{"id":17383,"date":"2019-04-22T16:28:58","date_gmt":"2019-04-22T15:28:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=17383"},"modified":"2019-04-22T16:29:18","modified_gmt":"2019-04-22T15:29:18","slug":"pays-bas-uber-perd-plus-de-2-millions-deuros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/pays-bas-uber-perd-plus-de-2-millions-deuros\/","title":{"rendered":"Pays-Bas : Uber perd plus de 2 millions d\u2019euros"},"content":{"rendered":"<p>Poursuivi depuis plusieurs ann\u00e9es par la justice n\u00e9erlandaise pour infraction \u00e0 la loi sur les taxis, Uber a finalement accept\u00e9 de payer une amende d\u00e9passant les deux millions d\u2019euros.<\/p>\n<p>Cette transaction est la derni\u00e8re en date d\u2019une s\u00e9rie qui a vu la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9bourser des millions dans plusieurs pays pour des violations des r\u00e9glementations locales. Le Minist\u00e8re public n\u00e9erlandais avait ouvert une enqu\u00eate criminelle en avril 2015 apr\u00e8s que la justice eut, en d\u00e9cembre 2014, interdit l&#8217;activit\u00e9 d&#8217;UberPop\u00a0 entre autres pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Uber et UberPop sont deux services diff\u00e9rents mais tous les deux sont tr\u00e8s contest\u00e9s par les taxis. Le premier, un service de v\u00e9hicules de tourisme avec chauffeur (VTC), a \u00e9t\u00e9 encadr\u00e9 par la loi. Le second, d\u00e9clar\u00e9 ill\u00e9gal par les autorit\u00e9s de plusieurs pays, a fini par \u00eatre suspendu par la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. Dans le cas d\u2019UberPop, le conducteur lambda, contact\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une application sur smartphone, s&#8217;improvise chauffeur de taxi pour rentabiliser sa voiture ou arrondir ses fins de mois. Il ne s&#8217;agit donc pas de covoiturage puisque le service est payant, r\u00e9mun\u00e9rateur, alors que le covoiturage ne pr\u00e9voit qu&#8217;une participation aux frais. Ce service n&#8217;est agr\u00e9\u00e9 par aucune autorit\u00e9, inscrit \u00e0 aucun registre professionnel officiel et ne paie donc ni cotisations sociales, ni imp\u00f4ts. Le conducteur n&#8217;a pas non plus suivi la formation de chauffeur de taxi, ni m\u00eame les 250 heures de formation n\u00e9cessaires pour obtenir un agr\u00e9ment VTC. UberPOP, qui fait appel \u00e0 des chauffeurs non professionnels op\u00e9rant sans licence, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 interdit en France apr\u00e8s des manifestations de chauffeurs de taxis en col\u00e8re. La justice n\u00e9erlandaise avait ainsi interdit l&#8217;application UberPop en d\u00e9cembre 2014. Quatre mois plus tard, le Minist\u00e8re public n\u00e9erlandais ouvrait une enqu\u00eate criminelle dont le verdict s\u2019est sold\u00e9 par la condamnation financi\u00e8re pr\u00e9cit\u00e9e.<\/p>\n<p>Chez Uber, les amendes s\u2019accumulent\u00a0: Dans une affaire distincte, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont \u00e9galement condamn\u00e9 en novembre 2018 Uber \u00e0 deux amendes d&#8217;un total de plus d&#8217;un million d&#8217;euros pour ne pas avoir divulgu\u00e9 un piratage de donn\u00e9es personnelles. En septembre 2018, Uber avait d\u00e9j\u00e0 accept\u00e9 de verser une amende de 148 millions de dollars aux \u00c9tats-Unis dans cette m\u00eame affaire. De m\u00e9moire, cela doit \u00eatre la plus importante jamais inflig\u00e9e dans le cadre d&#8217;un accord relatif \u00e0 une violation de donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Honni par tous les taxis du monde, Uber est r\u00e9guli\u00e8rement tra\u00een\u00e9 devant les tribunaux et se voit contraint de respecter les r\u00e8gles des pays et des villes dans lesquels il op\u00e8re, voire \u00e0 s&#8217;en retirer, la derni\u00e8re ville en date \u00e9tant Barcelone en f\u00e9vrier 2019.\u00a0 Les nombreuses amendes inflig\u00e9es ne sembleraient donc pas lui cr\u00e9er du tort mais, pourtant, la plateforme du \u00a0VTC accumule toujours les pertes. Au quatri\u00e8me trimestre 2018, Uber a ainsi indiqu\u00e9 avoir perdu 865 millions de dollars, contre une perte d&#8217;1,1 milliard de dollars lors du trimestre pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p>Interdit dans plusieurs pays\u00a0: Pour m\u00e9moire, la Bulgarie a \u00e9t\u00e9 un des premiers pays \u00e0 interdire totalement Uber en 2015 au motif de &#8220;concurrence d\u00e9loyale&#8221;. La Hongrie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sert\u00e9e par Uber en juillet 2016, \u00e0 la suite d\u2019une loi permettant de bloquer techniquement les services Internet de tout &#8220;prestataire de services de taxi ne disposant pas d\u2019un centre d\u2019appel&#8221;, ce qui est son cas. Au Danemark, l\u2019activit\u00e9 de VTC est ill\u00e9gale: une loi exige que les chauffeurs particuliers soient \u00e9quip\u00e9s d\u2019un taxim\u00e8tre et de d\u00e9tecteurs d\u2019occupation de si\u00e8ges permettant d\u2019activer les airbags, des conditions jug\u00e9es \u00ab trop co\u00fbteuses \u00bb pour Uber. \u00a0L\u2019entreprise \u00e9tatsunienne s\u2019est aussi compl\u00e8tement retir\u00e9e de l\u2019\u00c9tat du Territoire du Nord en Australie. En Allemagne, le service d\u2019Uber est disponible uniquement dans les villes de Munich et Berlin, le reste du pays obligeant tous les conducteurs\u00a0 \u00e0 acheter des licences commerciales officielles. M\u00eame aux USA, l\u2019Etat de l\u2019Oregon, par exemple, a interdit Uber d\u2019exercer hors de la ville de Portland. Enfin, la capitale indienne New Delhi a interdit Uber apr\u00e8s le viol d\u2019une passag\u00e8re en 2014.<\/p>\n<p>Les chauffeurs de Gen\u00e8ve se rebiffent\u00a0: A Gen\u00e8ve, les chauffeurs d\u2019Uber, soutenus par le syndicat Unia ont d\u00e9nonc\u00e9 fin janvier 2019 le ph\u00e9nom\u00e8ne de pr\u00e9carisation croissante dont ils sont victimes. Ils ont dit\u00a0 leur m\u00e9contentement dans les bureaux genevois de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine.\u00a0 Absence de numerus clausus, examens qui ne sont pas assez s\u00e9lectifs, trop de chauffeurs pour un g\u00e2teau qui s\u2019amenuise, TVA \u00e0 leur charge, et 27% de commissions revers\u00e9es, sans compter les radiations de l\u2019application \u00e0 cause des notes des clients, tels \u00e9taient les revendications exprim\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sources\u00a0:\u00a0 Unia, L\u2019Ev\u00e9nement Syndical, Radio Canada, Les Echos, Ouest-France, Le Figaro,<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Poursuivi depuis plusieurs ann\u00e9es par la justice n\u00e9erlandaise pour infraction \u00e0 la loi sur les taxis, Uber a finalement accept\u00e9 de payer une amende d\u00e9passant les deux millions d\u2019euros.<br \/>\nCette transaction est la derni\u00e8re en date d\u2019une s\u00e9rie qui a vu la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9bourser des millions dans plusieurs pays pour des violations des r\u00e9glementations locales. Le Minist\u00e8re public n\u00e9erlandais avait ouvert une enqu\u00eate criminelle en avril 2015 apr\u00e8s que la justice eut, en d\u00e9cembre 2014, interdit l&#8217;activit\u00e9 d&#8217;UberPop  entre autres pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\nUber et UberPop sont deux services diff\u00e9rents mais tous les deux sont tr\u00e8s contest\u00e9s par les taxis. Le premier, un service de v\u00e9hicules de tourisme avec chauffeur (VTC), a \u00e9t\u00e9 encadr\u00e9 par la loi. Le second, d\u00e9clar\u00e9 ill\u00e9gal par les autorit\u00e9s de plusieurs pays, a fini par \u00eatre suspendu par la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. Dans le cas d\u2019UberPop, le conducteur lambda, contact\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une application sur smartphone, s&#8217;improvise chauffeur de taxi pour rentabiliser sa voiture ou arrondir ses fins de mois. Il ne s&#8217;agit donc pas de covoiturage puisque le service est payant, r\u00e9mun\u00e9rateur, alors que le covoiturage ne pr\u00e9voit qu&#8217;une participation aux frais. Ce service n&#8217;est agr\u00e9\u00e9 par aucune autorit\u00e9, inscrit \u00e0 aucun registre professionnel officiel et ne paie donc ni cotisations sociales, ni imp\u00f4ts. Le conducteur n&#8217;a pas non plus suivi la formation de chauffeur de taxi, ni m\u00eame les 250 heures de formation n\u00e9cessaires pour obtenir un agr\u00e9ment VTC. UberPOP, qui fait appel \u00e0 des chauffeurs non professionnels op\u00e9rant sans licence, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 interdit en France apr\u00e8s des manifestations de chauffeurs de taxis en col\u00e8re. La justice n\u00e9erlandaise avait ainsi interdit l&#8217;application UberPop en d\u00e9cembre 2014. Quatre mois plus tard, le Minist\u00e8re public n\u00e9erlandais ouvrait une enqu\u00eate criminelle dont le verdict s\u2019est sold\u00e9 par la condamnation financi\u00e8re pr\u00e9cit\u00e9e.<br \/>\nChez Uber, les amendes s\u2019accumulent : Dans une affaire distincte, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont \u00e9galement condamn\u00e9 en novembre 2018 Uber \u00e0 deux amendes d&#8217;un total de plus d&#8217;un million d&#8217;euros pour ne pas avoir divulgu\u00e9 un piratage de donn\u00e9es personnelles. En septembre 2018, Uber avait d\u00e9j\u00e0 accept\u00e9 de verser une amende de 148 millions de dollars aux \u00c9tats-Unis dans cette m\u00eame affaire. De m\u00e9moire, cela doit \u00eatre la plus importante jamais inflig\u00e9e dans le cadre d&#8217;un accord relatif \u00e0 une violation de donn\u00e9es.<br \/>\nHonni par tous les taxis du monde, Uber est r\u00e9guli\u00e8rement tra\u00een\u00e9 devant les tribunaux et se voit contraint de respecter les r\u00e8gles des pays et des villes dans lesquels il op\u00e8re, voire \u00e0 s&#8217;en retirer, la derni\u00e8re ville en date \u00e9tant Barcelone en f\u00e9vrier 2019.  Les nombreuses amendes inflig\u00e9es ne sembleraient donc pas lui cr\u00e9er du tort mais, pourtant, la plateforme du  VTC accumule toujours les pertes. Au quatri\u00e8me trimestre 2018, Uber a ainsi indiqu\u00e9 avoir perdu 865 millions de dollars, contre une perte d&#8217;1,1 milliard de dollars lors du trimestre pr\u00e9c\u00e9dent.<br \/>\nInterdit dans plusieurs pays : Pour m\u00e9moire, la Bulgarie a \u00e9t\u00e9 un des premiers pays \u00e0 interdire totalement Uber en 2015 au motif de &#8220;concurrence d\u00e9loyale&#8221;. La Hongrie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sert\u00e9e par Uber en juillet 2016, \u00e0 la suite d\u2019une loi permettant de bloquer techniquement les services Internet de tout &#8220;prestataire de services de taxi ne disposant pas d\u2019un centre d\u2019appel&#8221;, ce qui est son cas. Au Danemark, l\u2019activit\u00e9 de VTC est ill\u00e9gale: une loi exige que les chauffeurs particuliers soient \u00e9quip\u00e9s d\u2019un taxim\u00e8tre et de d\u00e9tecteurs d\u2019occupation de si\u00e8ges permettant d\u2019activer les airbags, des conditions jug\u00e9es \u00ab trop co\u00fbteuses \u00bb pour Uber.  L\u2019entreprise \u00e9tatsunienne s\u2019est aussi compl\u00e8tement retir\u00e9e de l\u2019\u00c9tat du Territoire du Nord en Australie. En Allemagne, le service d\u2019Uber est disponible uniquement dans les villes de Munich et Berlin, le reste du pays obligeant tous les conducteurs  \u00e0 acheter des licences commerciales officielles. M\u00eame aux USA, l\u2019Etat de l\u2019Oregon, par exemple, a interdit Uber d\u2019exercer hors de la ville de Portland. Enfin, la capitale indienne New Delhi a interdit Uber apr\u00e8s le viol d\u2019une passag\u00e8re en 2014.<br \/>\nLes chauffeurs de Gen\u00e8ve se rebiffent : A Gen\u00e8ve, les chauffeurs d\u2019Uber, soutenus par le syndicat Unia ont d\u00e9nonc\u00e9 fin janvier 2019 le ph\u00e9nom\u00e8ne de pr\u00e9carisation croissante dont ils sont victimes. Ils ont dit  leur m\u00e9contentement dans les bureaux genevois de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine.  Absence de numerus clausus, examens qui ne sont pas assez s\u00e9lectifs, trop de chauffeurs pour un g\u00e2teau qui s\u2019amenuise, TVA \u00e0 leur charge, et 27% de commissions revers\u00e9es, sans compter les radiations de l\u2019application \u00e0 cause des notes des clients, tels \u00e9taient les revendications exprim\u00e9es. <\/p>\n<p>Sources :  Unia, L\u2019Ev\u00e9nement Syndical, Radio Canada, Les Echos, Ouest-France, Le Figaro, <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[2097,7827,6563,5932,7826,7089],"class_list":["post-17383","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-breves","tag-geneve","tag-precarisation","tag-taxi","tag-uber","tag-uberpop","tag-vtc"],"wps_subtitle":"BR\u00c8VES","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17383","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17383"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17383\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17384,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17383\/revisions\/17384"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17383"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17383"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17383"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}