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BRÈVES

Costa croisières : certification contre le Covid-19

L’arbre qui cache la forêt ?

La compagnie italienne vient de déclarer avoir obtenu de RINA, (une compagnie d’essais, d’inspection, de certification et de classification des navires) une certification  de prévention des risques biologique à bord. Des tests seront désormais effectués par écouvillonnage de tous les passagers avant l’embarquement.

On s’en doute, les armateurs des compagnies de croisières affrétant les grandes villes flottantes d’aujourd’hui  n’en mènent pas large. Pendant plusieurs mois, nombreux sont les bateaux qui ont annulé des croisières en raison de la pandémie et qui, on s’en doute, perdent beaucoup d’argent. Il est donc urgent de reprendre les activités et une telle annonce a pour but de rassurer les passagers qui ne le seraient pas encore, pour effectuer leurs réservations.

Le processus de certification, réalisé par le biais d’audits, examine tous les aspects de la vie à bord et à terre, des procédures d’embarquement aux services hôteliers, en passant par la restauration, le fitness, les espaces de détente et les excursions à terre, et évalue la conformité du système avec les procédures du programme visant à prévenir et à contrôler les infections.

Le prochain départ depuis Trieste, sur la base de la situation épidémiologique actuelle et en tenant compte de l’avis des experts, est prévu le 6 septembre 2020 avec le Costa Deliziosa,. Par la suite, ce sera l’’ensemble de la flotte de Costa qui  reprendra ses activités avec l’écouvillonnage de tous les passagers avant l’embarquement. Le test antigénique rapide permettra d’identifier tout cas suspect pouvant être soumis à un test PCR pour un contrôle supplémentaire, déterminant ainsi la possibilité ou non d’embarquer.

Oui mais : Cette annonce de bonne conscience de Costa Croisières aurait-elle pour but de cacher deux autres éléments majeurs que l’ensemble des armateurs de ces villes flottantes avec des capacités de passagers démentielles pourraient faire oublier, à savoir : la pollution astronomique en mer et aux escales et la surpopulation des ports au moment des escales.

Une pollution toujours bien réelle : Les compagnies construisent des navires de plus en plus grands avec de plus en plus de passagers, l’un des plus important sortie de cale sèche étant le Symphony of the Seas, construit à Saint-Nazaire et inauguré en 2018 avec une capacité de 6’300 passagers. Sans compter les 2300 membres d’équipage. Pour naviguer, ces mastodontes utilisent  un pétrole quasiment brut, bon marché et non taxé, grand pollueur de l’air. Selon une estimation de l’OMI (Office maritime International), 10 millions de tonnes d’oxyde de soufre (SOx) ont été émises en 2012 par des bateaux, soit 12 % des émissions liées à l’activité humaine. Et d’après une étude récente de l’ONG Transport & Environment (T & E), les 94 bateaux du seul croisiériste Carnival Cruises  ont émis en 2017 dix fois plus de cette substance acidifiante et toxique pour l’homme que les 260 millions de voitures européennes.

Il faut à cela ajouter l’échappement des oxydes d’azote (NOx), qui apparaissent dans la combustion de combustibles fossiles et qui, en plus de polluer l’atmosphère, participent à l’acidification des eaux douces. Pour ne rien arranger, les gros navires de croisière polluent quasiment en continu, puisque lors des escales, parfois longues, les moteurs ne sont jamais coupés, afin que les nombreux équipements électriques restent alimentés.

En mer : Les villes flottantes génèrent aussi des  rejets en mer, tout d’abord des plastiques, mais aussi des eaux usées chargées en produits détergents dont la vidange -on s’en étonne- est  autorisée passé la limite de 12 milles marins d’une côte.

Une lueur d’espoir : Le port de Marseille accueille environ 500 navires de croisières par an, d’où l’inquiétude de ses habitants qui voient la qualité de leur air se dégrader dangereusement. Premier port de France et second d’Europe, il a été le premier à expérimenter le branchement électrique des ferries, ce qui élimine déjà partiellement  le phénomène de pollution des bateaux à quai. Une étude est en cours pour qu’un procédé identique soit appliqué aux grands bateaux de croisières, mais il faut que le projet aboutisse pour faire face à une campagne citoyenne anti-croisières grandissante à Marseille. Mais pour les bateaux de croisières, accueillant en moyenne 5000 passagers par navire, c’est une autre paire de manches car ces immeubles flottants continuent à assurer, en escale, tous les services à bord et sont donc très énergivores, en plus d’être polluants.

 

Gérard Blanc

Sources : Libération/La Marseillaise/Sciences et avenir

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