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BRÈVES

Swiss Skies ou les risques d’une compagnie lowcost transatlantique

Consternation : On annonce qu’Armin Bovensiepen (un ancien d’Air Berlin et d’Austrian Airlines), un ancien pilote de Ryanair et deux autres associés, dont on ignore encore le nom, ont pris la décision de lancer une compagnie lowcost au départ de l’aéroport de Bâle-Mulhouse. Lowcost, à la rigueur, mais le projet prend une autre dimension quand on apprend que les liaisons prévues seront transatlantiques vers des destinations de la côte est des Etats-Unis non encore desservies par les compagnies classiques et à destination des Caraïbes. L’ambition est de lever un capital de 100 millions de dollars. Le nom évoqué serait Swiss Skies.

On croit rêver. Sur quelles études de marché se sont-ils basés ? Je me garderai bien de ne pas saluer cette initiative courageuse, mais permettez-moi de m’inquiéter.

La plaie est encore vive après la récente faillite de Skywork à l’aéroport de Berne, qui était pourtant considérée comme fiable. Il y a aussi lieu de s’inquiéter en parlant de vols transatlantiques. Les conséquences ont été assez néfastes tant pour les clients que pour les employés. Beaucoup d’autres projets de compagnies Lowcost se sont cassées les dents, comme SWA (Swiss World Airlines) qui n’a assuré que trois vols entre Genève et New York pour faire une retentissante faillite avec une vaste escroquerie à la clé qui a mis tout un personnel au chômage sans salaire. On se souvient encore des autres expériences désastreuses de lowcost transatlantiques de Freddy Laker et sa compagnie Laker Airways-Skytrain et de People Express qui toutes deux ont également fait faillite.

Alors, bien sûr, vous direz qu’il existe aussi d’autres compagnies lowcost qui fonctionnent bien mais elles ne sont pas si nombreuses si vous déduisez celles qui se cantonnent, à juste raison, dans les vols de courte distance ou qui, pour celles qui assurent les longs courriers, partent de grands aéroports comme Paris ou Londres avec un sérieux potentiel de passagers.

Il y a aussi le phénomène de paupérisation et de précarisation du travail qui sont le propre des compagnies aériennes lowcost. L’exemple même de Ryanair peut faire réfléchir, car quand on pratique des tarifs de vol trop bon marché, cela se répercute sur le personnel qui est employé et qui, avec des salaires de misère, doit subir des conditions de travail parfois insupportables.

Alors je dirais, Messieurs les associés de Swiss Skies, mesurez, s’il vous plait, scrupuleusement la faisabilité et les conséquences possibles de votre projet.

 

Gérard Blanc

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