{"id":17786,"date":"2019-09-14T18:37:16","date_gmt":"2019-09-14T17:37:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=17786"},"modified":"2019-10-06T16:11:20","modified_gmt":"2019-10-06T15:11:20","slug":"boeing-737-max-leasa-veut-ses-propres-controles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/boeing-737-max-leasa-veut-ses-propres-controles\/","title":{"rendered":"Boeing 737 Max : l\u2019EASA veut ses propres contr\u00f4les"},"content":{"rendered":"<p>La FAA (Federal Aviation Administration) semble annoncer que la remise en circulation des Boeing 737 Max, qui ont \u00e9t\u00e9 clou\u00e9s au sol apr\u00e8s les crashs des appareils de Lion Air et d\u2019Ethiopian Airlines, sera\u00a0 pour octobre 2019. Cet optimisme semble bien pr\u00e9somptueuse quand on apprend la r\u00e9serve que vient d\u2019\u00e9mettre l\u2019Agence de s\u00e9curit\u00e9 a\u00e9rienne europ\u00e9enne EASA (European Union Aviation Safety Agency). Celle-ci exige un certain nombre de mesures \u00e0 prendre avant que, sous le nom de Boeing 737 Max (ou sous tout autre nom comme le sugg\u00e9rait Donald Trump), l\u2019avion soit d\u00e9finitivement remis en service.<\/p>\n<p>Boeing avait d\u00e9j\u00e0 soumis \u00e0 la FAA \u00a0un certain nombre de correctifs du MCAS (Maneuvering Characteristics), un syst\u00e8me informatique ayant \u00a0\u00e9t\u00e9 le d\u00e9clencheur des crashs susmentionn\u00e9s. Si pour Boeing la remise en circulation des B737 MAX semblait \u00eatre acquise, rien n\u2019est moins certain apr\u00e8s la r\u00e9cente d\u00e9claration de l\u2018EASA.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les experts de l\u2019EASA d\u00e9clarent qu\u2019ils ne prendraient pas en compte les conclusions de la FAA et qu\u2019ils m\u00e8neront leur propre enqu\u00eate sans donner d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 l\u2019administration nord-am\u00e9ricaine. L\u2019EASA souhaite que toute la lumi\u00e8re soit faite sur les am\u00e9liorations techniques promises par l\u2019avionneur dans les moindres d\u00e9tails. Parmi ses exigences, l\u2019EASA demande que tous les \u00e9quipages soient correctement form\u00e9s\u00a0 sur les nouveaux syst\u00e8mes de navigations mis en place, et qu\u2019elle fera des contr\u00f4les en ce sens par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une agence ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>C\u2019est la formation des pilotes qui divise. Les pilotes canadiens et europ\u00e9ens veulent qu\u2019un simulateur de vol soit mis en place par le constructeur, tandis que les pilotes \u00e9tatsuniens, qui connaissent d\u00e9j\u00e0 le mod\u00e8le B737 NG, pr\u00e9curseur du B737 MAX, estiment la chose inutile.<\/p>\n<p>Les groundings qui tuent\u00a0: Le ph\u00e9nom\u00e8ne du Boeing 737 MAX a cr\u00e9\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne de crise \u00e9conomique pour plusieurs compagnies a\u00e9riennes. Au total, Ryanair, qui est exclusivement \u00e9quip\u00e9 d\u2019appareils de la marque Boeing, a command\u00e9 135 Boeings 737 MAX 200 et pos\u00e9 une option sur 75 mod\u00e8les suppl\u00e9mentaires. Le retard de livraison\u00a0 la met en situation critique, sans compter les appareils interdits de vol. Pire, l\u2019autre compagnie lowcost, Norwegian, est en s\u00e9rieuse difficult\u00e9 financi\u00e8re. L\u2019un des importants facteurs n\u00e9gatifs a \u00e9t\u00e9 d\u2019avoir d\u00fb clouer au sol ses B787 MAX. Cela a oblig\u00e9 la compagnie \u00e0 interrompre ses vols transatlantiques entre l\u2019Irlande et les USA, mais cette mesure \u00e9conomique ne l\u2019a pas pour autant sauv\u00e9e de ses difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie. Icelandair, a aussi \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e par le ph\u00e9nom\u00e8ne, mais a fort heureusement pu redresser la barre. Il y a actuellement quatre cent B737 MAX au sol avec impossibilit\u00e9 de voler, et les indemnit\u00e9s demand\u00e9es par les compagnies a\u00e9riennes l\u00e9s\u00e9es et autres d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la crise vont bient\u00f4t d\u00e9passer les sept milliards de dollars.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu : Il y a aussi derri\u00e8re tout cela un relent de guerre commerciale \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale entre les Etats-Unis et l\u2019Europe, mais aussi avec la Chine, qui ne vont pas se priver d\u2019enfoncer le clou l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal. Pourtant, Airbus, qui se trouve involontairement la gagnante de cette m\u00e9saventure, \u00a0d\u00e9clare que ses relations avec Boeing sont excellentes. Peut-\u00eatre n\u2019aimerait-elle pas se trouver dans une situation \u00e9quivalente, surtout en cette p\u00e9riode de cadence effr\u00e9n\u00e9e qui lui est impos\u00e9e par les commandes venant des compagnies lowcost. Qu\u2019en sera-t-il lorsque les usines a\u00e9ronautiques chinoises tourneront \u00e0 plein r\u00e9gime\u00a0?<\/p>\n<p>G\u00e9rard Blanc<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La FAA (Federal Aviation Administration) semble annoncer que la remise en circulation des Boeing 737 Max, qui ont \u00e9t\u00e9 clou\u00e9s au sol apr\u00e8s les crashs des appareils de Lion Air et d\u2019Ethiopian Airlines, sera  pour octobre 2019. Cet optimisme semble bien pr\u00e9somptueuse quand on apprend la r\u00e9serve que vient d\u2019\u00e9mettre l\u2019Agence de s\u00e9curit\u00e9 a\u00e9rienne europ\u00e9enne EASA (European Union Aviation Safety Agency). Celle-ci exige un certain nombre de mesures \u00e0 prendre avant que, sous le nom de Boeing 737 Max (ou sous tout autre nom comme le sugg\u00e9rait Donald Trump), l\u2019avion soit d\u00e9finitivement remis en service.<\/p>\n<p>Boeing avait d\u00e9j\u00e0 soumis \u00e0 la FAA  un certain nombre de correctifs du MCAS (Maneuvering Characteristics), un syst\u00e8me informatique ayant  \u00e9t\u00e9 le d\u00e9clencheur des crashs susmentionn\u00e9s. Si pour Boeing la remise en circulation des B737 MAX semblait \u00eatre acquise, rien n\u2019est moins certain apr\u00e8s la r\u00e9cente d\u00e9claration de l\u2018EASA.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les experts de l\u2019EASA d\u00e9clarent qu\u2019ils ne prendraient pas en compte les conclusions de la FAA et qu\u2019ils m\u00e8neront leur propre enqu\u00eate sans donner d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 l\u2019administration nord-am\u00e9ricaine. L\u2019EASA souhaite que toute la lumi\u00e8re soit faite sur les am\u00e9liorations techniques promises par l\u2019avionneur dans les moindres d\u00e9tails. Parmi ses exigences, l\u2019EASA demande que tous les \u00e9quipages soient correctement form\u00e9s  sur les nouveaux syst\u00e8mes de navigations mis en place, et qu\u2019elle fera des contr\u00f4les en ce sens par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une agence ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>C\u2019est la formation des pilotes qui divise. Les pilotes canadiens et europ\u00e9ens veulent qu\u2019un simulateur de vol soit mis en place par le constructeur, tandis que les pilotes \u00e9tatsuniens, qui connaissent d\u00e9j\u00e0 le mod\u00e8le B737 NG, pr\u00e9curseur du B737 MAX, estiment la chose inutile.<\/p>\n<p>Les groundings qui tuent : Le ph\u00e9nom\u00e8ne du Boeing 737 MAX a cr\u00e9\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne de crise \u00e9conomique pour plusieurs compagnies a\u00e9riennes. Au total, Ryanair, qui est exclusivement \u00e9quip\u00e9 d\u2019appareils de la marque Boeing, a command\u00e9 135 Boeings 737 MAX 200 et pos\u00e9 une option sur 75 mod\u00e8les suppl\u00e9mentaires. Le retard de livraison  la met en situation critique, sans compter les appareils interdits de vol. Pire, l\u2019autre compagnie lowcost, Norwegian, est en s\u00e9rieuse difficult\u00e9 financi\u00e8re. L\u2019un des importants facteurs n\u00e9gatifs a \u00e9t\u00e9 d\u2019avoir d\u00fb clouer au sol ses B787 MAX. Cela a oblig\u00e9 la compagnie \u00e0 interrompre ses vols transatlantiques entre l\u2019Irlande et les USA, mais cette mesure \u00e9conomique ne l\u2019a pas pour autant sauv\u00e9e de ses difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie. Icelandair, a aussi \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e par le ph\u00e9nom\u00e8ne, mais a fort heureusement pu redresser la barre. Il y a actuellement quatre cent B737 MAX au sol avec impossibilit\u00e9 de voler, et les indemnit\u00e9s demand\u00e9es par les compagnies a\u00e9riennes l\u00e9s\u00e9es et autres d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la crise vont bient\u00f4t d\u00e9passer les sept milliards de dollars.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu : Il y a aussi derri\u00e8re tout cela un relent de guerre commerciale \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale entre les Etats-Unis et l\u2019Europe, mais aussi avec la Chine, qui ne vont pas se priver d\u2019enfoncer le clou l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal. Pourtant, Airbus, qui se trouve involontairement la gagnante de cette m\u00e9saventure,  d\u00e9clare que ses relations avec Boeing sont excellentes. Peut-\u00eatre n\u2019aimerait-elle pas se trouver dans une situation \u00e9quivalente, surtout en cette p\u00e9riode de cadence effr\u00e9n\u00e9e qui lui est impos\u00e9e par les commandes venant des compagnies lowcost. 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