid\u00e8re qu\u2019il faut \u00e0 la fois choyer la client\u00e8le autant que le personnel. \u00a0\u00ab\u00a0Venir travailler chez moi est un effet de bouche \u00e0 oreille. On se passe le mot et on fait des offres spontan\u00e9es. Avec de la bienveillance et de l\u2019humilit\u00e9, je fais tout pour cr\u00e9er un bon esprit d\u2019\u00e9quipe.\u00a0\u00bb Il faut admettre que tant \u00e0 l\u2019accueil qu\u2019au service en salle, la prestation du personnel est exemplaire et d\u2019un d\u00e9vouement au-del\u00e0 de toute esp\u00e9rance.<\/p>\n<p><strong>Bonnes ou mauvaises \u00e9toiles\u00a0?<\/strong><br \/>\nLa question que se posent \u00a0souvent les restaurateurs \u00e9toil\u00e9s est celle de l\u2019utilit\u00e9 de figurer dans les guides gastronomiques comme Michelin, Gault et Millau ou Relais et Ch\u00e2teaux. De telles contraintes valent-elles le stress de gagner ou de perdre une \u00e9toile ou une toque?\u00a0 L\u2019enjeu vaut il vraiment la chandelle? A ce sujet, Laurent Petit d\u00e9clare: \u00abOn fait notre job, les guides constatent\u00a0 que nous m\u00e9ritions les notes qu\u2019ils nous attribuent.\u00a0 Je suis pass\u00e9 d\u2019aucune \u00e9toile \u00e0 une, puis deux, puis trois \u00e9toiles Michelin. Je dois admettre qu\u2019\u00e0 chaque nouvelle \u00e9toile acquise, mon chiffre d\u2019affaires a augment\u00e9 d\u2019entre 20 et 30%.\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_8624.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-19374\" style=\"margin: 5px 0px -15px 0px;\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_8624-455x303.jpg\" alt=\"IMG_8624 \u00a9 Gerard Blanc\" width=\"455\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_8624-455x303.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_8624-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_8624.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>\u00c0 table\u00a0!<\/strong><br \/>\nNos coups de c\u0153ur :<br \/>\n. La pi\u00e8ce mont\u00e9e de champignons avec une tasse de bouillon de champignons ayant cuit\u00a0 huit heures. On se l\u00e8verait la nuit rien que pour ce bouillon.<br \/>\n.La soupe de poutarde aux lentilles beluga (lentilles grill\u00e9es) sur un filet d\u2019ombre chevalier<br \/>\n. Le brochet du\u00a0 lac L\u00e9man avec beurre de fruiti\u00e8re br\u00fbl\u00e9 sur un lit de petite \u00e9pautre. parfum\u00e9 \u00e0 l\u2019oseille.et napp\u00e9e d\u2019un sabayon.<br \/>\n. La tarte de fine de chicor\u00e9e maison. Il s\u2019agit d\u2019une\u00a0 p\u00e2tisserie\u00a0 o\u00fa la chicor\u00e9e grill\u00e9e donne le change pour faire croire \u00e0 du caf\u00e9 sur une compote meringu\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur la carte des vins, l\u2019apoth\u00e9ose est la superbe d\u00e9couverte\u00a0 du Chignin-Bergeron de la toute jeune vigneronne Coraline Boget du village savoyard de Drumettaz-Clarafond, dont le talent pr\u00e9sage une brillante carri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Un mot encore<\/strong><br \/>\nL\u2019imagination n\u2019a pas de limite quand il faut choyer son client. Dans la salle, les chaises sont \u00e9quip\u00e9es d\u2019une \u00e9tag\u00e8re escamotable au\u00a0 niveau du si\u00e8ge. . Celle-ci permet au client d\u2019y poser un sac ou autre objet encombrant. C\u2019est astucieux pour le confort du client \u00a0mais aussi pour celui du serveur qui ne craindra pas de se prendre les pieds dans la courroie d\u2019un sac pos\u00e9 par terre.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9rard et Erika Blanc<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ok<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":19375,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[36,7,58],"tags":[1794,7846,3789,7245,8934,8933,8937,8938,7777,8932,8081,8935,7242,8939,7243,8936],"class_list":["post-19367","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cuisine-du-monde","category-europe","category-france-europe","tag-annecy","tag-bourget","tag-ecologie","tag-etoiles","tag-gaut-et-millau","tag-guide","tag-imagination","tag-inventivite","tag-lac","tag-laurent-petit","tag-leman","tag-mertine-petit","tag-michelin","tag-poisson","tag-relais-et-chateaux","tag-toques"],"wps_subtitle":"JE PARS D\u00c9GUSTER","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19367","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19367"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19367\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19417,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19367\/revisions\/19417"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19375"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19367"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19367"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19367"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}