Circulez, y’a plein à voir
Industrialiser le tourisme n’est pas sans risque. La lutte absolue contre d’éventuels abus ou fraudes a aussi ses revers.
Lors d’une visite chez un chocolatier suisse connu, je m’étais joint à un petit groupe d’aînés dont certains étaient nonagénaires. La visite était organisée selon un concept ludique, avec des animations audiovisuelles de salle en salle. Une fois l’animation d’une salle achevée, une porte s’ouvrait pour accéder à la salle suivante, pendant que la porte précédente se refermait. A la fin de l’animation de la seconde salle, mes nonagénaires marchaient à leur rythme. Et alors… patatra, la porte se referma devant quatre d’entre eux et moi-même qui étais derrière et ne voulais pas les bousculer. D’un coup, tout s’éteignit. Je parlais fort pour tenter d’alerter je ne sais quel vidéo surveillance. Je tâtonnais pour trouver un quelconque téléphone en vain. Je sentais les nonagénaires au bord de la panique et je déployais mon sens de la persuasion pour les rassurer. Un quart d’heure après (qui semblait une éternité), la porte du fond s’ouvrit avec un trio d’Espagnols et l’animation se remit en route … en espagnol bien sûr. Je fis revivre mes souvenirs d’école de la langue de Cervantès pour donner un semblant d’explication de l’animation en cours et c’est ainsi que je poursuivis la visite avec mon petit groupe en le pressant de passer d’une pièce à l’autre. J’imagine que d’autres cas doivent se produire, par exemple, avec des handicapés ou des enfants faisant les fous…
Comme quoi, toute animation aussi sophistiquée soit-elle a ses lacunes, mais l’industrialisation du tourisme ne serait-elle pas la sclérose du service ?
Gérard Blanc







Ce genre de problème se passe aussi dans les parcs d’attraction, la différence c’est qu’on y trouve rarement des nonagénaires…