{"id":14691,"date":"2017-06-10T12:49:03","date_gmt":"2017-06-10T11:49:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=14691"},"modified":"2017-06-26T22:35:50","modified_gmt":"2017-06-26T21:35:50","slug":"iles-flottante-en-polynesie-reve-ou-realite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/iles-flottante-en-polynesie-reve-ou-realite\/","title":{"rendered":"Iles flottante en Polyn\u00e9sie : r\u00eave ou r\u00e9alit\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<p>La colonisation des mers est un sujet en vogue dans la Silicon Valley. Joe Quirk, directeur de l\u2019institut \u00e0 but non lucratif Seasteading, lance le mot en d\u00e9clarant\u00a0: \u00ab Vous en avez assez de la politique et des politiciens ? Lancez votre propre pays ! \u00bb. Son id\u00e9e part d\u2019un principe d\u2019appropriation de la surface des oc\u00e9ans pour cr\u00e9er des pays sans taxe et sans gouvernement. Assez utopique tout cela, mais, pourtant, Edouard Fritch, pr\u00e9sident de la Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise et Marc Collins, ambassadeur du Seasteading Institute en Polyn\u00e9sie, ont sign\u00e9, le 13 janvier selon la D\u00e9p\u00eache de Tahiti, un protocole d\u2019accord pr\u00e9voyant que les signataires mettent en commun leurs efforts en vue de la r\u00e9alisation d\u2019un projet pilote d\u2019\u00eeles flottantes en Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise. Le co\u00fbt seul des \u00e9tudes \u00e0 mener dans l\u2019ann\u00e9e est de l\u2019ordre d&#8217;environ deux millions de dollars et la construction ult\u00e9rieure d\u2019un prototype flottant de 7 500 m2 est estim\u00e9e par le Seasteading Institute \u00e0 50 millions de dollars. Financ\u00e9e notamment par le fondateur de Paypal Peter Thiel, le Seasteading Institute est, en effet, per\u00e7u comme un conglom\u00e9rat de riches libertariens qui souhaitent s\u2019exon\u00e9rer de la pression fiscale et, parfois, des r\u00e8gles \u00e9tablies par les Etats. Selon la presse quotidienne fran\u00e7aise, le projet pilote porte sur trois plates-formes de 2 500 m2, qui h\u00e9bergeront quelque 200 habitants, des magasins et des bureaux, \u00e0 l\u2019horizon 2020. Il reste n\u00e9anmoins plusieurs zones d\u2019ombre. Le gouvernement polyn\u00e9sien s\u2019attendait \u00e0 des discussions concr\u00e8tes et un projet architectural d\u00e9fini, mais, pour l\u2019instant, la d\u00e9marche reste politique et commerciale. Or, le Seasteading Institute n\u2019a produit jusqu\u2019alors qu\u2019une esquisse,\u00a0 et les habitants de la Polyn\u00e9sie fran\u00e7aises ne se montrent pas tr\u00e8s enthousiaste, sentiment partag\u00e9 par l\u2019oc\u00e9anographe Jacques Rougerie qui a l\u2019impression que le projet de Seasteading ne se pr\u00e9occupe pas du patrimoine architectural de l\u2019archipel et ne s\u2019int\u00e8gre pas \u00e0 la culture polyn\u00e9sienne. Affaire \u00e0 suivre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La colonisation des mers est un sujet en vogue dans la Silicon Valley. Joe Quirk, directeur de l\u2019institut \u00e0 but non lucratif Seasteading, lance le mot en d\u00e9clarant : \u00ab Vous en avez assez de la politique et des politiciens ? Lancez votre propre pays ! \u00bb. Son id\u00e9e part d\u2019un principe d\u2019appropriation de la surface des oc\u00e9ans pour cr\u00e9er des pays sans taxe et sans gouvernement. Assez utopique tout cela, mais, pourtant, Edouard Fritch, pr\u00e9sident de la Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise et Marc Collins, ambassadeur du Seasteading Institute en Polyn\u00e9sie, ont sign\u00e9, le 13 janvier selon la D\u00e9p\u00eache de Tahiti, un protocole d\u2019accord pr\u00e9voyant que les signataires mettent en commun leurs efforts en vue de la r\u00e9alisation d\u2019un projet pilote d\u2019\u00eeles flottantes en Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise. Le co\u00fbt seul des \u00e9tudes \u00e0 mener dans l\u2019ann\u00e9e est de l\u2019ordre d&#8217;environ deux millions de dollars et la construction ult\u00e9rieure d\u2019un prototype flottant de 7 500 m2 est estim\u00e9e par le Seasteading Institute \u00e0 50 millions de dollars.<br \/>\nFinanc\u00e9e notamment par le fondateur de Paypal Peter Thiel, le Seasteading Institute est, en effet, per\u00e7u comme un conglom\u00e9rat de riches libertariens qui souhaitent s\u2019exon\u00e9rer de la pression fiscale et, parfois, des r\u00e8gles \u00e9tablies par les Etats. Selon la presse quotidienne fran\u00e7aise, le projet pilote porte sur trois plates-formes de 2 500 m2, qui h\u00e9bergeront quelque 200 habitants, des magasins et des bureaux, \u00e0 l\u2019horizon 2020.<br \/>\nIl reste n\u00e9anmoins plusieurs zones d\u2019ombre. Le gouvernement polyn\u00e9sien s\u2019attendait \u00e0 des discussions concr\u00e8tes et un projet architectural d\u00e9fini, mais, pour l\u2019instant, la d\u00e9marche reste politique et commerciale. Or, le Seasteading Institute n\u2019a produit jusqu\u2019alors qu\u2019une esquisse,<br \/>\net les habitants de la Polyn\u00e9sie fran\u00e7aises ne se montrent pas tr\u00e8s enthousiaste, sentiment partag\u00e9 par l\u2019oc\u00e9anographe Jacques Rougerie qui a l\u2019impression que le projet de Seasteading ne se pr\u00e9occupe pas du patrimoine architectural de l\u2019archipel et ne s\u2019int\u00e8gre pas \u00e0 la culture polyn\u00e9sienne. 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