{"id":15837,"date":"2018-02-28T11:29:49","date_gmt":"2018-02-28T10:29:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=15837"},"modified":"2018-02-28T11:30:04","modified_gmt":"2018-02-28T10:30:04","slug":"ryanair-oleary-bientot-a-la-porte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/ryanair-oleary-bientot-a-la-porte\/","title":{"rendered":"Ryanair : O\u2019Leary bient\u00f4t \u00e0 la porte ?"},"content":{"rendered":"<p>Dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 Michael O\u2019Leary, PDG de Ryanair, les membres du Syndicat des pilotes irlandais \u201cThe European Employee Representative Council\u201d (EERC), repr\u00e9sentant plus de 4&#8217;000 pilotes de la compagnie a\u00e9rienne, lui ont demand\u00e9 de prendre ses cliques et ses claques avant de causer des dommages irr\u00e9versibles \u00e0 la compagnie.<\/p>\n<p>Cocasse, diriez-vous. Pourtant, la situation de la compagnie a\u00e9rienne lowcost est en mauvaise posture, et les algarades arrogantes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es et les m\u00e9thodes commerciales douteuses tenant plus de la piraterie que de la biens\u00e9ance ont remu\u00e9 le monde de l\u2019aviation et des passagers a\u00e9riens, en d\u00e9pit des tarifs bas pratiqu\u00e9s par le transporteur, et dont O\u2019Leary faisait son cheval de bataille.<\/p>\n<p>Les pilotes\u00a0: On ne peut que constater la maladresse avec laquelle Michael O\u2019Leary s\u2019y est pris pour acc\u00e9der \u00e0 la demande de ses pilotes \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2017. Pour m\u00e9moire, sous la pression de commandants de bord, celui-ci avait dit qu\u2019il allait \u00e9tudier leurs revendications qui, pour rappel, n\u2019\u00e9taient pas uniquement une question de salaire mais aussi une question de r\u00e9am\u00e9nagement des conditions de travail. O\u2019Leary avait alors pr\u00e9text\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait ouvert \u00e0 des n\u00e9gociations e6t \u00e0 la reconnaissance des syndicats, mais avait trouv\u00e9 des pr\u00e9textes pour repousser celles-ci au d\u00e9but 2018. Manifestement, son intention \u00e9tait surtout de ne pas perturber le juteux trafic des f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e. Il fallait s\u2019attendre \u00e0 la suite\u00a0: d\u00e9but 2018, O\u2019Leary avait alors rejet\u00e9 en bloc les demandes des pilotes en les traitant de \u00ab\u00a0compl\u00e8tement ridicules\u00a0\u00bb sans plus d\u2019explications. A ce jour les gr\u00e8ves vont certainement repartir de plus belle, notamment pour la p\u00e9riode de P\u00e2ques. Aujourd\u2019hui, l\u2019EERC constate que le plan de d\u00e9veloppement de la compagnie est \u00e0 son point mort depuis la p\u00e9riode d\u2019annulation de 20&#8217;000 vols fin 2017. Le syndicat indique que, peu \u00e0 peu, les pilotes quittent le navire, ne sont pas remplac\u00e9s et que la chose ne changera gu\u00e8re si le dialogue reste toujours aussi obtus de la part de leur PDG, contrairement \u00e0 la d\u00e9claration du chef du personnel Eddie Wilson qui, a contrario, se veut rassurant. De son c\u00f4t\u00e9, le patron de Ryanair affirme qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait annuler des vols plut\u00f4t que de c\u00e9der aux revendications syndicales &#8220;irr\u00e9alistes&#8221;, une nouvelle bravade alors que la situation financi\u00e8re de la compagnie ne serait pas au beau fixe.<\/p>\n<p>D\u00e9solidarisation des communes: Lors de la derni\u00e8re pr\u00e9sentation du bilan de la compagnie, Michael O\u2019Leary a d\u00fb admettre que la situation financi\u00e8re de Ryanair, bien que toujours positive, risquait de souffrir d\u2019une p\u00e9riode de gr\u00e8ves. Mais un autre ph\u00e9nom\u00e8ne latent fait son chemin. On se rappelle l\u2019\u00e9pinglage par la Cour des comptes de l\u2019a\u00e9roport de Paris-Beauvais qui avait accord\u00e9 de colossales faveurs financi\u00e8res \u00e0 Ryanair et cr\u00e9\u00e9 ainsi un d\u00e9s\u00e9quilibre financier de la place a\u00e9roportuaire. R\u00e9cemment, selon le journal Normandie-Actu, l\u2019a\u00e9roport de Deauville s\u2019est vu, le 12 f\u00e9vrier 2018, supprimer par Herv\u00e9 Morin, pr\u00e9sident de la R\u00e9gion Normandie, la subvention annuelle de 300&#8217;000 euros accord\u00e9e \u00e0 Ryanair pour la liaison Deauville-Londres en d\u00e9clarant\u00a0: \u00abOn n&#8217;est pas l\u00e0 pour financer des compagnies priv\u00e9es\u00bb. En effet, le transporteur irlandais use r\u00e9guli\u00e8rement de cette pratique pour ouvrir des lignes vers des a\u00e9roports excentr\u00e9s en approchant les \u00e9lus locaux et les chambres de commerces et en falsifiant les chiffres de nombre de passagers. Ainsi, \u00e0 Deauville Herv\u00e9 Morin avait constat\u00e9 que Ryanair lui annon\u00e7ait un trafic de 17&#8217;000 passagers annuels alors qu\u2019il n\u2019y en avait eu que 8&#8217;000. Se faire subventionner l\u2019utilisation d\u2019un a\u00e9roport semble \u00eatre une m\u00e9thode courant pour Ryanair. Multipliez le ph\u00e9nom\u00e8ne par le nombre d\u2019a\u00e9roports rien qu\u2019en France (35) et cela fera un p\u00e9cule de plusieurs centaines de milliers d\u2019euros annuels. Il faut ajouter \u00e0 cela le chantage permanent fait aux administrations, Ryanair mena\u00e7ant, par exemple de ne pas poursuivre ses liaisons a\u00e9rienne si l\u2019a\u00e9roport n\u2019allonge pas 100&#8217;000 euros de plus ce que l\u2019a\u00e9roport de Pau, par exemple, a refus\u00e9 tout net apr\u00e8s que Patrick de Stampa, pr\u00e9sident de la CCI Pau-B\u00e9arn et gestionnaire de l&#8217;a\u00e9roport, ait constat\u00e9 que la subvention avait d\u00e9j\u00e0 totalis\u00e9 4,4 millions d&#8217;euros depuis 2003. D\u2019autres a\u00e9roports ont, eux aussi, refus\u00e9 la demande de rallonge comme, par exemple, la Chambre de commerce d\u2019Angoul\u00eame en mars 2010, et, ailleurs en Europe, les a\u00e9roports de Bratislava, Malte ou encore Gerone. De son c\u00f4t\u00e9, Ryanair n\u2019arr\u00eatait pas de fanfaronner avec ses annonces de profits avoisinant les 400 millions d\u2019euros.<\/p>\n<p>Aides au marketing\u00a0? Officiellement, les &#8220;aides au marketing&#8221; qui englobent des prestations en publicit\u00e9 dans la presse ou sur les sites internet des a\u00e9roports est chose admise. Par contre, selon le journal l&#8217;Expansion les contributions accord\u00e9es \u00e0 Ryanair sont jug\u00e9es &#8220;floues et \u00e0 la limite de la l\u00e9galit\u00e9&#8221; par plusieurs Cours r\u00e9gionales de comptes et m\u00eame condamn\u00e9es par la justice comme subventions d\u00e9guis\u00e9es. Toujours selon l\u2019Expansion, si les choses s\u2019\u00e9taient pass\u00e9es ainsi, la suppression des aides publiques de 2010 aurait mis la compagnie en faillite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G\u00e9rard Blanc<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 Michael O\u2019Leary, PDG de Ryanair, les membres du Syndicat des pilotes irlandais \u201cThe European Employee Representative Council\u201d (EERC), repr\u00e9sentant plus de 4&#8217;000 pilotes de la compagnie a\u00e9rienne, lui ont demand\u00e9 de prendre ses cliques et ses claques avant de causer des dommages irr\u00e9versibles \u00e0 la compagnie.<br \/>\nCocasse, diriez-vous. Pourtant, la situation de la compagnie a\u00e9rienne lowcost est en mauvaise posture, et les algarades arrogantes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es et les m\u00e9thodes commerciales douteuses tenant plus de la piraterie que de la biens\u00e9ance ont remu\u00e9 le monde de l\u2019aviation et des passagers a\u00e9riens, en d\u00e9pit des tarifs bas pratiqu\u00e9s par le transporteur, et dont O\u2019Leary faisait son cheval de bataille.<br \/>\nLes pilotes : On ne peut que constater la maladresse avec laquelle Michael O\u2019Leary s\u2019y est pris pour acc\u00e9der \u00e0 la demande de ses pilotes \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2017. Pour m\u00e9moire, sous la pression de commandants de bord, celui-ci avait dit qu\u2019il allait \u00e9tudier leurs revendications qui, pour rappel, n\u2019\u00e9taient pas uniquement une question de salaire mais aussi une question de r\u00e9am\u00e9nagement des conditions de travail. O\u2019Leary avait alors pr\u00e9text\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait ouvert \u00e0 des n\u00e9gociations e6t \u00e0 la reconnaissance des syndicats, mais avait trouv\u00e9 des pr\u00e9textes pour repousser celles-ci au d\u00e9but 2018. Manifestement, son intention \u00e9tait surtout de ne pas perturber le juteux trafic des f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e. Il fallait s\u2019attendre \u00e0 la suite : d\u00e9but 2018, O\u2019Leary avait alors rejet\u00e9 en bloc les demandes des pilotes en les traitant de \u00ab compl\u00e8tement ridicules \u00bb sans plus d\u2019explications. A ce jour les gr\u00e8ves vont certainement repartir de plus belle, notamment pour la p\u00e9riode de P\u00e2ques. Aujourd\u2019hui, l\u2019EERC constate que le plan de d\u00e9veloppement de la compagnie est \u00e0 son point mort depuis la p\u00e9riode d\u2019annulation de 20&#8217;000 vols fin 2017. Le syndicat indique que, peu \u00e0 peu, les pilotes quittent le navire, ne sont pas remplac\u00e9s et que la chose ne changera gu\u00e8re si le dialogue reste toujours aussi obtus de la part de leur PDG, contrairement \u00e0 la d\u00e9claration du chef du personnel Eddie Wilson qui, a contrario, se veut rassurant. De son c\u00f4t\u00e9, le patron de Ryanair affirme qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait annuler des vols plut\u00f4t que de c\u00e9der aux revendications syndicales &#8220;irr\u00e9alistes&#8221;, une nouvelle bravade alors que la situation financi\u00e8re de la compagnie ne serait pas au beau fixe.<br \/>\nD\u00e9solidarisation des communes: Lors de la derni\u00e8re pr\u00e9sentation du bilan de la compagnie, Michael O\u2019Leary a d\u00fb admettre que la situation financi\u00e8re de Ryanair, bien que toujours positive, risquait de souffrir d\u2019une p\u00e9riode de gr\u00e8ves. Mais un autre ph\u00e9nom\u00e8ne latent fait son chemin. On se rappelle l\u2019\u00e9pinglage par la Cour des comptes de l\u2019a\u00e9roport de Paris-Beauvais qui avait accord\u00e9 de colossales faveurs financi\u00e8res \u00e0 Ryanair et cr\u00e9\u00e9 ainsi un d\u00e9s\u00e9quilibre financier de la place a\u00e9roportuaire. R\u00e9cemment, selon le journal Normandie-Actu, l\u2019a\u00e9roport de Deauville s\u2019est vu, le 12 f\u00e9vrier 2018, supprimer par Herv\u00e9 Morin, pr\u00e9sident de la R\u00e9gion Normandie, la subvention annuelle de 300&#8217;000 euros accord\u00e9e \u00e0 Ryanair pour la liaison Deauville-Londres en d\u00e9clarant : \u00abOn n&#8217;est pas l\u00e0 pour financer des compagnies priv\u00e9es\u00bb. En effet, le transporteur irlandais use r\u00e9guli\u00e8rement de cette pratique pour ouvrir des lignes vers des a\u00e9roports excentr\u00e9s en approchant les \u00e9lus locaux et les chambres de commerces et en falsifiant les chiffres de nombre de passagers. Ainsi, \u00e0 Deauville Herv\u00e9 Morin avait constat\u00e9 que Ryanair lui annon\u00e7ait un trafic de 17&#8217;000 passagers annuels alors qu\u2019il n\u2019y en avait eu que 8&#8217;000. Se faire subventionner l\u2019utilisation d\u2019un a\u00e9roport semble \u00eatre une m\u00e9thode courant pour Ryanair. Multipliez le ph\u00e9nom\u00e8ne par le nombre d\u2019a\u00e9roports rien qu\u2019en France (35) et cela fera un p\u00e9cule de plusieurs centaines de milliers d\u2019euros annuels. Il faut ajouter \u00e0 cela le chantage permanent fait aux administrations, Ryanair mena\u00e7ant, par exemple de ne pas poursuivre ses liaisons a\u00e9rienne si l\u2019a\u00e9roport n\u2019allonge pas 100&#8217;000 euros de plus ce que l\u2019a\u00e9roport de Pau, par exemple, a refus\u00e9 tout net apr\u00e8s que Patrick de Stampa, pr\u00e9sident de la CCI Pau-B\u00e9arn et gestionnaire de l&#8217;a\u00e9roport, ait constat\u00e9 que la subvention avait d\u00e9j\u00e0 totalis\u00e9 4,4 millions d&#8217;euros depuis 2003. D\u2019autres a\u00e9roports ont, eux aussi, refus\u00e9 la demande de rallonge comme, par exemple, la Chambre de commerce d\u2019Angoul\u00eame en mars 2010, et, ailleurs en Europe, les a\u00e9roports de Bratislava, Malte ou encore Gerone. De son c\u00f4t\u00e9, Ryanair n\u2019arr\u00eatait pas de fanfaronner avec ses annonces de profits avoisinant les 400 millions d\u2019euros.<br \/>\nAides au marketing ? Officiellement, les &#8220;aides au marketing&#8221; qui englobent des prestations en publicit\u00e9 dans la presse ou sur les sites internet des a\u00e9roports est chose admise. Par contre, selon le journal l&#8217;Expansion les contributions accord\u00e9es \u00e0 Ryanair sont jug\u00e9es &#8220;floues et \u00e0 la limite de la l\u00e9galit\u00e9&#8221; par plusieurs Cours r\u00e9gionales de comptes et m\u00eame condamn\u00e9es par la justice comme subventions d\u00e9guis\u00e9es. Toujours selon l\u2019Expansion, si les choses s\u2019\u00e9taient pass\u00e9es ainsi, la suppression des aides publiques de 2010 aurait mis la compagnie en faillite.<\/p>\n<p>G\u00e9rard Blanc <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[6900,6898,6901,6899,6897,6902,6874,6903,6403,1801,6151,6896],"class_list":["post-15837","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-breves","tag-aeport","tag-commandants-de-bord","tag-deauville","tag-demission","tag-eerc","tag-herve-morin","tag-oleary","tag-patrick-de-stampa","tag-pilotes","tag-ryanair","tag-syndicat","tag-the-european-employee-representative-council"],"wps_subtitle":"BR\u00c8VES","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15837","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15837"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15837\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15838,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15837\/revisions\/15838"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15837"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15837"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15837"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}