{"id":18978,"date":"2021-03-24T15:01:42","date_gmt":"2021-03-24T14:01:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=18978"},"modified":"2021-03-24T15:01:58","modified_gmt":"2021-03-24T14:01:58","slug":"trafic-aerien-mondial-une-compagnie-dit-la-verite-enfin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/trafic-aerien-mondial-une-compagnie-dit-la-verite-enfin\/","title":{"rendered":"Trafic a\u00e9rien mondial. Une compagnie dit la v\u00e9rit\u00e9 : Enfin"},"content":{"rendered":"<p>En octobre 2016, Alexandre Juniac, pr\u00e9sident de l\u2019IATA (Association internationale du transport a\u00e9rien d\u00e9clarait : &#8220;Les gens veulent voler, la demande pour le transport a\u00e9rien devrait doubler en 20 ans&#8221;. En d\u00e9clarant une telle chose, il y avait plus de fiert\u00e9 que de contrition. En 2018, les chiffres \u00e9taient effectivement\u00a0 effrayants. 4,3 milliards de passagers avaient \u00a0embarqu\u00e9 sur l\u2019une des 1 300 compagnies a\u00e9riennes \u00e0 travers le monde. Il \u00e9tait alors \u00e9tabli que tous les 15 ans, le transport a\u00e9rien devait voir le nombre de passager doubler.<\/p>\n<p>En 2018, plus de 38 millions de vols ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s\u00a0 vers l\u2019\u00e9quivalent de 3500 a\u00e9roports commerciaux, soit pr\u00e8s de 70 vols par minute\u00a0! Pr\u00e9cisons toutefois que la pr\u00e9vision de croissance annuelle \u00e9tait d\u2019environ 9 % dans les pays asiatiques ou du Moyen-Orient, mais de 4 % en Europe ou aux USA. Il semblait alors qu\u2019en d\u00e9pit de\u00a0 profits relativement faibles, rien ne semblait arr\u00eater la croissance du secteur a\u00e9rien. Tant de la part de l\u2019IATA que de celle les directions des compagnies a\u00e9riennes, les lowcost en t\u00eate, on est toujours le \u00ab\u00a0nez dans le guidon\u00a0\u00bb, plus enclin \u00e0 une croissance d\u00e9brid\u00e9e que de se pr\u00e9occuper des nuisances environnementales.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une lueur de prise de conscience avou\u00e9e\u00a0: Tout cela, aussi effrayant soit-il, est peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 \u00e0 vos oreilles, mais une r\u00e9action qui serait peut-\u00eatre pass\u00e9e inaper\u00e7ue aupr\u00e8s du public est ce mea culpa r\u00e9cent de Sandrine Saint-Sauveur, directrice de la compagnie a\u00e9rienne fran\u00e7aise APG, \u00e0 la base sp\u00e9cialis\u00e9e dans la repr\u00e9sentation commerciale de compagnies a\u00e9rienne (GSA-General Sales Agent). Lors d\u2019une interview men\u00e9e par David Keller, journaliste du magazine en ligne D\u00e9placements Pros, Sandrine Saint-Sauveur n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 remettre en cause le principe de l\u2019accroissement incontr\u00f4l\u00e9 du trafic a\u00e9rien et du d\u00e9veloppement pervers des compagnies lowcost. Cette remise en question courageuse devrait pousser les directeurs d\u2019autres compagnies a\u00e9riennes vers une remise en question de leur gestion, permettront d\u2019en sortir avec le probl\u00e8me de la pollution et des effets collat\u00e9raux du \u00e0 son d\u00e9veloppement sans limite.<\/p>\n<p>Constatant que, en raison de la pand\u00e9mie, le trafic a\u00e9rien avait perdu en 2020 l\u2019\u00e9quivalent de ce qu\u2019elle avait gagn\u00e9 en vingt ans, Sandrine Saint-Sauveur s\u2019en est prise d\u2019abord \u00e0 la folie.de certaines compagnies consistant \u00e0 voler \u00e0 perte pour ne pas perdre de parts de march\u00e9. \u00ab Pour reprendre la trafic a\u00e9rien, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9, \u00a0il ne faudra pas repartir dans cette guerre des prix. Proposer un Paris-Madrid \u00a0pour 150 euros, c\u2019est de la folie\u00a0: on paye juste le fuel jusqu\u2019\u00e0 Chartres !\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais maintenant, venons-en \u00e0 l\u2019essentiel, \u00e0 savoir le d\u00e9bat sur la croissance exponentielle du trafic a\u00e9rien\u00a0: Sandrine Saint-Sauveur d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0Avec la Covid, l\u2019\u00e9cologie a gagn\u00e9 et c\u2019est formidable\u2026 Partir en claquant des doigts un week-end pour aller manger des p\u00e2tes \u00e0 Rome, je l\u2019ai fait et je ne le referai plus.\u00a0\u00bb Puis, s\u2019exprimant \u00e0 propos des responsables\u00a0 de l\u2019expansion incontr\u00f4l\u00e9e du trafic a\u00e9rien, elle commente: \u00abCe sont les plus gros qui souffrent le plus durant cette crise. \u00c7a peut se comprendre: un avion au sol, ce sont 30% des co\u00fbts fixes qui sont maintenus. Il faut arr\u00eater de dire que de voyager en avion ne co\u00fbte pas cher.\u00a0 Il faut se demander \u00e0 quel moment les gens ont p\u00e9t\u00e9 les plombs. Cela a commenc\u00e9 avec la guerre commerciale entre Boeing et Airbus. Les compagnies se sont mises \u00e0 acheter des appareils pour avoir le dernier mod\u00e8le que le concurrent avait command\u00e9 et elles l\u2019achetaient m\u00eame tout de suite pour ne pas \u00eatre sur la liste d\u2019attente et se faire griller la politesse par d\u2019autres concurrents. Dans la commercialisation des billets d\u2019avion, tout le monde est complice, les constructeurs, les compagnies, les distributeurs\u00a0 (c&#8217;est quand m\u00eame plus facile de vendre un billet \u00e0 30 euros plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 300 euros), y compris m\u00eame les gouvernants des pays \u00e0 vocation touristique \u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Commentaire\u00a0: En regard de cette interview, Sandrine Saint-Sauveur soul\u00e8ve le probl\u00e8me soci\u00e9tal et social du transport a\u00e9rien, ce qui est bien, mais m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre davantage d\u00e9velopp\u00e9. En effet, le fait qu\u2019une personne puisse se rendre dans une autre ville europ\u00e9enne pour trois fois rien n\u2019a, contrairement \u00e0 ce que veut le souligner quelqu\u2019un comme Michael O\u2019Leary directeur de Ryanair, pas uniquement pour effet d\u2019offrir aux moins fortun\u00e9s l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des vols \u00e0 des prix qui leur soient abordable. Comme le d\u00e9crit \u00e0 juste titre Sandrine Saint-Sauveur, le probl\u00e8me est que toutes les classes sociales, ais\u00e9e comprise,\u00a0 peuvent se permettre de partir \u00e0 Rome pour aller manger des spaghettis ou \u00e0 Londres ou Barcelone pour faire \u00a0du shopping en faisant un aller et retour dans la journ\u00e9e. Ne nous leurrons pas\u00a0: les passagers lowcost sont aussi ceux qui ont un porte-monnaie bien garni\u00a0 et qui, au lieu de se contenter d\u2019un week-end dans une ville europ\u00e9enne vont s\u2019y rendre dix fois plus. C\u2019est pour cette raison que le transport a\u00e9rien s\u2019est affol\u00e9 avec des projets de croissance d\u00e9mesur\u00e9s. Lorsque Sandrine Saint-Sauveur s\u2019en prend aux compagnies a\u00e9riennes qui, selon elle, volent \u00e0 perte (en tous cas avant la pand\u00e9mie), elle n\u2019\u00e9voque malheureusement pas\u00a0 ce qui pousse certaines des compagnies lowcost comme Ryanair \u00e0 pratiquer une forme d\u2019esclavage moderne envers ses employ\u00e9s et de mener une politique financi\u00e8re \u00e0 la limite du racket vis-\u00e0-vis des petits a\u00e9roports r\u00e9gionaux. C\u2019est ainsi qu\u2019elle peut se targuer de faire quand m\u00eame des b\u00e9n\u00e9fices, tout en pratiquant des prix incroyablement bas \u00e0 ses passagers. Qu\u2019en est-il en p\u00e9riode de covid? R\u00e9cemment, Norwegian-Airlines France qui avait\u00a0 d\u00e9clar\u00e9 faillite en mettant \u00e0 la porte 286 employ\u00e9s et vient de cr\u00e9er une nouvelle compagnie sous un autre nom\u00a0: une bonne combine pour gagner de l\u2019argent en p\u00e9riode de pand\u00e9mie\u00a0: cherchez l\u2019erreur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G\u00e9rard Blanc<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sources\u00a0: The Conversation\/D\u00e9placements Pros\/\/Le Nouvelliste\/<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>P.S. L\u2019interview de Sandrine Saint-Sauveur a volontairement \u00e9t\u00e9 raccourcie afin de ne pas rallonger le texte et certaines phrases ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement remani\u00e9es sans en modifier le sens. L\u2019int\u00e9grale de l\u2019interview peut \u00eatre consult\u00e9e sur le site D\u00e9placements Pros.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En octobre 2016, Alexandre Juniac, pr\u00e9sident de l\u2019IATA (Association internationale du transport a\u00e9rien d\u00e9clarait : &#8220;Les gens veulent voler, la demande pour le transport a\u00e9rien devrait doubler en 20 ans&#8221;. En d\u00e9clarant une telle chose, il y avait plus de fiert\u00e9 que de contrition. En 2018, les chiffres \u00e9taient effectivement  effrayants. 4,3 milliards de passagers avaient  embarqu\u00e9 sur l\u2019une des 1 300 compagnies a\u00e9riennes \u00e0 travers le monde. Il \u00e9tait alors \u00e9tabli que tous les 15 ans, le transport a\u00e9rien devait voir le nombre de passager doubler.<br \/>\n En 2018, plus de 38 millions de vols ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s  vers l\u2019\u00e9quivalent de 3500 a\u00e9roports commerciaux, soit pr\u00e8s de 70 vols par minute ! Pr\u00e9cisons toutefois que la pr\u00e9vision de croissance annuelle \u00e9tait d\u2019environ 9 % dans les pays asiatiques ou du Moyen-Orient, mais de 4 % en Europe ou aux USA. Il semblait alors qu\u2019en d\u00e9pit de  profits relativement faibles, rien ne semblait arr\u00eater la croissance du secteur a\u00e9rien. Tant de la part de l\u2019IATA que de celle les directions des compagnies a\u00e9riennes, les lowcost en t\u00eate, on est toujours le \u00ab nez dans le guidon \u00bb, plus enclin \u00e0 une croissance d\u00e9brid\u00e9e que de se pr\u00e9occuper des nuisances environnementales.<\/p>\n<p>Une lueur de prise de conscience avou\u00e9e : Tout cela, aussi effrayant soit-il, est peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 \u00e0 vos oreilles, mais une r\u00e9action qui serait peut-\u00eatre pass\u00e9e inaper\u00e7ue aupr\u00e8s du public est ce mea culpa r\u00e9cent de Sandrine Saint-Sauveur, directrice de la compagnie a\u00e9rienne fran\u00e7aise APG, \u00e0 la base sp\u00e9cialis\u00e9e dans la repr\u00e9sentation commerciale de compagnies a\u00e9rienne (GSA-General Sales Agent). Lors d\u2019une interview men\u00e9e par David Keller, journaliste du magazine en ligne D\u00e9placements Pros, Sandrine Saint-Sauveur n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 remettre en cause le principe de l\u2019accroissement incontr\u00f4l\u00e9 du trafic a\u00e9rien et du d\u00e9veloppement pervers des compagnies lowcost. Cette remise en question courageuse devrait pousser les directeurs d\u2019autres compagnies a\u00e9riennes vers une remise en question de leur gestion, permettront d\u2019en sortir avec le probl\u00e8me de la pollution et des effets collat\u00e9raux du \u00e0 son d\u00e9veloppement sans limite.<br \/>\nConstatant que, en raison de la pand\u00e9mie, le trafic a\u00e9rien avait perdu en 2020 l\u2019\u00e9quivalent de ce qu\u2019elle avait gagn\u00e9 en vingt ans, Sandrine Saint-Sauveur s\u2019en est prise d\u2019abord \u00e0 la folie.de certaines compagnies consistant \u00e0 voler \u00e0 perte pour ne pas perdre de parts de march\u00e9. \u00ab Pour reprendre la trafic a\u00e9rien, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9,  il ne faudra pas repartir dans cette guerre des prix. Proposer un Paris-Madrid  pour 150 euros, c\u2019est de la folie : on paye juste le fuel jusqu\u2019\u00e0 Chartres ! \u00bb.<\/p>\n<p>Mais maintenant, venons-en \u00e0 l\u2019essentiel, \u00e0 savoir le d\u00e9bat sur la croissance exponentielle du trafic a\u00e9rien : Sandrine Saint-Sauveur d\u00e9clare : \u00ab Avec la Covid, l\u2019\u00e9cologie a gagn\u00e9 et c\u2019est formidable\u2026 Partir en claquant des doigts un week-end pour aller manger des p\u00e2tes \u00e0 Rome, je l\u2019ai fait et je ne le referai plus. \u00bb Puis, s\u2019exprimant \u00e0 propos des responsables  de l\u2019expansion incontr\u00f4l\u00e9e du trafic a\u00e9rien, elle commente: \u00abCe sont les plus gros qui souffrent le plus durant cette crise. \u00c7a peut se comprendre: un avion au sol, ce sont 30% des co\u00fbts fixes qui sont maintenus. Il faut arr\u00eater de dire que de voyager en avion ne co\u00fbte pas cher.  Il faut se demander \u00e0 quel moment les gens ont p\u00e9t\u00e9 les plombs. Cela a commenc\u00e9 avec la guerre commerciale entre Boeing et Airbus. Les compagnies se sont mises \u00e0 acheter des appareils pour avoir le dernier mod\u00e8le que le concurrent avait command\u00e9 et elles l\u2019achetaient m\u00eame tout de suite pour ne pas \u00eatre sur la liste d\u2019attente et se faire griller la politesse par d\u2019autres concurrents. Dans la commercialisation des billets d\u2019avion, tout le monde est complice, les constructeurs, les compagnies, les distributeurs  (c&#8217;est quand m\u00eame plus facile de vendre un billet \u00e0 30 euros plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 300 euros), y compris m\u00eame les gouvernants des pays \u00e0 vocation touristique \u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Commentaire : En regard de cette interview, Sandrine Saint-Sauveur soul\u00e8ve le probl\u00e8me soci\u00e9tal et social du transport a\u00e9rien, ce qui est bien, mais m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre davantage d\u00e9velopp\u00e9. En effet, le fait qu\u2019une personne puisse se rendre dans une autre ville europ\u00e9enne pour trois fois rien n\u2019a, contrairement \u00e0 ce que veut le souligner quelqu\u2019un comme Michael O\u2019Leary directeur de Ryanair, pas uniquement pour effet d\u2019offrir aux moins fortun\u00e9s l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des vols \u00e0 des prix qui leur soient abordable. Comme le d\u00e9crit \u00e0 juste titre Sandrine Saint-Sauveur, le probl\u00e8me est que toutes les classes sociales, ais\u00e9e comprise,  peuvent se permettre de partir \u00e0 Rome pour aller manger des spaghettis ou \u00e0 Londres ou Barcelone pour faire  du shopping en faisant un aller et retour dans la journ\u00e9e. Ne nous leurrons pas : les passagers lowcost sont aussi ceux qui ont un porte-monnaie bien garni  et qui, au lieu de se contenter d\u2019un week-end dans une ville europ\u00e9enne vont s\u2019y rendre dix fois plus. C\u2019est pour cette raison que le transport a\u00e9rien s\u2019est affol\u00e9 avec des projets de croissance d\u00e9mesur\u00e9s. Lorsque Sandrine Saint-Sauveur s\u2019en prend aux compagnies a\u00e9riennes qui, selon elle, volent \u00e0 perte (en tous cas avant la pand\u00e9mie), elle n\u2019\u00e9voque malheureusement pas  ce qui pousse certaines des compagnies lowcost comme Ryanair \u00e0 pratiquer une forme d\u2019esclavage moderne envers ses employ\u00e9s et de mener une politique financi\u00e8re \u00e0 la limite du racket vis-\u00e0-vis des petits a\u00e9roports r\u00e9gionaux. C\u2019est ainsi qu\u2019elle peut se targuer de faire quand m\u00eame des b\u00e9n\u00e9fices, tout en pratiquant des prix incroyablement bas \u00e0 ses passagers. Qu\u2019en est-il en p\u00e9riode de covid? R\u00e9cemment, Norwegian-Airlines France qui avait  d\u00e9clar\u00e9 faillite en mettant \u00e0 la porte 286 employ\u00e9s et vient de cr\u00e9er une nouvelle compagnie sous un autre nom : une bonne combine pour gagner de l\u2019argent en p\u00e9riode de pand\u00e9mie : cherchez l\u2019erreur. <\/p>\n<p>G\u00e9rard Blanc <\/p>\n<p>Sources : The Conversation\/D\u00e9placements Pros\/\/Le Nouvelliste\/<\/p>\n<p>P.S. L\u2019interview de Sandrine Saint-Sauveur a volontairement \u00e9t\u00e9 raccourcie afin de ne pas rallonger le texte et certaines phrases ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement remani\u00e9es sans en modifier le sens. 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