Edimbourg – Une ville à pied, de nuit Esprits, y êtes-vous?
Halos bleutés, ombres portées… Edimbourg est une ville qui se pratique surtout à pied. En effet, il s’agit ici de battre le pavé… et d’en écouter l’écho feutré, à l’envi, à l’infini.
Chaque pas résonne et semble conter,en arrière-fond, l’histoire de la Old Town, édifiée sur les contreforts d’un volcan. Résolument médiévale, cette partie de la ville en constitue le noyau, une fortification naturelle, un centre-ville étonnant, enivrant, dont les tréfonds se livrent et se délivrent au détour d’une balade entre chien et loup. Ainsi, dans les soubassements de la City Chambers ont été découverts des passages étroits, les closes, restés enfouis pendant plus de deux siècles.
Rencontre surréaliste au détour d’un couloir: une cheminée regorgeant de poupées, offrandes à un fantôme de petite fille qui errerait encore là, quelque part où l’on se raconte, les soirs de brume, des histoires à avoir la chair de poule… Tremblez, vivants, Edimbourg est hantée par ses propres spectres! Et quand ne sonne pas le glas de la tour gothique piquée à vif dans le flanc du château, on ne peut s’empêcher de frissonner… Au retour à la surface, on porte forcément trace de ce passage, et on traverse la ville en imaginant toutes sortes d’apparitions fantomatiques. Car ici, tout prête à la rêverie inquiétante, à l’étrangeté admise, reconnue, et même requise: l’horloge de la gare elle-même est résolument en avance! Et c’est voulu! Elle avance de quelques minutes, certes, mais ces quelques minutes, font toute la différence. Elles incitent le voyageur à se donner le temps de parcourir, à pied, son monde imaginaire. On murmure même que J.K. Rowling, l’auteur de Harry Potter, aurait accouché de son sorcier dans un café de la ville, The Elephant House, d’où l’on a une vue dégagée sur les jardins en contrebas et le château… Château qui surplombe la ville, tel Poudlard, la fameuse école de sorcellerie.
A Edimbourg, le guide se transforme rapidement en grimoire. Seul l’instinct suffit. Car de visite officielle il n’est point question. Il s’agit de humer l’atmosphère. De s’en imprégner. Jusqu’à l’illusion. L’hallucination. Halos bleutés, ombres portées… Sorry, we are closed…
Texte Céline Latscha
Un portfolio de Thierry Porchet
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Superbe Thierry!
Merci Vincent !