{"id":13814,"date":"2023-07-09T00:10:53","date_gmt":"2023-07-08T23:10:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/?p=13814"},"modified":"2023-07-10T06:27:15","modified_gmt":"2023-07-10T05:27:15","slug":"fatima-zohra-native-dassilah-dans-le-rif-marocain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/fatima-zohra-native-dassilah-dans-le-rif-marocain\/","title":{"rendered":"Fatima-Zohra, native d&#8217;Assilah dans le Rif marocain"},"content":{"rendered":"<p><strong>P\u00e9tillante, cette Fatima-Zohra que j\u2019ai rencontr\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une invitation chez l\u2019ambassadeur honoraire du Maroc \u00e0 Lausanne, Jean-Marc Maillard, de passage \u00e0 Tanger. Fatima-Zohra est la cuisini\u00e8re qui nous a pr\u00e9par\u00e9 un somptueux couscous aux trois c\u00e9r\u00e9ales. C\u2019est une femme exceptionnelle par sa vivacit\u00e9, son esprit inventif et son humour. Mais lisez plut\u00f4t son t\u00e9moignage:<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/IMG_6633-copie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-13944\" style=\"margin: 5px 0px -10px 0px\" src=\"http:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/IMG_6633-copie-455x682.jpg\" alt=\"Fatima-Zohra, native d'Assilah - Rif marocain\" width=\"220\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/IMG_6633-copie-455x682.jpg 455w, https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/IMG_6633-copie.jpg 683w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/><\/a>\u00abJe suis n\u00e9e dans la m\u00e9dina d\u2019Assilah en 1962 et me suis mari\u00e9e avec Youssef, le chauffeur de la maison. Nous avons eu un fils, qui a maintenant 32 ans. Mon p\u00e8re \u00e9tait un p\u00eacheur professionnel et nous \u00e9tions 9 enfants. La vie \u00e9tait difficile et nous vivions chichement dans une tr\u00e8s petite maison. Je suis au service de mon employeur actuel, Monsieur Jean-Marc Maillard, depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, et avant cela, j\u2019\u00e9tais au service d\u2019une famille fran\u00e7aise aupr\u00e8s de laquelle j\u2019ai appris la cuisine fran\u00e7aise.<br \/>\nMon employeur actuel re\u00e7oit beaucoup: sa famille, ses amis et des personnalit\u00e9s importantes, marocaines et europ\u00e9ennes. On parle plusieurs langues autour de la table et je ne comprends pas tout, mais c\u2019est assez fascinant d\u2019entendre ce m\u00e9lange d\u2019arabe, de fran\u00e7ais, d\u2019anglais, d\u2019espagnol et m\u00eame l\u2019allemand, une langue myst\u00e9rieuse pour moi.<br \/>\nMon fils est propri\u00e9taire de la maison o\u00f9 j\u2019habite, et dans laquelle viennent me voir les membres de ma famille. Il s\u2019est mari\u00e9 en Europe et est p\u00e8re de trois enfants. Je communique avec lui par Skype tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement pour maintenir le contact. Il ne vient, h\u00e9las, que rarement ici et seulement pour les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9. Toute la famille loge alors dans la maison et l\u2019on se serre un peu, mais nous, les Marocains, on a l\u2019habitude. Durant la plus grande partie de ma vie, je n\u2019ai pas eu de logement \u00e0 moi. Je vivais dans une chambre chez ma belle-m\u00e8re, mais depuis trois ans, quand j\u2019ai pu int\u00e9grer la maison actuelle, ma vie est devenue un r\u00eave. Quand tu n\u2019as rien eu avant, tu ne peux imaginer ce que cela repr\u00e9sente. Cette maison est devenue le pivot central de ma vie apr\u00e8s mon travail.<\/p>\n<p>L\u2019hospitalit\u00e9 est essentielle dans une vie. Lorsque l\u2019on vit repli\u00e9 sur soi-m\u00eame, on ne peut pas rencontrer le bonheur qui est dans le partage. Ayant fait partie d\u2019une fratrie de 9 enfants, j\u2019ai appris \u00e0 partager tr\u00e8s t\u00f4t, jusqu\u2019au morceau de pain. Depuis mon enfance, j\u2019ai toujours vu passer des touristes \u00e0 Assilah, mais ils ont bien chang\u00e9 depuis. Au d\u00e9but, c\u2019\u00e9taient des Anglais ou des Belges, mais \u00e9galement des Fran\u00e7ais et parfois des Espagnols. Maintenant nous avons aussi des Am\u00e9ricains et pas mal de Chinois. Le tourisme est une n\u00e9cessit\u00e9, il nous fait vivre, car nous sommes encore trop pauvres pour faire vivre les commer\u00e7ants, dont certains sont aujourd\u2019hui devenus riches en vendant des antiquit\u00e9s et des tapis, qui parfois partent jusqu\u2019en Am\u00e9rique. On ne voit pas beaucoup passer de Suisses. Peut-\u00eatre sont-ils trop discrets. C\u2019est pourtant ce qu\u2019on aime bien: les gens respectueux, qui acceptent nos traditions, qui les comprennent et se comportent correctement. Il y en a malheureusement dont l\u2019habillement nous choque, mais nous ne disons rien, ce qui ne nous emp\u00eache pas de nous moquer gentiment de ces femmes qui se prom\u00e8nent dans la rue en se croyant \u00e0 la plage et deviennent rouges comme des langoustes!<\/p>\n<p>Le meilleur souvenir de mon enfance \u00e9tait la possibilit\u00e9 de me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole et \u00e9tudier. J\u2019avais conscience que c\u2019\u00e9tait le seul moyen de m\u2019\u00e9manciper et un jour de pouvoir gagner ma vie. J\u2019aurais tellement aim\u00e9 faire des \u00e9tudes sup\u00e9rieures! Mais voil\u00e0, je suis une fille et mon p\u00e8re n\u2019avait pas les moyens de me soutenir. J\u2019ai alors beaucoup appris par moi-m\u00eame en lisant et j\u2019en suis tr\u00e8s fi\u00e8re. Il faut apprendre toute sa vie, tu vois, c\u2019est comme \u00e7a. Ceux qui ne le font pas n\u2019ont pas des vies int\u00e9ressantes et se contentent de bavarder et colporter des rumeurs ridicules. J\u2019ai pu ainsi aider mon fils \u00e0 suivre les cours, puis je l\u2019ai encourag\u00e9 \u00e0 partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour sortir de tout cela et tenter sa chance, car ici, il n\u2019y avait aucune possibilit\u00e9. C\u2019\u00e9tait un grand sacrifice pour moi d\u2019\u00eatre s\u00e9par\u00e9e de mon fils unique. J\u2019en souffre. Il travaille en Allemagne apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 en Espagne et en Autriche.<br \/>\nAssilah est une toute petite ville et on se conna\u00eet tous et on s\u2019entraide car il le faut bien. On n\u2019est pas \u00e9go\u00efste. Je crois que c\u2019est cela le bonheur et puis, il faut aussi savoir rire!\u00bb<\/p>\n<p>Texte &amp; photo <strong>G\u00e9rard Blanc<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ok<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[5566,5587,5588,5568],"class_list":["post-13814","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-je-pars-a-la-rencontre","tag-assilah","tag-fatima-zohra","tag-jean-marc-maillard","tag-tanger"],"wps_subtitle":"JE PARS \u00c0 LA RENCONTRE","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13814","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13814"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13814\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13994,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13814\/revisions\/13994"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13814"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13814"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jepars.ch\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13814"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}