{"id":16095,"date":"2018-05-09T12:03:28","date_gmt":"2018-05-09T11:03:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=16095"},"modified":"2018-08-27T10:37:33","modified_gmt":"2018-08-27T09:37:33","slug":"il-faut-sauver-les-recifs-coralliens-une-oeuvre-cornelienne-pour-laustralie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/il-faut-sauver-les-recifs-coralliens-une-oeuvre-cornelienne-pour-laustralie\/","title":{"rendered":"Sauver les r\u00e9cifs coralliens : une \u0153uvre corn\u00e9lienne pour l\u2019Australie"},"content":{"rendered":"<p>Pour rem\u00e9dier aux d\u00e9g\u00e2ts subis par les coraux, le Queensland (Australie) pr\u00e9voit une vaste op\u00e9ration de plantations de coraux artificiels au large de Fitzroy Island, une lueur d\u2019espoir pour la Grande Barri\u00e8re de Corail. La m\u00e9thode pourrait redonner des couleurs au tourisme d\u2019exploration sous-marine.<\/p>\n<p>S\u2019inspirant d\u2019autres exp\u00e9riences positives dans les Keys de Floride ou dans la mer des Cara\u00efbes, la Reef Restoration Foundation a lanc\u00e9 en d\u00e9cembre 2017 son premier \u00e9levage de coraux artificiels pr\u00e8s de l\u2019\u00eele de Fitzroy Island, dans le nord du Queensland. Cette m\u00e9thode de transplantation permettrait de r\u00e9installer 25 000 coraux sains par an. Des chercheurs ont r\u00e9ussi \u00e0 faire pousser des fragments de coraux particuli\u00e8rement r\u00e9sistants sur des r\u00e9cifs artificiels. En tr\u00e8s peu de temps, ces particules de coraux fix\u00e9es par des cordes \u00e0 des structures m\u00e9talliques se sont transform\u00e9es en constructions coralliennes gigantesques. Cette op\u00e9ration recevra une aide financi\u00e8re d\u2019environ 250&#8217;000 CHF sur un espace de trois ans de la part de\u00a0 la Banque nationale d&#8217;Australie.<\/p>\n<p><strong>Une situation alarmante\u00a0:<\/strong> Selon un rapport des Nation Unies (chronique ONU), 70 % des r\u00e9cifs coralliens dans le monde sont menac\u00e9s d\u2019extinction, dont 20 % ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits sans espoir d\u2019am\u00e9lioration, 24 % risquent de dispara\u00eetre et 26 % suppl\u00e9mentaires sont menac\u00e9s \u00e0 long terme. Les coraux vivent en symbiose avec des algues unicellulaires photosynth\u00e9tiques appel\u00e9es zooxanthelles. En situation de stress (acidification du milieu, r\u00e9chauffement des eaux&#8230;), ils peuvent expulser ces algues et blanchir. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, r\u00e9versible si les conditions s&#8217;am\u00e9liorent, est connu sous le nom de blanchiment des coraux. Il est souvent lourd de cons\u00e9quences car, priv\u00e9 de l&#8217;apport nutritif fourni par ces algues, le corail d\u00e9p\u00e9rit et meurt, donnant naissance \u00e0 de vastes zones mortes sous-marines d\u00e9sert\u00e9es par la faune. Il faut \u00e0 cela ajouter l\u2019exploitation et l\u2019extraction destructrices des coraux, comme cela s\u2019est produit en mer de Chine m\u00e9ridionale et sur la c\u00f4te est du Sri Lanka, o\u00f9 les coraux \u00e9taient jadis dynamit\u00e9s pour \u00eatre utilis\u00e9 comme sable pour le b\u00e2timent. Il faudrait aussi mettre un terme au d\u00e9versement des eaux us\u00e9es et des \u00e9gouts dans les eaux c\u00f4ti\u00e8res, une pratique qui entra\u00eene la prolif\u00e9ration d\u2019algues nocives. La quantit\u00e9 de dioxyde de carbone (CO2) et d&#8217;autres gaz \u00e0 effet de serre dans l&#8217;atmosph\u00e8re est lui aussi responsable de la hausse des temp\u00e9ratures des oc\u00e9ans. Ces temp\u00e9ratures en augmentation provoquent aussi le blanchiment des coraux, mais le CO2 fait peser une autre menace sur ces derniers. En effet, lorsque les coraux absorbent le CO2 atmosph\u00e9rique, il se produit une r\u00e9action chimique entre ce gaz et l&#8217;eau, produisant de l&#8217;acide carbonique. Ce compos\u00e9 acidifie l&#8217;eau, favorisant la dissolution du calcium et donc des parties calciques de nombreux organismes coralliens b\u00e2tisseurs.<\/p>\n<p><strong>Sauver aussi les poissons\u00a0:<\/strong> La cons\u00e9quence est d\u00e9sastreuse, non seulement pour les \u00e9cosyst\u00e8mes qui s\u2019effondrent, mais aussi pour trois milliards d\u2019habitants de la plan\u00e8te habitant \u00e0 moins de 100km d\u2019un oc\u00e9an et vivant des produits de la mer. En effet, la vie des coraux est directement li\u00e9e \u00e0 celle de la faune marine et des poissons en particulier dont le stock diminue dangereusement. Parall\u00e8lement \u00e0 la sauvegarde des coraux, Il faut donc aussi mettre fin dans les plus brefs d\u00e9lais possibles \u00e0 la surexploitation, \u00e0 la p\u00eache non r\u00e9glement\u00e9e et aux pratiques de p\u00eache destructrices afin de restaurer le plus rapidement possible les stocks de poissons. Les barri\u00e8res de corail sont, d\u2019autre part, des protections naturelles contre les vagues lors de\u00a0 temp\u00eates et, enfin, un r\u00e9servoir de produits naturels pour la fabrication de nombreux m\u00e9dicaments pour soigner d\u2019importantes maladies comme, par exemple, l\u2019Alzheimer.<\/p>\n<p><strong>De bonnes intentions\u00a0:<\/strong> Apr\u00e8s avoir minimis\u00e9 la pollution marine et la d\u00e9r\u00e9glementation du climat, on s\u2019achemine enfin vers des mesures de sauvetage, m\u00eame si, par endroit, il est d\u00e9j\u00e0 trop tard. Certes, le Programme de d\u00e9veloppement durable des Nations Unies \u00e9tablit un plan pour la future protection des oc\u00e9ans, mais avec, pour horizon, l\u2019an 2030. De plus, comme beaucoup de r\u00e9solutions des Nations Unies, il s\u2019agit de recommandations non contraignantes face auxquelles se heurtent, bien souvent, les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques divers dont, surtout, l\u2019exploitation des \u00e9nergies fossiles.<\/p>\n<p><strong>La faute au climat :<\/strong> En Australie et dans certaines r\u00e9gions de l\u2019Asie et au Proche-Orient, l\u2019effet est particuli\u00e8rement ressenti par les effets conjugu\u00e9s du courant \u00e9quatorial chaud du Pacifique El Nino, mais aussi par le r\u00e9chauffement climatique r\u00e9sultant en grande partie des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. \u00ab Si le changement climatique se poursuit \u00e0 un rythme rapide, les r\u00e9cifs coralliens seront gravement alt\u00e9r\u00e9s d\u2019ici au milieu du si\u00e8cle\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Nick Graham, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Newcastle (UK), qui poursuit\u00a0: \u00ab\u00a0Par contre, si nous parvenons \u00e0 fortement baisser les \u00e9missions de dioxyde de carbone, les coraux subiront encore des \u00e9pisodes de blanchissement, mais nombre d\u2019entre eux pourront survivre. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Le tourisme \u00e0 la rescousse :<\/strong> On peut d\u00e9crier, \u00e0 juste raison, le tourisme de masse et ses effets pervers, notamment dans les r\u00e9gions o\u00f9 la masse de plongeurs sous-marins, souvent d\u00e9butants, fait des d\u00e9g\u00e2ts, comme par exemple en mer Rouge, mais on remarque aussi que les instances gouvernementales des pays vivant en grande partie du tourisme prennent la chose tr\u00e8s au s\u00e9rieux. Face \u00e0 la concurrence, les offices du tourisme d\u00e9ploient beaucoup d\u2019\u00e9nergie pour montrer \u00e0 leurs clients potentiels qu\u2019ils font beaucoup pour la d\u00e9fense de l\u2019environnement et des coraux. Il en va de m\u00eame pour certains \u00e9tablissements publics et priv\u00e9s qui n\u2019ont pas attendu les directives gouvernementales pour prendre les choses en main, pour exemple l\u2019h\u00f4tel Maalu Maalu qui a mis en place de longue date un projet appel\u00e9 \u00ab\u00a0plant a coral\u00a0\u00bb sur la plage de Passikudah (Sri Lanka), initiative qui, d\u2019ailleurs, \u00a0profite aux autres h\u00f4telier de la plage. Celle-ci consiste \u00e0 reconstruire un r\u00e9cif avec des grilles sur lesquelles est accroch\u00e9e une p\u00e9pini\u00e8re de coraux. L\u2019h\u00f4telier a, d\u2019ailleurs, am\u00e9nag\u00e9 un petit mus\u00e9e dans lequel le processus est expliqu\u00e9 aux visiteurs.<\/p>\n<p><strong>Une approche \u00e9ducative\u00a0:<\/strong> La pr\u00e9servation des coraux se heurte le plus souvent \u00e0 des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s et \u00e0 des lobbies qui entravent l\u2019efficacit\u00e9 des d\u00e9cisions gouvernementales. S\u2019en m\u00ealent aussi des ph\u00e9nom\u00e8nes comme la pauvret\u00e9 des populations qui parent au plus vital, en proie \u00e0 la concurrence de la p\u00eache industrielle. Enseigner l\u2019importance de la p\u00eache durable et offrir des possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables et de l\u2019\u00e9cotourisme ont d\u00e9j\u00e0 permis d\u2019augmenter avec succ\u00e8s les taux d\u2019emplois et d\u2019am\u00e9liorer l\u2019assainissement tout en r\u00e9duisant la pauvret\u00e9, la malnutrition et la pollution. Mais le chemin est encore long. Persuader les communaut\u00e9s qui vivent des produits de la mer implique de les \u00e9duquer sur l\u2019importance de la protection des r\u00e9cifs, comme, par exemple, l\u2019explication des d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les ancres de bateaux, mais aussi leur proposer d\u2019autres m\u00e9thodes d\u2019ancrage.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9thode naturelle\u00a0:<\/strong> Des gast\u00e9ropodes g\u00e9ants pourraient \u00eatre l\u00e2ch\u00e9s sur les barri\u00e8res de corail pour les prot\u00e9ger des \u00e9toiles de mer tueuses (qu\u2019on appelle aussi \u00ab\u00a0coussins de belle-m\u00e8re\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0couronnes d\u2019\u00e9pines\u00a0\u00bb), mais il faudrait \u00e9lever ces mollusques en grand nombre et \u00e0 grande vitesse pour enrailler le blanchiment des coraux. A l\u2019\u00eele Maurice, par exemple, les moniteurs de plong\u00e9e connaissent bien le probl\u00e8me depuis les ann\u00e9es 80 et profitent de chaque plong\u00e9e pour d\u00e9truire celle qu\u2019on nomme scientifiquement l\u2019acanthaster planci.<\/p>\n<p><strong>Positions politiques\u00a0:<\/strong> On trouve dans diverses parties du monde tropical des initiatives courageuses. Ainsi, le gouvernement du Costa Rica a su r\u00e9sister au chant des sir\u00e8nes en refusant les op\u00e9rations de recherche et de forages p\u00e9trolif\u00e8res dans les \u00eeles de Cocos. Au Belize, le gouvernement a \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater toute exploitation p\u00e9troli\u00e8re et a dit stop \u00e0 toute exploitation de p\u00e9trole en mer des Cara\u00efbes afin de pr\u00e9server sa barri\u00e8re de corail, l\u2019une des plus prestigieuses du monde. La d\u00e9cision avait alors \u00e9t\u00e9 prise suite au signal d\u2019alarme d\u00e9clench\u00e9 par de nombreux \u00e9cologistes qui pr\u00e9voyaient une catastrophe environnementale. Et, pourtant, des forages avaient r\u00e9v\u00e9l\u00e9 d\u2019importantes r\u00e9serves situ\u00e9es pr\u00e9cis\u00e9ment dans la zone corallienne prot\u00e9g\u00e9e. Certes, le B\u00e9lize tire un trait sur 17% de revenus potentiels, mais, en contrepartie, pr\u00e9serve 10% de son PIB g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par le tourisme, soit plus de 200 millions de dollars annuels. Mais rien n\u2019est totalement gagn\u00e9. L\u2019administration Trump souhaiterait contre-attaquer cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9voir pour mieux gu\u00e9rir\u00a0:<\/strong> La Nouvelle-Cal\u00e9donie, ce Territoire d\u2019outre-mer fran\u00e7ais, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 la une avec la visite d\u2019Emmanuel Macron, n\u2019est pas encore\u00a0 au m\u00eame stade que l\u2019Australie en ce qui concerne le blanchissement des coraux. Pourtant, elle effectue un \u00e9tat de sant\u00e9 en permanence depuis 1995. Elle utilise pour cela les bases de donn\u00e9es internationales du Global Coral Reef Monitoring Network (GCRMN), qui op\u00e8re un suivi scientifique des r\u00e9cifs coralliens du monde entier et peut ainsi mieux pr\u00e9voir les menaces que repr\u00e9sentent le r\u00e9chauffement climatique et l\u2019acidit\u00e9 des eaux. 27 stations r\u00e9parties tout autour de la Grande Terre et dans les \u00eeles de la Loyaut\u00e9 sont r\u00e9guli\u00e8rement surveill\u00e9es par des plongeurs b\u00e9n\u00e9voles form\u00e9s sp\u00e9cialement par l\u2019organisme l\u2019Initiative Fran\u00e7aise pour\u00a0 les R\u00e9cifs Coralliens\u00a0 (IFRECOR).<\/p>\n<p><strong>G\u00e9rard Blanc<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sources\u00a0:<\/strong> Chroniques de l\u2019ONU, 24 Heures, Les Echos, Global Spots, Le Temps, la Tribune de Gen\u00e8ve et les offices du tourisme de la Nouvelle-Cal\u00e9donie, du Belize et du Costa-Rica.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour rem\u00e9dier aux d\u00e9g\u00e2ts subis par les coraux, le Queensland (Australie) pr\u00e9voit une vaste op\u00e9ration de plantations de coraux artificiels au large de Fitzroy Island, une lueur d\u2019espoir pour la Grande Barri\u00e8re de Corail. La m\u00e9thode pourrait redonner des couleurs au tourisme d\u2019exploration sous-marine.<br \/>\nS\u2019inspirant d\u2019autres exp\u00e9riences positives dans les Keys de Floride ou dans la mer des Cara\u00efbes, la Reef Restoration Foundation a lanc\u00e9 en d\u00e9cembre 2017 son premier \u00e9levage de coraux artificiels pr\u00e8s de l\u2019\u00eele de Fitzroy Island, dans le nord du Queensland. Cette m\u00e9thode de transplantation permettrait de r\u00e9installer 25 000 coraux sains par an. Des chercheurs ont r\u00e9ussi \u00e0 faire pousser des fragments de coraux particuli\u00e8rement r\u00e9sistants sur des r\u00e9cifs artificiels. En tr\u00e8s peu de temps, ces particules de coraux fix\u00e9es par des cordes \u00e0 des structures m\u00e9talliques se sont transform\u00e9es en constructions coralliennes gigantesques. Cette op\u00e9ration recevra une aide financi\u00e8re d\u2019environ 250&#8217;000 CHF sur un espace de trois ans de la part de  la Banque nationale d&#8217;Australie.<br \/>\nUne situation alarmante : Selon un rapport des Nation Unies (chronique ONU), 70 % des r\u00e9cifs coralliens dans le monde sont menac\u00e9s d\u2019extinction, dont 20 % ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits sans espoir d\u2019am\u00e9lioration, 24 % risquent de dispara\u00eetre et 26 % suppl\u00e9mentaires sont menac\u00e9s \u00e0 long terme. Les coraux vivent en symbiose avec des algues unicellulaires photosynth\u00e9tiques appel\u00e9es zooxanthelles. En situation de stress (acidification du milieu, r\u00e9chauffement des eaux&#8230;), ils peuvent expulser ces algues et blanchir. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, r\u00e9versible si les conditions s&#8217;am\u00e9liorent, est connu sous le nom de blanchiment des coraux. 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Ces temp\u00e9ratures en augmentation provoquent aussi le blanchiment des coraux, mais le CO2 fait peser une autre menace sur ces derniers. En effet, lorsque les coraux absorbent le CO2 atmosph\u00e9rique, il se produit une r\u00e9action chimique entre ce gaz et l&#8217;eau, produisant de l&#8217;acide carbonique. Ce compos\u00e9 acidifie l&#8217;eau, favorisant la dissolution du calcium et donc des parties calciques de nombreux organismes coralliens b\u00e2tisseurs.<br \/>\nSauver aussi les poissons : La cons\u00e9quence est d\u00e9sastreuse, non seulement pour les \u00e9cosyst\u00e8mes qui s\u2019effondrent, mais aussi pour trois milliards d\u2019habitants de la plan\u00e8te habitant \u00e0 moins de 100km d\u2019un oc\u00e9an et vivant des produits de la mer. En effet, la vie des coraux est directement li\u00e9e \u00e0 celle de la faune marine et des poissons en particulier dont le stock diminue dangereusement. Parall\u00e8lement \u00e0 la sauvegarde des coraux, Il faut donc aussi mettre fin dans les plus brefs d\u00e9lais possibles \u00e0 la surexploitation, \u00e0 la p\u00eache non r\u00e9glement\u00e9e et aux pratiques de p\u00eache destructrices afin de restaurer le plus rapidement possible les stocks de poissons. Les barri\u00e8res de corail sont, d\u2019autre part, des protections naturelles contre les vagues lors de  temp\u00eates et, enfin, un r\u00e9servoir de produits naturels pour la fabrication de nombreux m\u00e9dicaments pour soigner d\u2019importantes maladies comme, par exemple, l\u2019Alzheimer.<br \/>\nDe bonnes intentions : Apr\u00e8s avoir minimis\u00e9 la pollution marine et la d\u00e9r\u00e9glementation du climat, on s\u2019achemine enfin vers des mesures de sauvetage, m\u00eame si, par endroit, il est d\u00e9j\u00e0 trop tard. Certes, le Programme de d\u00e9veloppement durable des Nations Unies \u00e9tablit un plan pour la future protection des oc\u00e9ans, mais avec, pour horizon, l\u2019an 2030. De plus, comme beaucoup de r\u00e9solutions des Nations Unies, il s\u2019agit de recommandations non contraignantes face auxquelles se heurtent, bien souvent, les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques divers dont, surtout, l\u2019exploitation des \u00e9nergies fossiles.<br \/>\nLa faute au climat : En Australie et dans certaines r\u00e9gions de l\u2019Asie et au Proche-Orient, l\u2019effet est particuli\u00e8rement ressenti par les effets conjugu\u00e9s du courant \u00e9quatorial chaud du Pacifique El Nino, mais aussi par le r\u00e9chauffement climatique r\u00e9sultant en grande partie des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. \u00ab Si le changement climatique se poursuit \u00e0 un rythme rapide, les r\u00e9cifs coralliens seront gravement alt\u00e9r\u00e9s d\u2019ici au milieu du si\u00e8cle \u00bb, d\u00e9clare Nick Graham, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Newcastle (UK), qui poursuit : \u00ab Par contre, si nous parvenons \u00e0 fortement baisser les \u00e9missions de dioxyde de carbone, les coraux subiront encore des \u00e9pisodes de blanchissement, mais nombre d\u2019entre eux pourront survivre. \u00bb<br \/>\nLe tourisme \u00e0 la rescousse? : On peut d\u00e9crier, \u00e0 juste raison, le tourisme de masse et ses effets pervers, notamment dans les r\u00e9gions o\u00f9 la masse de plongeurs sous-marins, souvent d\u00e9butants, fait des d\u00e9g\u00e2ts, comme par exemple en mer Rouge, mais on remarque aussi que les instances gouvernementales des pays vivant en grande partie du tourisme prennent la chose tr\u00e8s au s\u00e9rieux. Face \u00e0 la concurrence, les offices du tourisme d\u00e9ploient beaucoup d\u2019\u00e9nergie pour montrer \u00e0 leurs clients potentiels qu\u2019ils font beaucoup pour la d\u00e9fense de l\u2019environnement et des coraux. Il en va de m\u00eame pour certains \u00e9tablissements publics et priv\u00e9s qui n\u2019ont pas attendu les directives gouvernementales pour prendre les choses en main, pour exemple l\u2019h\u00f4tel Maalu Maalu qui a mis en place de longue date un projet appel\u00e9 \u00ab plant a coral \u00bb sur la plage de Passikudah (Sri Lanka), initiative qui, d\u2019ailleurs,  profite aux autres h\u00f4telier de la plage. Celle-ci consiste \u00e0 reconstruire un r\u00e9cif avec des grilles sur lesquelles est accroch\u00e9e une p\u00e9pini\u00e8re de coraux. L\u2019h\u00f4telier a, d\u2019ailleurs, am\u00e9nag\u00e9 un petit mus\u00e9e dans lequel le processus est expliqu\u00e9 aux visiteurs.<br \/>\nUne approche \u00e9ducative : La pr\u00e9servation des coraux se heurte le plus souvent \u00e0 des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s et \u00e0 des lobbies qui entravent l\u2019efficacit\u00e9 des d\u00e9cisions gouvernementales. S\u2019en m\u00ealent aussi des ph\u00e9nom\u00e8nes comme la pauvret\u00e9 des populations qui parent au plus vital, en proie \u00e0 la concurrence de la p\u00eache industrielle. Enseigner l\u2019importance de la p\u00eache durable et offrir des possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables et de l\u2019\u00e9cotourisme ont d\u00e9j\u00e0 permis d\u2019augmenter avec succ\u00e8s les taux d\u2019emplois et d\u2019am\u00e9liorer l\u2019assainissement tout en r\u00e9duisant la pauvret\u00e9, la malnutrition et la pollution. Mais le chemin est encore long. Persuader les communaut\u00e9s qui vivent des produits de la mer implique de les \u00e9duquer sur l\u2019importance de la protection des r\u00e9cifs, comme, par exemple, l\u2019explication des d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les ancres de bateaux, mais aussi leur proposer d\u2019autres m\u00e9thodes d\u2019ancrage.<br \/>\nM\u00e9thode naturelle : Des gast\u00e9ropodes g\u00e9ants pourraient \u00eatre l\u00e2ch\u00e9s sur les barri\u00e8res de corail pour les prot\u00e9ger des \u00e9toiles de mer tueuses (qu\u2019on appelle aussi \u00ab coussins de belle-m\u00e8re \u00bb ou \u00ab couronnes d\u2019\u00e9pines \u00bb), mais il faudrait \u00e9lever ces mollusques en grand nombre et \u00e0 grande vitesse pour enrailler le blanchiment des coraux. A l\u2019\u00eele Maurice, par exemple, les moniteurs de plong\u00e9e connaissent bien le probl\u00e8me depuis les ann\u00e9es 80 et profitent de chaque plong\u00e9e pour d\u00e9truire celle qu\u2019on nomme scientifiquement l\u2019acanthaster planci.<br \/>\nPositions politiques : On trouve dans diverses parties du monde tropical des initiatives courageuses. Ainsi, le gouvernement du Costa Rica a su r\u00e9sister au chant des sir\u00e8nes en refusant les op\u00e9rations de recherche et de forages p\u00e9trolif\u00e8res dans les \u00eeles de Cocos. Au B\u00e9lize, le gouvernement a \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater toute exploitation p\u00e9troli\u00e8re et a dit stop \u00e0 toute exploitation de p\u00e9trole en mer des Cara\u00efbes afin de pr\u00e9server sa barri\u00e8re de corail, l\u2019une des plus prestigieuses du monde. La d\u00e9cision avait alors \u00e9t\u00e9 prise suite au signal d\u2019alarme d\u00e9clench\u00e9 par de nombreux \u00e9cologistes qui pr\u00e9voyaient une catastrophe environnementale. Et, pourtant, des forages avaient r\u00e9v\u00e9l\u00e9 d\u2019importantes r\u00e9serves situ\u00e9es pr\u00e9cis\u00e9ment dans la zone corallienne prot\u00e9g\u00e9e. Certes, le B\u00e9lize tire un trait sur 17% de revenus potentiels, mais, en contrepartie, pr\u00e9serve 10% de son PIB g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par le tourisme, soit plus de 200 millions de dollars annuels. Mais rien n\u2019est totalement gagn\u00e9. L\u2019administration Trump souhaiterait contre-attaquer cette d\u00e9cision.<br \/>\nPr\u00e9voir pour mieux gu\u00e9rir : La Nouvelle-Cal\u00e9donie, ce Territoire d\u2019outre-mer fran\u00e7ais, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 la une avec la visite d\u2019Emmanuel Macron, n\u2019est pas encore  au m\u00eame stade que l\u2019Australie en ce qui concerne le blanchissement des coraux. Pourtant, elle effectue un \u00e9tat de sant\u00e9 en permanence depuis 1995. Elle utilise pour cela les bases de donn\u00e9es internationales du Global Coral Reef Monitoring Network (GCRMN), qui op\u00e8re un suivi scientifique des r\u00e9cifs coralliens du monde entier et peut ainsi mieux pr\u00e9voir les menaces que repr\u00e9sentent le r\u00e9chauffement climatique et l\u2019acidit\u00e9 des eaux. 27 stations r\u00e9parties tout autour de la Grande Terre et dans les \u00eeles de la Loyaut\u00e9 sont r\u00e9guli\u00e8rement surveill\u00e9es par des plongeurs b\u00e9n\u00e9voles form\u00e9s sp\u00e9cialement par l\u2019organisme l\u2019Initiative Fran\u00e7aise pour  les R\u00e9cifs Coralliens  (IFRECOR).<br \/>\nG\u00e9rard Blanc<br \/>\nSources : Chroniques de l\u2019ONU, 24 Heures, Les Echos, Global Spots, Le Temps, la Tribune de Gen\u00e8ve et les offices du tourisme de la Nouvelle-Cal\u00e9donie, du Belize et du Costa-Rica.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[6,6618],"tags":[9588,5577,7044,7041,7043,539,7045,9589,404,7042],"class_list":["post-16095","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito","category-patrimoine-mondial","tag-australie","tag-belize-2","tag-blanchissement","tag-corail","tag-etoile-de-mer","tag-grande-barriere-de-corail","tag-initiative-francaise-pour-les-recifs-coralliens","tag-nouvelle-caledonie","tag-queensland","tag-recif"],"wps_subtitle":"EDITO","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16095","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16095"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16095\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16137,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16095\/revisions\/16137"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16095"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16095"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16095"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}